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MODES EXTRAPULMONA1RES DE DÉBUT

récidivantes », comme on les appelle, el qui n'onl pas fait leur preuve. Dans ces cas douteux, portez votre attention Milles sommets des poumons, sur l’état général des malades, et vous pourrez ainsi dépister une tuberculose latente ou larvée, qui sc manifeste seulement sous la forme d'une fièvre pseudodothiénentérique. Défiez-vous aussi delà fièvre dite décroissance des jeunes sujets, des fièvres dites autrefois éphémères, des fièvres de sur mena (je ou de fatigue d’après Peter, des états fébriles prolongés d'origine obscure d’après Munger, des « typhoidettes » sans taches rosées et à sérodiagnostic négatif, des embarras gastriques fébriles et répétés, de quelques grippes à caractères insolites, etc. Tout cela est souvent l’expression d'une bacillose commençante (1).

La typho-baeillose ou fièvre bacillaire prétuberculeuse de Landouzy, appelée encore fièvre prégranulique par Cutter, serait due à une infection bacillaire sanguine, avec absence de granulations tuberculeuses dans les poumons, ou encore avec des granulations si petites et si discrètes que la symptomatologie en reste absolument silencieuse. Mais, comme le font remarquer Bard et son élève Pallard, « les typbo-bacilloses sont toujours des poussées de granulie discrète ; il n’y a pas de fièvre prégranulique, il n’y a pas d’infection sanguine par le bacille de Koch sans lésion anatomique ». Ce qui le prouve, c’est que, dans les cas où les sujets ont succombé, on a toujours trouvé à l’autopsie des granulations discrètes dans les poumons ou d’autres organes (2).

Au cours de la tuberculose, la fièvre a une grande importance, et lorsqu'elle s'accompagne de perte des forces cl surtout d'amaigrissement, avec température vespérale ne

(1) Landouzy, Gazelle clés hôpitaux, 1886, et Congrès de. la tuberculose, 1891. — Kiener, Fièvres éphémères (.Soc. me cl. des heip., 1888). — Peter, Semaine médicale, 1890. — Munger, P rager med. Woch., 1900.

(2) Cuffer, Recherches cliniques sur la période d'incubation (fièvre prégranulique) de l’infection tuberculeuse (llevue de médecine, 1891). — Jeannel, De la fièvre infectieuse tuberculeuse aiguë ( Congrès de la tuberculose, 1888). — Billet, Étude sur l’infection tuberculeuse. La tuberculose abortive (Arch. ileméd., 1892). — J. Pallard, De la granulie discrète (étude clinique). Thèse de Genève, 1901.

dépassant pas 38°, "2 ou 38°, 4, elle peut être un élément de diagnostic précoce de la tuberculose, avec un minimum de signes stéthoscopiques. Il est inexact de croire, avec Daremberg, que la marche et quelques exercices physiques sont capables de toujours produire une élévation de la température chez les bacillaires. 11 faut donc se ranger à l’opinion suivante, émise tout dernièrement : « Si l’hyperthermie provoquée par la marche n’est pas spéciale à la tuberculose, il n’est même pas sur que cette hyperthermie soit plus marquée chez les individus tuberculeux que chez les individus sains (1) ».

XIII. — La tuberculose pulmonaire peut encore revêtir à ses débuts la forme méningée.

On a cité des cas de méningite tuberculeuse chez l’adulte qui ressemblent fort peu à la description classique de la maladie chez l’enfant. Chez l’adulte, l'invasion peut être brusque et se révéler par du délire ressemblant à du delirium tremens , ou par un symptôme cérébral isolé, tel que de l’aphasie ou des accès épileptiformes. C'est ainsi que j’ai vu survenir brusquement une monoplégie du membre inférieur gauche chez un jeune homme qui présenta, un mois plus tard, les symptômes d'une méningite tuberculeuse, et qui, deux mois après, succomba à la phtisie aiguë. Chez l’adulte et dans l'age mûr, les méningites peuvent subir un temps d’arrêt ou même guérir en subissant la transformation fibreuse, et c'est ainsi que certains accidents cérébraux, dont l'interprétation est souvent méconnue, peuvent précéder pendant plusieurs années l’évolution normale de la tuberculose pulmonaire.

Vous pourrez encore, pour cette maladie, noter parfois chez l’adulte des débuts cérébraux précoces , et Daremberg, qui les a étudiés, a établi à leur sujet lesconclusions suivantes :

« Lorsque, chez un adulte, on assistera à un changement

(1) Fernand Besançon H S.-I. de Jonc, Valeur de l'instabilité I Dermique comme signe révélateur de la tuberculose ( Bulletin médical , mars 1910).

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de caractère, consistant spécialement en une insouciance générale et une incapacité notable au travail, sans cause connue, il faudra se métier de la possibilité dans l’avenir d'une tuberculose grave, surtout lorsqu’il existera des antécédents héréditaires, et en outre, aussitôt après l’apparition des signes nets de tuberculisation, on pourra prévoir la terminaison fatale de la maladie par des accidents méningo-encéphaliques (1). »

Chez une jeune femme, par exemple, on observe de profondes modifications du caractère : paresse intellectuelle, insouciance absolue aux plaisirs, aux joies de la famille. « Son esprit, très enjoué et très mordant, devient incolore et banal « ; indifférente à tout, elle ne se préoccupe pas d’une diarrhée continuelle qui survient et l’empêche d’aller dans le monde. Quelques mois plus tard, on constate les symptômes d’une tuberculose pulmonaire commençante, et elle finit par succomber à des accidents méningitiques.

Voici un autre malade cité parle même auteur : Professeur brillant et disert, ce malade devint inquiet, morose, taciturne, inapte au travail et fatigué au moindre effort; son élocution paraissait difficile, et ses auditeurs éprouvaient une véritable peine à écouter les mots péniblement arrachés de ses lèvres d’où coulait autrefois un langage simple, élégant et facile. Un an après, on reconnut les signes d’une tuberculose pulmonaire, et il finit par succomber à des accidents cérébraux.

Ces modifications de caractère, comme symptôme prémonitoire et prodromique de la méningite tuberculeuse de l’enfant, sont bien connues, et chez l’adulte elles peuvent précéder l'apparition de la phtisie pulmonaire pendant un temps plus ou moins long. Aussi, je ne saurais trop vous mettre en défiance, lorsque, chez des prédisposés, vous observez des troubles cérébraux caractérisés par de la paresse intellectuelle, une apathie générale, un état fébrile inexpliqué, une véritable horreur du mouvement, une insouciance absolue et une grande aversion pour le travail. Alors, vous avez le devoir de tenir

(1) Daremberg, Arch. de méd., 1883.

Huchard. — Consultations médicales, t. III, 13

votre malade en observation et de l’ausculter souvent pour découvrir de bonne heure les premiers signes d’une tuberculose au début.

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