PSEUDO-MATITÉ SOUS-CLAVICULAIRE ET HYSTÉRIE. I6R
plus fréquents qu'on le pense, et à ce sujel beaucoup d'erreurs ont dû être commises. Le diagnostic est d'autant plus délicat qu’un état spasmodique des muscles thoraciques et surtout des muscles intercostaux peut se manifester au cours et sous l'influence d'une affection pulmonaire, même de la tuberculose.
Il s’agit d'un certain état de rigidité ou de spasme des muscles thoraciques, principalement des muscles intercostaux, qui constituerait, surtout vers les sommets, une manifestation presque constante de la tuberculose pulmonaire. Cette rigidité musculaire serait un symptôme analogue à celui que l’on observe dans certaines affections aiguës des organes abdominaux (péritonite, appendicite, phlegmasies de la vésicule biliaire, perforation de l’ulcère gastrique, etc.), au spasme des muscles lombaires dans la pyélo-néphrite et des muscles péri-articulaires dans les arthrites chroniques. On constate cette rigidité musculaire par une sensation de fermeté et de résistance que l'on éprouve au toucher, comparée à la mollesse des muscles au niveau des parties saines du poumon (1).
Dans ce dernier cas, l’hystérie, qui n'a pas été recherchée, peut jouer un rôle, quoique tout à fait secondaire. Mais, il ne faut jamais oublier qu'elle a tendance à se fixer sur les viscères pour prendre le masque d’un grand nombre d’affections. C’est ainsi que chez une jeune fille que nous avons eue en observation, on a pu croire successivement à une tuberculose pulmonaire, à un ulcère d’estomac, puis à une péritonite tuberculeuse. 11 s’agissait simplement d’hystérie.
On ne saurait trop insister sur cette pseudo-tuberculose due à la pseudo-matité de la paroi thoracique chez les hystériques. Depuis le jour où j’ai appelé pour la première fois l’attention sur ce fait, je l’ai souvent observé, et je vois avec plaisir et sans étonnement que, vingt ans plus tard, en 1903, un médecin étranger a fait de nouveau cette petite trouvaille qu’il s’est généreusement attribuée.
(I) Pottenger, American Journ. of lhe n.eL i cience, 1939»
PSEUDO-TUBERCULOSES.