‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 57 sur 103 · TRAITEMENT MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL

Il faut considérer séparément les cas dans lesquels la rétention alimentaire est nulle ou peu marquée, et ceux dans lesquels il y a une stase très accentuée avec dilatation de Testomac.

1^ Dans les cas de stase alimentaire avec grande dilatation de F estomac y la première indication qui s'impose est le lavage de F estomac^ dont les indications et les contre-indications, au cours des sténoses du pylore, méritent d'être étudiées avec grand soin.

Nous conseillons, en pareil cas, la pratique suivante : lorsqu'on est en présence d'un estomac atone, rempli de liquide, qui descend jusqu'au-dessous de l'ombilic, et que les vomissements ne vident jamais parce qu'ils n'évacuent que le trop-plein, il faut, selon la comparaison de Jean-Charles Roux, « se conduire de la môme façon que chez un prostatique dont la vessie est distendue et qui urine par regorgement » ; il ne faut donc pas vider Testomac d'un seul coup, ce qui pourrait provoquer un état de collapsus quelquefois très grave ; si l'on est en droit de redouter cet accident, il y aura lieu de mettre en œuvre la méthode suivante, qui est préconisée par Mathieu : avant le lavage, on fait une injection sous-cutanée de 400 à 5oo centimètres cubes . de sérum, puis on procède à l'évacuation du contenu ^ gastrique qu'on ne pousse pas trop loin, et on remplace le liquide retiré, par 5oo centimètres cubes de sérum. ^ On recommence le lendemain et les jours suivants, jus- qu'à ce que l'estomac soit débarrassé de ses résidus.

Pendant tout le temps que durent cette série de

^ lavages, il y a nécessité absolue de mettre le malade

au repos absolu nu lit, on lui laissant en permanence

des compresses chaudes sur l'estomac. L'alimentation

I iO MVIADIKS DK i/eSTOMAC KT DE L*CeSOPlI%GE

stomacale sera supprimée et Ton se contentera de lavements alimentaires tels que nous les avons indiqués pour le traitement des gastrorragies. On conçoit, en effet, que des aliments, introduits dans un estomac aussi rempli, ne seraient pas absorbés et ne serviraient qu'à provoquer de nouvelles fermentations.

Dans ces cas, si Ton procède d'une façon méthodique, on arrive à supprimer la stase, mais le plus souvent elle se reforme dès qu'on reprend l'alimentation par Testomac môme très modérée. Il faut alors intervenir clûrurgicalement, sans perdre un instant.

Dans quelques cas, la stase n'a pas tendance à se reproduire abondamment, malgré la reprise de Talinientation. On se comportera alors, au point de vue du traitement médical, comme pour les cas qu'il nous reslfj c\ étudier.

2"^ Formes atténuées de sténose du pylore avecl stase légère. — Deux symptômes sont prépondéranfc dans ces cas : d'une [)art, la douleur pylorique telle qwl nous l'avons décrite; d'autre |)art, la stase. Pour lullffl contre ces doux éléments morbides, le malade sera misaJ repos au lit dans les premiers temps du traitement, pnîjj au fur et à mesure que Ton constatera une amélioratic sensible, on permettra la chaise longue, puis sini[ ment le repos après les repas. On conseillera l'applic lion de compresses chaudes, en permanence, sur le de resloumc. On instituera un régime alimentaire apH prié, cVsl-à-dire répondant aux deux indications su vantes : calmer i'éréthisme stomacal et provoquer bol alimentaire qui passe facilement par le pylore.

.1) Alimentation. — Le régime lacté sera d'al employé dune façon exclusive; puis, peu à peu, essayera les potages, les purées, le régime laclo-o' végétarien et enfin la poudre de viande.

B) Traitement des douleurs. — Les alcalins.

STENOSE PYLORIQLE D ORIGINE ULCEREUSE IJI

particulièrement le bicarbonate de soude, agissent d'une façon très heureuse dans tous les cas où l'on observe le syndrome pylorique, c'est-à-dire les phénomènes de contracture du pylore. Dans tous ces cas, les alcalins n'agissent pas seulement sur le chimisme gastrique, mais encore et surtout sur la motilité, et Ton peut constater que le repas d^cpreuvc, additionné de bicarbonate de soude, passe bien plus rapidement dans Tîntestin que le repas d'épreuve simple.

A ce traitement alcalin, certains auteurs conseillent d'ajouter les pansements au sous nitrate de bismuth, dont l'emploi ne semble pas d'une utilité très grande au cours de la sténose pylorique. On a préconisé également les hautes doses d'huile d'olive qui ont été données surtout en Allemagne, particulièrement par Strauss et Cohneim. Ces auteurs admettent que l'huile agit : d'une part, en inhibant la sécrétion gastrique et en s'opposant ainsi à la sécrétion chlorhydrique ; d'autre part, en facilitant l'évacuation de l'estomac. Nous pensons, pour notre part, qu'il s'agit là d'un traitement d'exception qui ne saurait être continué pendant plus de quelques jours, car l'intolérance et l'irritation gastriqtie surviennent très vite, avec toutes leurs désastreuses conséquences,

C) La stase doit être combattue par les lavages d'estomac, qui présentent de grands avantages s'ils sont pratiqués d'une façon judicieuse, mais qui, employés d'une manière intempestive, pourraient être très nuisibles.

Tout d'abord, ils ne doivent pas être fréquemment répétés, ce qui entraînerait une irritation de l'estomac; or, le malade qui tout au début est réfractairc au lavage de l'estomac, désire très vite les répéter fréquemment, parce qu'il éprouve un grand soulagement, et si on le laissait faire il se viderait l'estomac souvent, et trop peu de temps après ses repas. Il y a là un écueil

l yi MAIADIKS DE L ESTOMAC ET DE L OESOPHAGE

qu'il faul savoir éviter, car les malades augmenteraient ainsi leur tendance à Tinanition, en évacuant par la sonde des lic|uides en voie de digestion dont une partie tout au moins, aurait franchi le pylore, si Ton n avait pas fait le lavage deTestomac.

La pratique du professeur Debove, que nous suivons depuis douze ans, est la suivante : on fait tous les matins une évacuation de Testomac par un lavage avec deu\ litres d'eau bicarbonatée, puis on remplace les liquides que Ton a retiré par un repas introduit à la sonde et qui se compose d'un litre de lait, deux œufs battus et trois cuillerées de poudre de viande. Dans la journée, le malade reste tout d'abord au régime lacté absolu, puis dans les jours qui suivent on relève l'alimentation selon la progression que nous avons indiquée tout àl'boure, mais en continuant toujours le nettoyage de l'estomac et le gavage.

Nous avons vu s'amender des sténoses avec stase, par ce procédé joint au traitement alcalin, et c'est une uiétbode ibérapeulique que nous conseillons d'employer toujours, avant d'en arriver à l'intervention chirur<^^icale, qui n'est indiquée que dans les cas où l'on no peut s'op})oser auv: progrès de la stase.

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