‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 25 sur 103 · MANŒUVRES DU GATHÉTÉRISME DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

MANŒUVRES DU GATHÉTÉRISME DE L'ESTOMAC

1^ Asepsie de la sondé. — Avant d'avoir recours au cathétérisme de l'estomac, il sera bon d'aseptiser la sonde et dans ce but, ce qui est préférable c'est de l'introduire, pendant quelques minutes, dans de l'eau portée à l'ébullition. Ajoutons que, pour les malades qui le pourront, il est toujours préférable de se servir d'un tube personnel, ce qui ne contre- indique d'ailleurs pas la nécessité d'aseptiser la sonde avant de s'en servir.

2° Introduction de la sonde. — Le sujet à cathétériser doit être assis sur une chaise, enveloppé dans un drap qui l'empêche de porter les mains à la sonde, la tête légèrement inclinée en avant. On aura soin de demander au malade, dès que la sonde sera à l'entrée du pharynx, de faire quelques mouvements forcés de déglutition, puis de grands mouvements respiratoires, ce qui évite les efforts de vomissements. Le médecin, à cet effet, se place à droite du sujet, Je bras gauche maintenant la tête ; puis, de la main droite, il introduit la sonde dans la bouche, recommandant au malade la succion et la déglutition, cependant que la main gauche maintenant le tube entre l'index et le médius, J'empêche de ressortir. On arrive ainsi jusqu'à l'isthme du gosier. En même temps qu'on recommande les grands mouve-

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ments respiratoires, on pousse vivement la sonde et on parvient ainsi aisément jusqu'à l'estomac.

Le médecin devra toujours avoir présent à l'esprit qu'il s'agit là d'une exploration désagréable, pour laquelle il réussira d'autant mieux qu'il sera moins brusqiie dans ses mouvements. Il devra d'ailleurs toujours prévenir le malade qu'il peut avoir une sensation d'étouffement au moment où Ton arrive à l'isthme du gosier, et on devra l'engager à l'avance à faire deux ou trois grandes inspirations après quoi il supportera beaucoup mieux le cathétérisme.

RÉSULTATS PRATIQUES OBTENUS PAR LE GATHËTËRISME AU POINT DE VUE DU DIAGNOSTIC

L'introduction de la sonde dans l'estomac peut permettre d'acquérir une série de renseignements :

1^ Les dimensions de F estomac et sa situation qui seront indiquées par la longueur de la sonde que Ton introduit, mais surtout par Vinsufflation de l'estomac faite d'après la technique indiquée p. 24.

2^ Le fonctionnement de la muqueuse gastrique sera apprécié par les différentes méthodes indiquées dans le chapitre suivant et qui, presque toutes, nécessitent le cathétérisme gastrique.

3^ L'état de plénitude ou de vacuité de l'estomac, le matin à jeun. — C'est là un des renseignements qui présentent une importance considérable pour le médecin : si, en effet, on constate l'existence, le matin à jeun, d'une quantité assez considérable de suc gastrique dans l'estomac, on pourra porter le diagnostic de (c gastro-succorrhée ».

LE CATHÉTÉRISME DE L ESTOMAC j3

Si Ton constate, dans les mêmes conditions, des aliments ingérés la veille et qui n'ont pas encore franchi le pylore, on sera en droit de soupçonner la sténose ou tout au moins le spasme du pylore.

Pour arriver simplement à ce diagnostic, voici la meilleure pratique : faire ingérer au malade, au dîner du soir, des pruneaux bouillis bien cuits dont on doit avaler les peaux. Le lendemain, après un repos de dix heures au lit, pratiquer un cathétérisme de l'estomac .

Une fois la sonde introduite, s'il ne s'écoule rien, il ne faut pas 3e hâter d'en conclure que l'estomac est vide : on introduira alors, par le tube, 4 00 à 5oo centimètres cubes d'eau en une ou plusieurs fois.

Si le liquide ressort en totalité, tel qu'il a été introduit, on pourra en conclure que l'estomac était vide, ce qui signifie que la fonction du pylore est normale ; si, au contraire, on ramène, avec l'eau, des peaux de pruneaux, on sera en droit d'incriminer un obstacle pylorique.

Que le médecin ne se hâte pas d'ailleurs d'affirmer, pour cela, qu'il s'agit de sténose du pylore, car de simples nerveux peuvent avoir des spasmes pyloriques provoquant le symptôme que nous venons d'indiquer. Mais néanmoins on sera mis ainsi, très facilement, suri la voip du diagnostic de sténose du pylore et on devra faire appel aux autres méthodes d'exploration qui confirmeront ou infirmeront ce diagnostic. En tout cas, si le cathétérisme de l'estomac, fait avec soin dans les conditions que nous venons de relater, ne permet de retirer aucun débris alimentaire, alors on sera en droit de rejeter le diagnostic de sténose du pylore.

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