TRAITEMENT DES DYSPEPSIES HYPERSTHÉNIQUE
A rhypersthénie gastrique, caractérisée comme nous venons de le dire, on doit opposer le régime et le traitement sédatif.
i° Régime sédatif. — ^4) L'alimentation exclusivement LACTÉE sera de rigueur, si les accidents sont très aigus.
B) Alimentation lacto-végétarienne : le plus souvent, on pourra se contenter du régime des bouillies, des purées, des pâtes et du lait, qui suffira à calmer même les crises aiguës.
C) Le régime sédatif habituel de l'htpersthénique, tel qu'il a été établi par le professeur Robin, sera le suivant :
Au premier déjeuner du matirif une tasse de thé de Chine extrêmement léger, à peine coloré ; une tranche de pain grillé et beurré ; une compote. On peut remplacer le thé par un potage maigre à la farine d'avoine,- à Toi 30, au riz, ou au blé vert. Chez les individus doués d'un gros ap^^ctit, on ajoutera un œuf à la coque.
Aux deux autres repas, on fera un choix parmi les aliments suivants : bouillon de légumes ou bouillon de pot-au-feu bien dégraissé avec beaucoup de légumes ; pâtes alimentaires ; pommes de terre en robe de chambre avec du beurre frais ; purées de légumes de toutes espèces, préparées à l'eau et additionnées à table de beurre frais ; salades cuites à l'eau ; poissons légers (sole, .merlan, turbot, barbue) au court-bouillon, sans sauce, mais avec une trace de jus de citron ; du poulet, du mouton, du bœuf grillé ou rôti très cuit, sans jus, ni sauce. On usera modérément des œufs (un par jour suffît) . Comme entremets : gâteaux de riz, de semoule, crèmes renversées, soufflés, œufs à.la neige et une compote comme dessert. Peu ou pas de pain (et si l'on en prend, qu'il soit rassis ou grillé) .
Gomme boisson, de l'eau bien pure ou très faiblement minéralisée et non gazeuse.
Le malade mastiquera très soigneusement, mangera lentement et autant que possible ne parlera pas en mangeant.
Après les repas, il boira une tasse d'infusion aromatique très
chaude ; il la prendra par petites gorgées, ce qui facilite l'évacuation de l'estomac.
Aussitôt après le repas, le malade s'étendra pendant une demiheure et gardera un repos absolu ; il se lèvera ensuite et fera lentement une petite promenade à pied.
S° Traitement sédatif, — L'idéal d^un traitement qui est dirigé contre Thypersthénie gastrique doit être de s'opposer à Thyperexcitabilité de la muqueuse gastrique ; si Ton n'y réussit pas, ii faut avoir des procédés pour saturer Tacidité gastrique et pour calmer les douleurs.
C'est dans ce but qu'a été institué le traitement d'A. Robin que nous préconisons.
a) Pour apaiser V excitabilité des glandes gastriques on donnera cinq minutes avant les repas.
X à XII gouttes du mélange suivant :
Teinture de belladone ^
Teinture de jusquiame J ââ 5 grammes.
Teinture de tlicbaïque )
ou encore X à XV gouttes de la préparation suivante, qui est plus active :
Teinture de menispermum coccu- \
lus I
Teinture de belladone > ââ 5 grammes.
Teinture de jusquiame \
Teinture de tliébaïque j
Extrait aqueux d'ergot de seigle . 4 —
b) Après le repas, il y aura lieu de saturer l acidité qui sera encore trop grande, malgré le traitement précédent. On prendra alors un des paquets suivants délayé dans un peu d'eau de Vichy.
Hydrate de magnésie \
Bicarbonate de soude > ââ 8 grammes.
Sucre blanc ;
Mêler très exactement et diviser en 24 paquets.
c) Quandy malgré cette thérapeutique y des douleurs gastriques vives surviennent trois heures après les repas, prendre, dès la première sensation de pesanteur, de tiraillement ou d'aigreur, un des paquets suivants dissous dans un peu d'eau.
Hydrate de magnésie iB'^,6o
Bicarbonate desoude i gramme.
Sucre blanc 2 —
Codéine o8*',oi
Carbonate de cbaux précipité . . ) aa r^T fl^
Sous-nitrate de bismuth . . . . j '
Pour un paquet.
Si le malade n'est pas calmé au bout d'une demi-lieurc, il prendra un autre paquet.
