‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 74 sur 103 · THÉRAPEUTIQUE MÉDICALE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE MÉDICALE

Elle comprend rétablissement d'un régime et l'emploi de médications.

i® Régime. — Ce qui est essentiel dans la prescription du régime des cancéreux de l'estomac, c'est d'indiquer des aliments qui ne sont pas susceptibles, par eux-mêmes, d'irriter la tumeur ; par conséquent, il y aura lieu de conseiller l'emploi d'aliments liquides en bouillie ou en purée qui répondent bien à cette première indication.

Il sera utile aussi que les aliments ne séjournent pas trop longtemps dans lestomac et ne soient pas pris en quantité trop considérable, pour ne pas amener une distension deTorgane qui pourrait irriter la tumeur;

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aussi devra-t-on conseiller des repas peu nombreux, mais fréquemment répétés et y aura-t-illieu de prendre de petites précautions hygiéniques pour que Testomac soit vide, au moment où le malade prendra ses repas.

Enfin il faudra tenir compte aussi de ce fait que le malade est anorexique et par conséquent on tâchera de lui prescrire des aliments substantiels, sous un petit volume, ce qui permettra de ne pas lui demander un effort trop grand pour chaque repas.

Voici^ dans ces conditions^ comment nous formulons — en général — le régime des malades qui sont atteints d'un cancer non orijiciel.

7 heures du matin : houilHe au lait (aromatisée avec chocolat, café, caramel, selon le goût du malade] .

10 heures : une tasse de lait ou de képhyr ou un jaune d*œuf délaye dans de l'eau aromatisée (vanille, citron, fleur d'oranger).

Midi : jus de viande ou gelée de viande, viande grillée ou rôtie soigneusement mastiquée, purée de légumes secs, légume vert hien tamisé, marmelade au jus de fruit. Pas de pain. Boissons chaudes (infusion au goût du malade). Pas de >in, pas d'alcool, ni de vinaigre, ni de condiments.

4 heures : une bouillie ou un potage au lait.

7 heures •: potage à la purée de légumes, gelée de viande, un ou deux jaunes d'œufs, pâtes ou légumes verts.

iV. B. — De tels repas ont l'air d'être copieux, mais le malade, très anorexique, mangera peu de chaque plat, aussi est-il nécessaire de lui en présenter un grand nombre et de lui demander de manger un peu de chacun.

Une demi-heure avant chaque repaSy on fera prendre au malade un verre à bordeaux d'eau de Pougues froide.

Aussitôt après chaque repas important, on demandera au malade de s'étendre pendant une heure et on lui conseillera d'appliquer une compresse sur le creux de l'estomac.

Il arrivera que restomac, atteint de cancer, est tellement intolérant qu'aucun aliment ne sera supporté ; nous conseillons, dans ces cas, de laisser le malade au repos y en lui appliquant de la glace sur le creux de

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Testomac et en ne le nourrissant qu'avec des lavements alimentaires et en lui faisant, deux fois par jour, une injection de aSo centimètres cubes de sérum salé ou sucré isotonique.

Si le malade n'est pas encore arrivé à la période terminale, il pourra se faire que, après 4 jours de cette cure de repos, Festomac puisse supporter de nouveau Talimentation qu'on reprendra telle que nous l'avons indiquée. Lorsque le cancéreux présentera des hématémèses ou du melœna on instituera la même cure de repos, qu'on s'ejfforcera néanmoins de ne pas faire durer trop longtemps de peur de trop affaiblir le malade.

2^ Médications. — On a préconisé, contre le cancer de Festomac, une série d'agents thérapeutiques, qui, pour la plupart, ont été très vite délaissés : notre intention n'est pas de tous les signaler ici et nous indiquerons seulement ceux qui, dans notre pratique personnelle, nous ont donné des résultats appréciables. Nous envisagerons ainsi successivement trois ordres de thérapeutiques : les applications locales sur le creux de Festomac ; les médicaments pris par la bouche ; les injections souscutanées.

A) Applications locales. — Nous ne signalerons que pour mémoire les rayons X et le radium, dont les radiations ne sont pas assez pénétrantes et qui n'ont guère, dans le traitement du cancer de l'estomac, qu'une action pyschique, qui, il est vrai, ne sera pas à dédaigner dans certains cas ; on peut avoir cette influence psychothérapique à moins de frais, en faisant badigeonner la paroi gastrique avec des substances colorantes.

Nous prescrivons personnellement l'emplâtre de ciguë belladonée qui — en plus de cette action psychique — immobilise un peu la région malade^ tout en possédant également une action analgésiante.

B) Les médicaments pris par ingestion peuvent se pro-

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poser des buts très différents : stimuler Tappétit ; — activer la digestion ; — . diminuer les douleurs ; — tarir les hémorragies. Nous renvoyons au formulaire où Ton trouvera les médications employées pour remplir ces différentes indications, mais nous tenons à dire qu!il ne faut pas abuser des médications par la bouche, chez les malades atteints de cancer de Testomac, faute de voir des symptômes de gastrite médicamenteuse s'ajouter à ceux de là maladie primitive.

Trois médicaments nous paraissent néanmoins devoir être employés assez largement, au cours du cancer de Testomac : la quinine, le condurango et le chlorate de soude.

a) La quinine sera donnée à la fois en injections sous-cutanées (comme nous le dirons dans le paragraphe suivant) et par la bouche. Pour ce dernier usage nous prescrivons habituellement des cachets de o''',5o de phlorhydratc de quinine que nous faisons prendre à chacun des trois repas, si le malade peut supporter celle dose sans intolérance. Nous dirons, plus loin, les résultats qu'a donnés à Tun de nous, dans le cancer de Testomac, cemodede traitement préconisé par Jaboulay contre le cancer en général.

h) Le condurango sera prescrit sous forme dextrait fluide, à la dose de XX gouttes prises dans un peu d'^au avant chacun des trois principaux repas. Son action est analgésiante, un peu apéritive; nous ne pensons pas qu'on puisse considérer cette médication comme spécifique, mais nous estimons qu'elle rend des services et nous l'employons d'une façon pour ainsi dire systématique.

c) Le chlorate de soude a été préconisé par Brissaud qui l'employait, en solution, à la dose de 6 grammes à 8 grammes par jour. Nous n'avons personnellement obtenu par cette méthode aucun résultat bien encourageant.

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