II. — Manifestations générales, prémonitoires
à distance.
Andral disait que « la phtisie a toujours jeté ses racines dans l'économie tout ent ière avant de se traduire par la lésion locale du poumon », et plus tard encore on a redit que ce n’est pas au poumon, mais partout qu’il faut observer le phtisique (1). On ne doit donc pas prendre à la lettre cette affirmation de Granchcr cl Ilutinel : « La tuberculose pulmonaire, en tant que lésion locale, ne peut être révélée que par des signes locaux ». Celte proposition, si vous l'acceptiez dans toute sa rigueur, pourrait vous induire en erreur et vous faire commettre des fautes de diagnostic et de pronostic. Au nom même de la clinique, je crois qu'il faut ainsi la modifier : En tant que lésion locale, la tuberculose du poumon, comme celle de tous les autres organes, doit être recherchée dans toutes scs manifestations
(I)Battle, Thèse de Paris, 1888.
générales, prémonitoires ou a distance. C’est ainsi <|ii elle peut prendre le masque de la chlorose, d’une simple dyspepsie ou même d'une névralgie rebelle.
I. — Il va quelque temps, je voyais une jeune fille pâle, affaiblie, décolorée et sujette à des accès de fièvre. Elle était considérée comme atteinte de chlorose à forme fébrile. Mais elle avait beaucoup maigri, et à l'auscultation du cœur et des vaisseaux on ne trouvait pas de souffle. Je songeai dès lors à la tuberculose. L’ayant interrogée sur ses antécédents, j'appris que ses parents étaient morts phtisiques. Ainsi, deux symptômes : l'amaigrissement rapide et l’absence des souffles chlorotiques, avaient suffi pour me faire soupçonner une tuberculose à son début. Quoique cette règle subisse d'assez nombreuses exceptions, vous savez qu'il faut tenir pour suspecte toute chlorose qui ne s’accompagne pas de souffles à la base du cœur et dans les vaisseaux du cou.
La malade ne toussait pas, et l’examen de la poitrine faisait constater, sous la clavicule du côté gauche, un abaissement dans la tonalité de l’inspiration et une certaine rudesse du bruit respiratoire. Mon diagnostic était fait : c’était une tuberculose pseudo-chlorotique . Environ un mois après, une hémoptysie venait confirmer cette façon de voir.
II. — Il y a plusieurs années encore, je voyais une jeune fille atteinte d’une névralgie intercostale du côté droit. Cette névralgie avait résisté pendant un an à tous les traitements employés en pareil cas, et j’allais commettre une erreur de diagnostic avec tous les médecins qui m'avaient précédé lorsque je fis une enquête sur les antécédents delà malade. Or, sa mère avait succombé à la tuberculose, un de ses jeunes frères à une «congestion cérébrale », unesœurà une bronchopneumonie. M'appuyant sur ces antécédents, je recherchai chez elle les signes d’une tuberculose commençante, et j’en constatai tous les signes du début au sommet droit. De plus, la malade avait maigri, elle toussait parfois, ctj’appris ensuite