IV. — Indications thérapeutiques ; traitement
Cette constatation n'est pas sans importance au point de vue du traitement qui n'est malheureusement que palliatif, une fois que les accidents sont déclarés. Toutefois, il peut être utilement prophylactique , en ce sens que chez un sujet atteint de gibbosité il faut écarter autant que possible toutes les causes capables de diminuer le champ respiratoire déjà si restreint : éviter et soigner les bronchites qui prennent très rapidement un haut caractère de gravité; craindre les variations de température, conseiller un climat tempéré, observer un repos relatif. La grippe, toutes les maladies aiguës de l'appareil pulmonaire sont à redouter, parce qu'elles ont aussi un retentissement rapide sur le cœur droit, et nullement parce qu'elles peuvent se terminer par la tuberculose, comme on l’a cru et dit à tort. Car, fait remarquable, les gibbeux deviennent assez rarement tuberculeux, et cela probablement en raison de la congestion habituelle de leurs poumons, ce qui constitue pour eux un état bactéricide.
Dès que l’asphyxie s’est produite, il faut recourir rapidement à a saignée , le seul moyen capable, par une déplétion
INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES; TRAITEMENT. M3
rapide du système veineux, d’amener un soulagement d’une durée plus ou moins longue. A ce sujet, on comprend difficilement les raisons pour lesquelles Sottas, n’admettant que les saignées locales (ventouses et sangsues), a déclaré (pic « la saignée est dangereuse » chez ces malades. Les bons résultats (pie j’en ai obtenus dans des cas qui paraissaient presque désespérés plaident éloquemment contre cette imprudente affirmation.
Ce qui esl inutile, ce qui même peut être dangereux, c’est l’emploi intempestif de la digitale, qu’on voit prescrire sans raison contre l'état asphyxique des gibbeux. Elle n’est indiquée < pie lorsque se sont déclarés des phénomènes franchement asystoliques, avec œdèmes, hydropisies, congestions viscérales. Les autres médicaments cardiaques (strophantus, convallaria, spartéine) ne sont pas davantage indiqués et ont une action très douteuse.
Le massage général, les massages locaux (abdominal, précordial peuvent activer la circulation veineuse très compromise chez ces malades, et ils ont encore pour résultat de réduire la dilatation du cœur, d’élever la tension artérielle, de tonifier la musculature cardiaque.
Dans les maladies, la thérapeutique hygiénique et médicamenteuse a toujours une indication principale à remplir, un organe à ménager. Chez les gibbeux, je le répète, le cœur souffre en dernier lieu, et c’cst au poumon qu’est le danger. Avec une hygiène bien comprise, on peut les faire vivre, et celte hygiène doit être suivie sans relâche pendant la période de tolérance, qui peut avoir la durée de la vie, comme on le voit chez quelques sujets; car tous ne deviennent pas fatalement des pulmonaires ni des cardiaques consécutifs.
A la période pulmonaire et asphyxique, je le répète, la déplétion du système veineux s’impose par tous les moyens connus, surtout par la saignée locale et générale.
Ce n’est qu’à la période cardiaque , caractérisée par le syndrome asystolique (congestions viscérales, œdème péri- Huchaud. — Consultations médicales, t. 111. 8
POUMON ET CŒUR' DES BOSSUS
phérique), que la digitale elles médicaments cardiotoniques sont indiqués. Mais il ne faut pas oublier que, dans la période asphyxique, les émissions sanguines constituent la médication préventive de l’asystolie. Il faut encore se rappeler (pie beaucoup de gibbeux meurent dans la période pulmonaire et asphyxique, sans atteindre le stade asystolique.
Enfin, dans les cas où la maladie se complique de néphrite interstitielle , comme on en a signalé plusieurs cas et comme on l a vu par mon observation, le traitement devra être dirigé conlre celle dernière complication qui contribue encore à augmenter l'état dyspnéique (régime alimentaire, lait, laitage, alimentation déchlorurée, théobromine, etc.).
LARYNGITE STRIDULEUSE GRAVE ; TRAITEMENT
I. Exposé clinique. — Exemples de morts dans la laryngite striduleuse. Laryngites striduleuses primitives a frigore, à la suite d’une simple angine superficielle, au ili but d'une grippe légère; laryngites sulfoeantes surtout au début de la rougeole avant toute manifestation cutanée, parfois au moment de l’éruption, rarement pendant la convalescence.
II. É tiolouie. — Etat nerveux, adénoïdisme, hypertrophie des amygdales, parfois rachitisme. Cause prédisposante: neuro-arthritisme. — Adénopathie trachéo-bronchique; polypes et corps étrangers du larynx (question surtout de diagnostic).
III. Tu aitement. — Indications thérapeutiques (inflammation et spasme). Moyens insuffisants ou inutiles : vomitifs, compresses d’eau chaude au-devant du larynx, sinapismes, potions a l’éther, antipyrine, enveloppements froids. — a. Traitement médical (bromure à haute dose). — b. Traitement chirurgical (trachéotomie, tubage du larynx).