EXAMEN RADIOGRAPHIQUE DES ESTOMACS MALADES
Fif?. 7. — (l'estomac Barret) .
Dilatation (d'après
i^ Dilatation. — L'étude du remplissage de Tes lomac fournit seule (Leven et Barret) le moyen de s'assurer si un estomac est dilaté ou non. L'estomac dilaté a en effet une cavité réelle, permanente ; le liquide absorbé s'accumule dans le fond de l'organe et il faut une quantité beaucoup plus considérable pour atteindre le niveau qu'atteindrait une très petite quantité dans un estomac normal. On constate, en même temps, par le fait
seul du poids du liquide accumulé
dans le cul-de-sac inférieur, un rétrécissement moyen temporaire qui tend à donner à l'estomac la forme biloculaire. Mais, par le palper sous récran, en refoulant la quantité do liquide du cul-de sac inférieur dans la portion moyenne, on voit le rétrécissement moyen disparaître à la longue. Alors qu'un estomac normal se videra de son lait de bismuth gommé en un temps variant de 3 heures à 5 heures et demie, un estomac dilaté ou disloqué mettra un temps beaucoup plus long à se vider.
Fijf. 8. — Estomac hilooulaire. Orthodiagramme do Barret.
* Nous reviendrons sur cette question, à propos de l'élude de chaque maladie prise en particulier ; mais il nous a semblé utile do grouper ici, d'une façon schématique, tous les renseignements que peut fournir Texamen radiographique en cas de maladies de l'estomac.
2^ Estomac biloculaire. — Lorsque, malgré cette manœuvre, Festomac reste rétréci à sa portion moyenne, on peut dire que Ton se trouve en présence d'un estomac biloculaire vrai, d'un .estomac en sablier.
3^ Ptôse. — On peut en constater deux catégories de cas : dans les premiers, le palper sous Técran nous fait constater qu'on parvient à remonter le bas-fond de Festomac en faisant inspirer profondément le malade ; dans la ptôse vraie, le bas-fond ne remontera que très peu par cette manœuvre, parce que la sangle abdominale est mauvaise et, en général, que Testomac est attire en bas par les autres organes abdominaux également descendus. Ces estomacs ptosés, avec grand basfond, non seulement sont augmentés dans leur hauteur mais ont également leur pylore ptosé, s'accompagnant en général d'un glissement des deux premières parties du duodénum et il n'a pas été très rare de constater des pylores ptosés douloureux qu'on avait pris pour des appendicites par le fait seul qu'ils occupaient le point ,. de Mac-Burney (Leven et Barret).
X^^^S. 4<* La sténose du pylore^ s'op-
^^m posant à l'évacuation de Festomac, se
^m complique vite de stase et de dilala-
^ ^B tion. Selon l'excellente méthode de
^L^^^ Leven et Barret, l'ingestion d'une
^■^^^ \ faible quantité de bismuth lycopodé,
^^^9 / flottant dans Festomac sur le liquide
^, . qui s'y trouve, indiquera vite la pré-
fions vioiouies dans scuce d un liquidc de stasc, SI 1 exa-
uno sténose ncento n^eu cst fait sur uu malade à jeun.
(d'après Lèvon vi rp . i i . . •
\y^yyy^.^\ lant que la musculature gastrique
garde une tonicité suffisante, elle luttera contre l'obstacle pyloriquc. Aussi pouvons-nous observer, dans le cas de sténose non cancéreuse, des contractions énergiques, plus xiolentcs que les nor-
L EXAMEN UADIOGHAPIIIQLE ii)
jnales, péristaltiques et anlipéristalliques, fait qui n'existera plus dans le cancer du pylore où Tinfiltration cancéreuse, entraînant une rigidité des parois, amène très rapidement une immobilité gastrique. .
5** Cancer. — • Dans les cas de cancer de l'estomac, là radioscopie viendra singulièrement en aide à la clinique.
Le simple palper abdominal ne donnera bien souvent rien, alors que le palper sous Técran sera nettement affirmatif. Il faudra d'abord faire avaler au malade lentement le lait bis- Fijc. lo. — Tache claire
muthé, de manière à voir si la "qu^ """ '"''''' ^'^ descente se fait normalement,
et ne se fait pas avec certaines sinuosités indiquant soit une saillie de tumeur intra-stomacale, soit une rigidité de la paroi.
