LES GASTRITES AIGUËS 20I
Les symptômes de la gastrite sont très intenses et succèdent immédiatement à Tingestion du poison.
D'abord apparaissent des douleurs très violentes et une sensation de brûlure tout le long de Toesophage et de Testomac.
Presque aussitôt, surviennent des vomissements très pénibles dans lesquels on constate des mucosités sanglantes et même de la muqueuse desquamée. Mais chaque ingestion de liquide augmente les douleurs et réveille les vomissements.
Le ventre est dur et très sensible.
La respiration est accélérée, le pouls petit, rapide, irrégulier ; le nez est pincé, les traits sont tirés, très pâles, recouverts d'une sueur froide, les extrémités se cyanosent et le malade meurt rapidement dans le coUapsus, à moins qu'on ait pu instituer à temps un traitement spécifique dirigé surtout contre le poison qui a été ingéré.
4*^ Gastrite pblegmoneuse. — C'est un type clinique très rare, mais comme il est très spécial, il faut en connaître Texistence.
La gastrite pblegmoneuse peut survenir à la suite d'infections générales (septicémie puerpérale, fièvre typhoïde, variole, etc.) ; elle peut compliquer des lésions ulcéreuses de l'estomac (ulcère rond ou cancer). Mais le plus souvent la cause reste inconnue.
Deux formes peuvent en être observées.
^) La forme circonscrite, dans laquelle il existe un ou plusieurs abcès siégeant dans la sous-muqueuse. De tels abcès de la paroi gastrique peuvent, parfois, être reconnus : avec les symptômes généraux graves et une fièvre élevée, on observe des douleurs dans la région gastrique et par la palpa tion on sent une tumeur assez circonscrite. Un vomissement de pus peut donner la raison de cet accident et le diagnostic pourra surtout
être affirmé, si la tuméfaction disparait après le vomissement.
Dans certains cas la guérison est possible après le vomissement du pus ; mais on doit toujours redouter des complicalions septicémiques.
. B) La forme diffuse donne lieu à tous les symptômes de la pyémie ; la température oscille entre 3q^ et 4ï^- La rate est grosse, il y a souvent de Talbuminurie et de la diarrhée. La localisation gastrique n'est indiquée que par des douleurs épigas triques et des vomissements. Le diagnostic porté est habituellement celui de péritonite aiguë, à juste titre, d'ailleurs, car la péritonite complique très souvent cette gastrite diffuse dont le pronostic est le plus souvent fatal, et qui habituellement n'est reconnue que sur la table d'autopsie.
i^ Le traitement de ces gastrites sera avant tout ètiologiqne. — Si Ton connaît la cause déterminante de la gastrite, on doit la combattre immédiatement, et cela est vrai surtout dans le cas d'intoxication et d'infection.
2^ Le repos de Vorgane est également indiqué dans tous les cas. Le sujet sera donc mis à la diète absolue et on ne l'alimentera que par des lavements et des injections sous-cutanées.
Sur le creux de l'estomac, on mettra un cataplasme émoUient, très mince afin que son poids ne soit pas, à lui seul, une cause de douleur.
30 Les vomitifs trouveront fréquemment leur indication (dans la gastrite phlegmoneuse, il faudra, bien entendu, s'en abstenir).
On pourra, dans ce but, prescrire :
LES DYSPEPSIES 'lo'i
Ipécacuanha i8*',5o
En 3 paquets que Ton donnera à un quart d'heure d'intervalle les uns des autres.
OU encore :
Emétiquc o8'',o5
Poudre d'ipéca i gramme.
Diviser en 3 paquets. Un paquet toutes les lo minutes dans quelques cuillerées d'eau tiède.
Il sera bon de faire succéder un purgatif salin au vomitif, à 1 2 ou 24 heures de distance.
4<* L'état général lypotymique sera combattu par les injections d'huile camphrée, de 'sulfate de spartéine, de caféine ; des injections sous-cutanées ou même intraveineuses de sérum glucose.