Si la crise résiste, on fera prendre, en même temps que la poudre précédente, VI à VIII gouttes de la solution suivante :
Dionine o8'",20
Eau distillée de laurier-cerise. . . 10 grammes.
ou une cuillerée à soupe de la préparation suivante :
Chlorhydrate de cocaïne. . . . i aa i^r
Liodome S
Ëau de chaux 160 grammes.
Eau chloroformée 4o —
ou encore une cuillerée à café du sirop suivant :
Novocaïne o8'*,o5
Anesthésine oK'',4o
Eau de laurier-cerise 10 grammes.
Sirop simple 5o —
d) Veau oxygénée a été préconisée par Pétri, en 1908, pour les formes d'hyperchlorhydrie rebelles aux autres thérapeutiques. Il a constaté, en faisant précéder un repas d'épreuve d'ingestion d'eau oxygénée, une diminution très accentuée de l'acide chlorhydrique, diminution qui pouvait aller jusqu'à la disparition ; il semble que Teau oxygénée soit, au point de vue chlorhydrique, Tanti-sécréteur le plus accentué. Pétri s'est assuré, par ailleurs, que le médicament était parfaitement toléré ; il ne lui connaît pas de contreindication. Les malades atteints d'ulcérations, supportent parfaitement le contact avec l'eau oxygénée.
Ces bons résultats ont été, depuis lors, confirmés par nombre d'auteurs, qui ont vu ce produit réussir
2l4 MALADIES DE LESTOMAC ET DE lŒsOPHAGE
dans des dyspepsies rebelles, où les autres médications avaient échoué, et dans plusieurs cas les résultats, bien qu'obtenus assez rapidement, en 3 semaines ou i mois, paraissaient durables.
Goodmann donne une à deux cuillerées à café d'eau oxygénée parfaitement pure, à prendre dans un verre d'eau après chacun des trois repas. Fertz Poly fait prendre, le matin à jeun, 3oo centimètres cubes d'une solution à 1/2 p. 100 ; ceci est fait tous les 2 jours, 5 fois de suite; puis on interrompt 5 jours. On examine ensuite le suc gastrique et, si besoin en est, on recommence une nouvelle cure. Sur 4® malades, on n'a eu que rarement besoin de faire prendre l'eau oxygénée plus de. 10 fois.
3^ La décbloruration. — Les physiologistes ont montré que l'acide chlorhydrique du suc gastrique est fonction du chlorure de sodium mis en circulation dans l'organisme.
C'est de cette donnée que sont partis Enriquez et Ambard, pour étudier les eflFets du régime déchloruré sur les symptômes de Thyperchlorhydrie. Les résultats auxquels ils sont arrivés sont des plus nets et Ton peut dire, avec eux, que la thérapeutique de beaucoup la plus certaine en matière d hyperchlorhydrie est la déchloruration.
On prescrira donc un régime déchloruré strict, à tout malade atteint du syndrome hyperchlorhydrique. Mais il faut bien savoir que, pour obtenir un effet certain- sur la sécrétion gastrique, il ne faut pas se contenter de recommander un régime peu salé : il faut prescrire un régime strictement déchloruré et exiger que le malade le poursuive pendant un certain temps (au minimum i5 jours).
Voici, en général, comment nous prescrivons ce régime : nous demandons qu'on ne serve au malade
LES DYSPEPSIES !il5
que des aliments privés de sel ainsi que du pain ou des biscottes sans sel, mais nous lui permettons de peser tous les matins deux grammes de sel qu'il utilisera chaque jour dans les aliments qui lui paraissent particulièrement fades ; nous exigeons trois semaines de ce régime après lesquelles le malade, en général soulagé, ne demande pas qu'on lui donne davantage de sel, d'autant plus qu'il peut se rendre compte qu'il est possible de faire reparaître ses douleurs en faisant des écarts de régime en ce qui concerne l'ingestion de chlorure de sodium.
Ce n'est que peu à peu, par conséquent, qu'on pourra permettre au malade dHngérer un peu plus de chlorures et encore en se tenant prêt à réinstituer le régime strict de déchloruration au moindre retour des symptômes.
4^ Hygiène et agents physiques. — Exercice très modéré ; restriction du travail intellectuel ; repos après les repas ; bains tempérés ; douches tièdes ; enveloppements dans le drap mouillé, constituent les prescriptions hygiéniques favorables à Thypersthénique.