De plus, une tumeur assez volumineuse empiétant, par son volume, sur la cavité stomacale, fera qu'à son niveau le lait bismuthé sera en moindre épaisseur et que sa présence se traduira par une masse claire.
Enfin, le palper stomacal nous permettra d'apprécier la souplesse de la paroi stomacale. Si en un point il y a tumeur ou infiltration cancéreuse, la rigidité de la paroi se traduira, sous l'influence du reflux du liquide, par une immobilité locale et une déformation de l'estomac très caractéristique, que, comme nous l'avons dit plus haut, soulignera encore Tétudc des contractions gastriques se faisant, avant la période de dilatation complète, en tous les points de l'estomac, sauf au niveau où la paroi, pour une cause quelconque, est devenue rigide. A ce point, on constate souvent une encoche immuable à opposer aux encoches de contraction qui, elles, sont temporaires.
/|0 MALADIES DE LESTOMAC ET DE lŒsOPHAGE
6^ Ulcère de ïestomac. — L'examen radioscopique, dans l'ulcère de Testomac, donne des renseignements : par le palper qui permet de Jocaliser la douleur à l'estomac et non au niveau du plexus solaire comme cela a lieu dans les dyspepsies nerveuses. Néanmoins, en raison de la diffusion de la sensibilité abdominale et de la répercussion dans le plexus solaire des irritations j)arties de l'estomac, la superposition exacte du poinl douloureux et de la lésion décelée par la radioscopie sous forme d'une tache de bismuth n'est pas absolument constante. En tous cas, un point douloureux quelconque ne peut indiquer une lésion ulcéreuse, que s'il accompagne l'estomac ou le pylore dans tous ses mouvements, ce qu'on peut constater par la manœuvre de relèvement de Chélaïditi et par l'examen du^nalade en position debout et couchée.
11 n'est pas rare aussi de constater la présence d'un ulcère de l'estomac par le fait d'une tache noire bismuthée parfois entourée d'une zone claire.
7^ Péri-gastrites. — Qu'elles soient causées par un cancer, un ulcère en évolution ou guéri, ce sont surtout les adhérences et les périgastrites que montrera nettement la radioscopie. Tout alors peut se voir : que ce soient modifications dans la forme, la situation ou la direction de l'estomac, depuis la simple fixité de l'estomac en un point qu'on décèle par le palper ou le déplacement du malade, jusqu'à la déformation complète de l'estomac ou sa réduction à un simple moignon. Il peut en être ainsi dans toutes les affections et les tumeurs de l'abdomen, où l'examen radioscopique de l'estomac pourra nous donner de précieux renseignements, pour préciser si la tumeur décelée au palper clinique est dépendante de l'estomac ou non, lui adhère ou le laisse libre.
8'^ Aérophagie. — Lorsqu'on examine l'estomac
l'examen RADIOGRAPIIIQLE /|I
d'un grand aérophage, on s'aperçoit d'abord deTénorme proportion de la poche à air. La voûte diaphragma tique gauche, normalement plus basse que la droite, est souvent tellement surélevée que si on fait mettre le malade de profil, on peut voir une poche à air nettement rétrocardiaque et on comprend aisément alors, lorsqu'on voit une pointe de cœur battre en plein dans cette poche pneumatique, combien la compression cardiaque peut se faire et entraîner tous les symptômes d'angoisse et de syncope si fréquents dans ces cas. Chaque fois que le malade éructe, on peut voirie niveau du liquide (que ce soit salive déglutie, ou bismuth ingéré) baisser dans la portion tubulaire de l'estomac, tandis que la poche à air augmente transversalement et que le dôme diaphragmatique bombe, la limite inférieure du foie apparaît, se détachant sur le clair de la poche à air.
D'autres fois, il s'agit de malades chez qui Taérophagie est moins nette. Ou bien leur déglutition d'air se localise quelque temps dans l'œsophage et est retenue alors par un spasme du cardia. Si on examine à ce moment la région œsophagienne, on peut constater une clarté considérable entre les ombres de la masse aortique et de la masse vertébrale. Puis brusquement le cardia est vaincu, le clair œ»sophagien s'efface en même temps que la poche à air augmente. Chez tous ces malades, Tabdomen présente par places une clarté inusitée car Tair de Tostomac franchit le pylore, venant gonfler tout rintestin.
£TUDE DE L'ÉVACUATION GASTRIQUE SOUS L INFLUENCE DES DIVERSES THÉRAPEUTIQUES