ULCÈRE CHRONIQUE AVEC HYPERCHLORHYDRIE I
régime de Tulcère chronique sans hémorragie, tel que nous allons le fixer dans le paragraphe suivant.
4*^ Le traitement des hémorragies en ellesmêmes ne devra pas être négligé et pour cela on aura, à sa disposition, une série d'agents thérapeutiques qu'il nous faut étudier successivement.
A) Adrénaline. — On sait Taction vaso-constrictive puissante de Tadrénaline. La seule objection est que cette action est souvent trop énergique et suivie d'une vaso-dilatation brutale étendue et par conséquent dangereuse. Aussi Tadrénaline doit-elle être donnée à doses fractionnées par i/4 de milligramme, répétées 4 fois dans les vingt-quatre heures. On incorpore i milligramme de chlorhydrate d'adrénaline dans une potion de 3o grammes de sirop thébaïque et 60 grammes d'eau de tilleul, par exemple, que Ton fait prendre au malade en 4 fois, à 3 heures d'intervalle. Ainsi la muqueuse est soumise, de façon continue, à l'action du médicament et la vaso-dilatation secondaire se produit plus difficilement.
B) Le chlorure de calcium, dont nous avons indiqué plus haut l'emploi dans les lavements, peut être employé par la voie gastrique, agissant ainsi localement dans l'estomac et facilitant également la coagulation sanguine en général. On le donne quotidiennement à la dose de 4 à 5 grammes en solution dans 60 grammes d'eau de tilleul, additionné de 3o grammes de sirop ihébaïque et de 20 grammes de sirop de belladone.
C) La gélatine est préconisée par Senator, à la dose de 1 5 grammes par jour, mélangée à 1 5o grammes d'eau et à 25 à 5o grammes d'oléosaccharose de citron.
Nous indiquerons ce traitement plus en détail, en étudiant le régime.
D) Le carbonate de bismuth s'emploie à la dose de
ll(> .VIAL%DIES l>E l/ ESTOMAC ET DE L*GBSOPHAGR
20 à 3() grammes dans i5o grammes d'eau, pris le matin à joun, suivant la méthode de Fleixner, comme |)ans(»m(Mil topique. Il est certain qu'on peut constater, par la radioscopie, qu'il reste souvent une certaine ([uanlilé de bisnmth collé sur l'ulcère ; d'autre part, il est un fait sûr, cVst que la douleur est diminuée par ce trailoment.
Tous ces traitements par voie buccale auront plus Ituirs indications dans les hémorragies fractionnées que dans la grande liématémrse.
/;^ (hiKTAiNS sKRiMs, grAcc à Icur action coagulante, ont un elTc^t plus durable. Tels sont le sérum gélatine (ju'on emploie à dose de 5o à 100 centimètres cubes, et le sérum do choNal qui s'emploie sous forme de sérum antidiphtérique ou antitétanique, ou sous forme de sérum frais de cheval . Ce dernier a une action puissante dans les cas d'hémorragies récidivantes avec altération sanguine, mais il produit parfois des désordres (l'anaphylaxie.
F) Lk i»Eiu:nr.oiu ke de fer a été préconisé par Hourget (de Lausanne), mais comme ce procédé nécessite l introduction d'une sonde dans l'estomac il a été combattu par beaucoup de médecins, qui le déclarent dangereux. Pour notre part, il nous semble appelé à rendre des services, dans certains cas, aussi en donnerons-nous la description détaillée, d'après l'enseignement de Bourgel.
On fait |)(''n(Hrcr (l'abord iino soiulo mollo dans l'cstomar, J' 1 façon àlo \i(lcr <l(^ son contenu. Puis on introduit 100 centinu'lrfr cubes d\u\v sobition contenant 10 prammes do pcrchlornre de fiT pour ini litre d'eau. La solution do perchlorure est onsuitc ôacuée et remplacée par une quantité égale qu'on sortira do nouveau. On lave ainsi l'estomac, avec cette mémo solution iiisqHi ce cpie le liipiidc ressorte clair, ce qui arrive, on général aprr (piatre ou cinq lavages. On recommencera tous los jours cell'l médication et 1 on n'hésitera pas à la répéter deux fois dans b
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même joiirnue si cfla est nécessaire, et surtout s'il se produit de nouveaux svmpiôines d'hémorragies.
Quant aux résultats obtenus par cette méthode, ils sont analysés (le la façon suivante par Bourget. Les malades, dit-il, supportent facilemcMit cette opération et ils en retirent un tel bien-être qu'ils réclanuMit souvent eux-mêmes leur lavage : « J'ai eu quelquefois, conclut l'auteur, l'occasion de vous démontrer combien l'action de ce procédé est rapide, surtout dans les cas d'hémorragies aiguës, même les phis abondantes. Je possède un grand nombre d'observations très éloquentes à ce sujet. Il suffit, le plus souvent, d'une simple application de 5 à 600 centimètres cubes de notre solution de percblorure de fer, introduite comme je viens de vous le dire, pour arrêter l'hémorragie la plus grave et souvent d'une manière défînitive. Dans ce cas, nous n'en continuons pas moins ce lavage au percblorure pendant 4 ou 5 jours, mais il est rare que nous constations des 'races de sang après le troisième ou le quatrième lavage. Je vous le répète, j'ai arrêté, par ce procédé, les hémorragies les plus formidables ; j'ai vu des malades anémiés par des hémorragies successives, au point de ne po.uvoir être assis sur leur lit pour l'introduction de la sonde, bénéficier de cette méthode et sortir de l'hôpital après 3 semaines. C'est pour cela que je crois pouvoir, sans vanité d'auteur, vous dire que je n'en connais pas d'autre qui puisse, en si peu de temps, donner de tels résultats. Mais ce qui empêche ce traitement de se propager, c'est le prétendu danger de l'emploi de la sonde. Vous avez pu voir que ce danger n'existe pas et que l'introduction de la sonde n'offre aucune difficulté. »