5** Cure hydro-minérale. — Aux hypers théniques conviennent les eaux faiblement minéralisées de Bagnères-de-Bigorre, Alet, Evian, Thonon, Contrexéville ou Vittel ; si les malades sont en même temps des nerveux, on prescrira Luxeuil, Néris, La Malou, Plombières ; pour les constipés hypers théniques, on conseillera Châtel-Guyon ou* Brides. Enfin Vichy pourra donner de bons résultats, à condition que les eaux soient très prudemment mariées.
6^ Le traitement opératoire a été préconisé par certains chirurgiens qui ont pratiqué la gastro-entérostomie chez des malades atteints d'hyperchlorhydrie simple : il s*agit là d'une pratique à rejeter.
•2l(j MALADIES DE L ESTOMAC ET DE L OESOPHAGE
En revanche, si rhyperchlorhydrie est fonction d'un ulcère pylorique, on obtiendra, par gastro-entérostomie, les résultats remarquables que nous avons indiqués en étudiant le traitement de Tulcère.
On doit la réserver pour les cas où la dyspepsie hyperchlorhydrique s'est compliquée d'ulcère de la région pylorique.
6ASTR0-SUCG0RRHËE
ÉLÉMENTS DE DIAGNOSTIC
C'est un syndrome morbide dont le phénomène essentiel consiste en ce fait que la sonde, introduite dans l'estomac, après un jeûne de douze heures au moins, donne issue à des liquides de sécrétion acides et capables de digérer les substances albuminoïdes.
Dans les cas typiques, le syndrome .est facile à reconnaître aux caractères suivants : les malades qui en sont atteints ne souflFrent pas à jeun, ou tout au moins leur douleur n'est pas aiguë, si bien que beaucoup d'entre eux évitent de manger le matin, afin de prolonger cette période de bien-être. Mais trois heures environ après le repas de midi, apparaissent, au niveau de l'estomac, des douleurs qui d'abord sont légères, puis qui augmentent peu à peu et deviennent atroces. Le malade éprouve des brûlures dans la région de l'épigastre, avec pyrosis, éructations et souvent régurgitations abondantes d'un liquide ayant généralement .un goût acide, mais qui parfois peut être fade ou même fétide. Si Ton examine les liquides vomis, on constate qu'ils sont toujours un peu troubles, contenant des parcelles d'aliments, quelquefois même de la bouillie alimentaire ; souvent, ils sont teintés par la bile; quant à leur réac-
tion, elle est beaucoup moins fortement acide que ne semblerait l'indiquer la sensation des malades, et en tout cas on n'y trouve pas d'acide chlorhydrique libre.
Après ces vomissements, le malade est souvent soulagé et l'après-midi se passe assez calme ; mais le repas du soir provoque encore des accidents, si bien qu'après quelques heures de sommeil, le malade est réveillé par des douleurs, qui ne cessent qu'à la suite d'un vomissement.
La constatation du symptôme capital se fera de la façon suivante : on lavera l'estomac du malade le soir à dix heures et on le videra complètement ; si le lendemain, au réveil, l'introduction de la sonde permet de ramener un liquide acide, on sera en droit d'affirmer la gastro-succorrhée.
D'une façon habituelle, les sujets qui sont atteints de cette affection sont touchés dans leur santé générale ; l'appétit reste bon, mais, craignant de souffrir, les malades mangent peu ; les vomissements entraînant une perte d'eau souvent assez notable, il s'établit des symptômes dus à la déshydratation : la peau est sèche, flasque, la diurèse peu abondante, la constipation opiniâtre et la cachexie peut devenir menaçante : d'où la nécessité d'instituer, à temps, une thérapeutique active.
Mais tous CCS symptômes s'établissent très. lentement, de telle sorte qu'on peut dire qu'un des caractères que présentent les phénomènes morbides au cours de la gastro-succorrhée, c'est d'évoluer lentement et avec des périodes de rémission, au moment desquelles l'estomac semble fonctionner d'une façon normale. Mais il suffit d'une fatigue locale provoquée par un écart de régime, d'une fatigue générale, d'une émotion, d'un chagrin, pour faire reparaître les accidents qui, peu à peu, deyiennent permanents et ont tendance à s'accentuer. Do toile sorte que l'on pourrait décrire quatre formes
'2 1 8 MALADIES DE l'eSTOMAG ET DE L OESOPHAGE
cliniques de la gastro-succorrhée qui, par ordre de gravité, sont les suivants :
1° Gastro-succorrhée sans rétention alimentaire, à évolution intermittente ;
1^ Gastro-succorrhée sans rétention alimentaire, à évolution continue ;
3° Gastro-succorrhée s'accompagnant d'un certain degré de rétention alimentaire mais dans laquelle, selon l'expression de Mathieu, l'hypersécrétion déborde la stase ;
4° Gastro-succorrhée dans laquelle il y a une stase alimentaire aussi considérable, et une dilatation d'estomac aussi nette, que dans les sténoses du pylore.
