‹ Maladies de l'appareilChapitre 37 sur 194 · II. — Diagnostic · texte numérisé non relu

II. — Diagnostic

J’ai dit que celle maladie n'est décrite par aucun auteur classique. On doit en excepter Duehenne (de Boulogne), qui a bien étudié les symptômes de la paralysie du diaphragme due à trois causes : saturnisme, hystérie, inflammation des organes voisins du diaphragme. J’en ajoute une quatrième : la parésie diaphragmatique dans les accès d’asthme intenses et prolongés, parésie que j’ai souvent constatée et qui devient une nouvelle indication de traitement par la faradisation du diaphragme.

Cependant il y a de notables différences entre celte inertie diaphragmatique d’un hystérique qui a désappris de respirer par son diaphragme et la paralysie diaphragmatique hystérique de Duehenne. La description que le célèbre clinicien donne de cette dernière affection me servira de terme de comparaison.

DIAGNOSTIC

Les symptômes de lit paralysie diaphragmatique, dit-il, sont les suivants : « Au moment de 1 inspiration, l’épigastre et les hypocondres se dépriment, tandis qu’au contraire la poitrine se dilate; les mouvements de ces memes parties se font dans un sens opposé pendant l’expiration. » Quoiqu'il établisse, avec juste raison, que cet accident n'est pas aussi grave qu’on l’avait pensé tout d’abord, il nous montre des mouvements respiratoires plus fréquents qu'à l'état normal,

1 existence d une forte dyspnée au moindre effort, l’affaiblissement de la voix, la difficulté de l'expectoration et de I expuition, cl il admet l'efficacité d'un seul traitement : la faradisation localisée du muscle par l’intermédiaire des nerfs phréniques.

Chez notre malade, le diaphragme n’est pas absolument paralysé, et de temps à autre il se contracte presque normalement ; la dyspnée est à peine appréciable, même par les grands efforts, la voix reste forte et normale, l’expectoration facile, les mouvements respiratoires plutôt ralentis qu’accélérés, la respiration suspirieuse. Encore une fois, s'il y a inertie diaphragmatique, elle n’est qu'apparente, le malade ayant désappris de respirer par son diaphragme. Donc, une autre thérapeutique s'impose, comme nous allons le voir, et la faradisation du muscle ne produirait aucun résultat.

11 s’agit encore là d’une hystérie mono-symptomatique caractérisée souvent par sa résistance aux traitements habituels et surtout par l’absence des stigmates de la névrose, de sorte que cette absence ne plaide en aucune façon contre la nature nerveuse des accidents. Telle est l'interprétation qu’il convient de donner à un exemple de « névrose respiratoire singulière » publié par Syllaba (de Prague).

Chez un jeune homme de vingt-quatre ans, chaque expiration détermine un bruit fort et brusque, analogue à celui que « tout le monde peut produire à volonté en poussant l’air expiré brusquement et fortement parle nez ». La respiration se fait anormalement, et l'on constate que le diaphragme

INERTIE HYSTÉRIQUE DU DIAPHRAGME-

présente une contraction lente et saccadée. A la fin de celle-ci, la voûte diaphragmatique est baissée jusqu’à son maximum; puis elle se soulève brusquement pendant une très courte phase expiratrice. Alors, l’air expiré est fortement poussé hors du poumon et passe par les fosses nasales, en produisant un bruit sonore. Le seul moyen pour contraindre le diaphragme à une contraction normale, c'est la lecture à haute voix. Celle contraction inspiratrice du diaphragme n’a pas encore été décrite et a reçu de son auteur le nom de bradjlonie tremblante du diaphragme (1 .

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