DIAGNOSTIC DKS MALADIES DE L OESOPHAGE
néoplasme). ïl peut être encore le résultat d'un réflexe à point de départ éloigné. On le rencontre enfin au cours des grandes maladies nerveuses (tabès, hystérie).
Mais parfois il est isolé, seule manifestation clinique d'un état pathologique, survenu brusquement à la suite d'une cause futile. La dysphagie est brusque dans son apparition^ au cours d'un repas, par exemple, ce qui fait volontiers croire à l'existence d'un corps étranger. Cette dysphagie est incomplète le plus souvent, parfois complète (même aux liquides, surtout froids ou très chauds). Cette dysphagie a pour caractères d'être intermittente, avec paroxysmes et terminaison brusque. Mais parfois sa durée, son intensité, la répétition de paroxysmes de plus en plus tenaces, font penser à une lésion organique. Le cathétérisme indique un rétrécissement souvent changeant, variable : on a la sensation, à la descente et à la rencontre de l'olive, d'un point où celle-ci est plus ou moins serrée suivant les moments. Si on peut éliminer toute idée de lésion inflammatoire de voisinage, c'est surtout à une cause nerveuse qu'il faudra penser.
2^ Rétrécissement organique cicatriciel. — On devra y penser lorsqu'il y aura des antécédents pouvant l'expliquer, tels que la déglutition de liquides caustiques, de corps étrangers, ou le fait d'une maladie pouvant déterminer une ulcération, telle que la syphilis, la tuberculose, l'aclinomycose, l'œsophagite secondaire à une fièvre infectieuse quelconque. En ces cas, c'est toujours la dysphagie qui attire Tattention vers l'œsophage et on peut confirmer ensuite le diagnostic, le cathéter à la main. Le rétrécissement est en général multiple, dans le cas de rétrécissement cicatriciel par liquides caustiques. Il y en a parfois dans toute la hauteur du conduit, devenant de plus en plus serrés vers la partie inférieure de Toesophage. Ces rétrécissements
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sont, selon leur forme, valvulaires ou tubulaîres, de forme tortueuse parfois, mais ils sont invariables. De même la dysphagie est graduelle, progressive et constante, peu douloureuse en général ; et les efforts de déglutition sont vite suivis d'une régurgitation. Le malade maigrit rapidement ; les liquides ne passant bientôt plus, l'inanition commence.
3^ Cancer de l'œsophage. — Lorsque, chez un malade, il n'y aura aucun antécédent ni accidentel ni pathologique, il faudra toujours penser à la possibilité d'un cancer de Toesophage. C'est évidemment une maladie de Tâge mûr et il est possible que Tinfluence de la syphilis se fasse sentir et que le cancer puisse se greffer sur une leucoplasie œsophagienne, comme cela se passe à la bouche et à la langue. S'il est exceptionnel de voir le cancer œsophagien évoluer d'une façon latente, la sténose qu'il détermine est souvent, au début du moins, moins imposante que celle des autres maladies sténosantes. Bien que la dysphagie y soit également progressive, elle est moins constante et régulière que dans les sténoses cicatricielles, car le spasme surajouté y joue un rôle important. Mais elle est douloureuse spontanément, et réveillée par les mouvements de déglutition, souvent à douleurs nocturnes, douleurs h localisation vague sans grand rapport avec le siège de la lésion. Des régurgitations plus ou moins abondantes et précoces sont concomitantes de la dysphagie, accompagnées souvent de débris de tumeurs, de sang et de muqueuse sphacélée. L'haleine est fétide. Enfin, il y a des signes rapides de compression des organes voisins, de la trachée, des bronches, du récurrent gauche, du pneumogastrique et du sympathique.
Le cathétérisme doit être rejeté. Usera beaucoup plus prudent d'avoir recours à l'examen radiologique qui ren-