Au point de vue de la nature de la gastro-succorrhée en général, on s'est demandé si elle ne pourrait pas être considérée comme étant toujours une complication de l'ulcère de l'estomac.
Hayem a soutenu que l'hypersécrétion est la conséquence de la stase, et que par conséquent toute gastrosuccorrhée est due à une sténose pylorique ou souspylorique. Cette opinion a été très discutée à l'Académie de médecine, notamment par Debôve et par Robin ; on a incriminé le spasme du pylore qui pourrait produire l'hypersécrétion continue, tout aussi bien que peut le faire la sténose ; et de fait, à côté des opérations rapportées par Hayem et dans lesquelles on avait constaté un obstacle anatomique, Doyen en cita d'autres où il n'y avait que du spasme.
Mais ce spasme lui-même, par quoi est-il produit ? Sans doute, dans certains cas, il peut être d'origine névropathique, mais le plus souvent il est provoqué par un ulcère de la région pylorique, comme le prouvent surabondamment les opérations nombreuses rapportées par Hartmann et Soupault. Aussi semble-t-il bien probable que beaucoup de cas de gastro-succorrhée sont dus, ainsi que le soutenait Debove, à une sécrétion exa-
gérée au niveau d'un ulcère, de même qu'une ulcération de la cornée peut entraîner une abondance considérable de larmes, et notre opinion personnelle est que le syndrome gastro-succorrhée peut reconnaître trois causes principales : la névropathie avec spasme du pylore ; Tulccre du pylore sans sténose ; la sténose du pylore, surtout celle qui est due à un ulcère.
On ne peut donc pas affirmer, en présence d'un malade atteint de gastro-succorrhée, qu'il a sûrement un ulcère, et encore moins qu'il a une sténose du pylore.
Néanmoins, quand on constate la quatrième forme, cest-à'dire celle qui s'accompagne de stase alimentaire très nette avec grande dilatation de t estomac^ il n'y a pas de doute, le malade est atteint de sténose pylorique. Mais cette sténose n'est pas forcément d'origine ulcéreuse : elle peut être due à la lithiase biliaire, elle peut même être provoquée par un cancer du pylore. Nous avons vu récemment, avec le professeur Gilbert, un malade atteint de gastro-succorrhée typique, dont la dilatation de l'estomac et la stase alimentaire étaient très marquées. Toutes les probabilités étaient en faveur d'un ulcère ; or, il s'agissait d'un néoplasme qui était peut-être d'ailleurs greffe sur la cicatrice d'un ulcus.
Il faudra donc, même dans cette quatrième forme de gastro-succorrhée qui est la plus typique, se garder d'affirmei: l' ulcus avant d'avoir éliminé la possibilité d'une lithiase et surtout d'un cancer, le pronostic, dans ce dernier cas, étant tout à fait différent, car si l'intervention chirurgicale donne des résultats merveilleux en cas d'ulcère sténosant, il est loin d'en être de même quand la sténose est due à un cancer.
La troisième forme de gastro-succorrhée est due en général à un ulcère du pylore produisant du spasme ou de la sténose légère ; sur ce point, il ne saurait y avoir discussion, et généralement l'indication thérapeutique se précise rapidement, car le traitement médical modifie
'l'IO MALADIES DE L ESTOMAC ET DE L ŒSOPHAGE
très peu les symptômes, tandis que rintervention chirurgicale est suivie d'amélioration notable et persistante.
