II. — Matité réelle sans tuberculose
Au sujet de l’œdème aigu du poumon, j'ai parlé des congestions ou des oedèmes localisés aux sommets et capables, en donnant naissance à une matité ou submal ilé correspondante, d'en imposer pour l’existence d une tuberculose. Au cours des cardiopathies artérielles el des néphrites , j'ai mentionné depuis longtemps, à l’un des deux sommets ou aux deux à la fois, ces congestions-œdèmes (pii ont été ensuite signalées par d’autres auteurs (1).
Cette matité de l’un des sommets peut encore être due à un état atélectasique du poumon consécutif à la présence de végétations adénoïdes . comme le prouve l’exemple suivant : Un jeune homme de quinze ans avait été envoyé dans un sanatorium parce qu'on avait constaté les signes classiques d'un catarrhe du sommet droit avec matité el léger souffle bronchique. Or, la réaction à la tuberculine et celle d'F.scherich furent négatives et l'on finit par comprendre que tous les symptômes observés étaient dus à l'atélectasie et à une sorte de collapsus du sommet pulmonaire dù à la présence des végétations adénoïdes (2). C'est ainsi que certains sanatoria donnent asile à 7 p. 100 d’atélectasiques, c’est-à-dire de pseudo-tuberculeux dont on proclame la guérison.
Cette atélectasie pulmonaire peut être, non seulement due à la compression ganglionnaire , mais elle peut être encore d origine névropathique , el dans ce dernier cas encore elle résulte, chez les névropathes, d'une sorte de spasme bronchique prédominant sur la bronche droite. C’est ainsi que l'on a pu suivre pendant quatre cl même six ans des malades présentant cette obscurité inspiratoire du sommet droit, alors que l’épreuve de la tuberculine et de l’ophlalmo-réaction a toujours donné des résultats négatifs (3).
(1) E. Hiiitz, Soc. méd. des hôpitaux, 1908. — Caussade, toc. cil.
(“2) Wolff-Eissner, Soc. de médecine de Berlin , 1909.
(3) Rénon et Soluer, Soc. méd. des hôpitaux, 1901. — Rénon, Dia-