I. — Exposé clinique
Voici un malade âgé de seize ans et demi, mal développé pour son âge, présentant une affection que l'on ne trouve décrite par aucun des auteurs classiques et que je connais pour l’avoir observée plusieurs fois. 11 vient nous trouver uniquement pour des troubles respiratoires. J’ajoute qu’il n'a rien au cœur, ni aux poumons.
Ce jeune malade fait île temps en temps, d’une manière intermittente, à intervalles assez courts et assez réguliers, une inspiration profonde, suspirieuse. Son diaphragme est inerte pendant l'inspiration, la paroi abdominale non refoulée restant immobile au niveau de l'épigastre qui se déprime, alors que pendant l’expiration celte même paroi se voussure en avant, ce qui est le contraire de l'état normal. Il présente un état de parésie diaphragmatique , et sa respiration olfre au plus haut point le type costal. La gène respiratoire qui résulte de cet état spécial l'oblige de temps à autre a faire
INERTIE HYSTÉRIQUE DU DIAPHRAGME
cette inspiration forcée, cette inspiration profonde et suspirieuse intermittente <pii nous a frappés tout d abord.
L'affection <| ne ce sujet présente est en quelque sorte analogue pour le diaphragme à ce qu’on appelle 1 astasie-abasie pour les membres inférieurs. Il ne sait plus respirer, il a désappris de respirer par son diaphragme, et si vous me permettez cette expression un peu hardie, je vous dirai qu il est atteint d’astasie-abasie de la respiration.
Le sujet est d’ailleurs manifestement un hystérique. A gauche, on le pique, on peut traverser de part en part un pli de la peau avec une épingle sans qu'il en éprouve la moindre sensation. 11 présente aussi des phénomènes d’angiospasme, et la piqûre reste absolument exsangue. A droite, il y a plutôt de l’hyperesthésie.
C’est surtout chez de jeunes sujets que l’on rencontre ce type d’inertie diaphragmatique, et dans l'espace de deux ans j’en ai constaté six cas des plus nets. Cette affection ne présente aucune gravité.