Les deux premières formes sont fréquemment dues à la névropathie sans ulcère ; nous en avons observé personnellement des cas, et nous avons soigné un malade qui, ayant subi une gastro-entérostomie pour une gastro-succorrhée sans lésion, n'obtint aucune amélioration, mais dont les symptômes s'aggravèrent. Il est donc très important de faire un diagnostic précis, puisque la thérapeutique indiquée dans un cas peut être contre-indiquée formellement dans Tautre hypothèse. Or, les éléments d'appréciation sont très difficiles, pour la raison que les malades atteints d'ulcère sont fréquemment des névropathes et qu'ils peuvent être soulagés quand on les met au repos physique et moral. On manque donc souvent de base précise d'appréciation et l'on est obligé de porter le diagnostic de gastrosuccorrhée, sans en préciser sa nature. Il .est rare, néanmoins, qu'en surveillant les malades, en les suivant bien attentivement, on n'arrive pas à un diagnostic^ ou tout au moins à une présomption, basée surtout sur révolution toujours plus grave, quoique très lente, de la gastro-succorrhée par ulcère. Ce qu'il y a d'important, c'est de ne pas se hâter à opérer une gastro-succorrhée intermittente ou simple, qui peut n'être qu'une gastropathie nerveuse ; mais aussi il ne faut pas affirmer, sans avoir examiné attentivement le malade et l'avoir suivi pendant longtemps, qu'il s'agit d'une gastro-succorrhée nerveuse, sous prétexte qu'on a affaire à un névropathe, car alors on pourrait voir survenir brutalement une perforation ou une hémorragie foudroyante, qui ferait regretter amèrement de ne pas avoir mieux étudié les symptômes du malade et de ne pas avoir établi à temps une thérapeutique rationnelle.
TRAITEMENT
ï'^ Pendant la crise. — Pour calmer les souffrances du malade, il faut les mettre au repos et appliquer des cataplasmes émollients sur le creux de son estomac. On fera prendre alors Tune des préparations suivantes :
Chlorhydrate de morpliino .... a à 5 milligrammes. Bicarbonate de soude i gramme.
Pour un paquet qu'on fait dissoudre dans un peu deau.
Dionine oS'',io
Eau distillée de laiiri(;r cerise. . . o8'", lo
Donner do X à XX. jçoultes dans un peu d'eau.
Sulfate d'atropine o8'',oi
Eau distillée 3oo grammes.
Par cuillerée à bouche.
Hydrate de cbloral a grammes.
Eau distillée lo - —
VI à XII gouttes dans un verre à madère d'eau.
Sidfate neutre d'atropine o8'',ooi5
Pour une ampoule stérilisée de i centimètre cube, faire une injection sous-cutanée au creux de l'estomac.
2^ En période de crises. — Si l'on est parvenu à calmer une des crises qui surviennent après le repas, on peut presque affirmer que néanmoins la crise reparaîtra après le repas suivant.
Pour éviter ce retour offensif, il y aura lieu de mettre Testomac au repos comme dans le cas d'ulcère saignant :
Diète absolue ;
Lavements alimentaires ;
Injection de sérum sucré.
On continuera ce traitement pendant 4 ou 6 jours et même plus si c'est nécessaire, et on le recommencera si les crises ont tendance à reparaître quand on reviendra à Talimentation.
3^ Le régimey l'hygiène et le traitement seront, dans leurs grandes lignes, calquées sur ce que nous avons dit pour Thyperchlorhydrie simple.
4<» Pour lutter contre l' hypersécrétion permanente^ on ai préconisé :
i4) Le lavage d'estomac, quidevraêtre conseiUé quand il existe des résidus gastriques entretenant la sécrétion continue.
On en fera alors deux : Tun vers 6 heures du soir pour permettre au dîner d'être fait dans de bonnes conditions, l'autre à lo heures ou ii heures du soir pour empêcher l'hypersécrétion nocturne. On pourra utilement laver l'estomac avec :
Solution de nitrate d'argent à i ou 2 p. i.ooo.
OU encore avec :
Solution de sulfate de zinc à o8'*,20 p. i.ooo.
B) Le sulfate neutre d'atropine pourra être prescrit sous ses différentes formes :
Atropine o8'',oi
Glycérine à 28° 7 centimètres cubes.
Eau distillée 3 — —
Alcool à 90^. . . . Q. S. pour 20 — —
Donner d'abord XXV gouttes par jour et, si la préparation est bien tolérée, monter à XXX, XXXV et même XL gouttes.
OU encore :
Sulfate neutre d'atropine ô6^,ooo5
Excipient Q. S. pour une pilule.
Donner une ou même deux pilules par jour en surveillant l'apparition des phénomènes d'intolérance.
C) Les agents physiques auront tendance à agir, peut-être plus encore que les médicaments ; aussi ces malades devront toujours être soumis à l'hydrothérapie générale tiède ou chaude, de même qu'on devra tenir,
^ permanence, des compresses tièdes sur le creux de
LES DYSPEPSIES 'l'ïà
leur estomac. L'électrisalion peut, de même, dans ces cas, ainsi que dans les sténoses incomplètes et surtout quand il s'agit de spasmes, donner de bons résultats, comme Tout indiqué Delherm et Laquerrière. Dans ce but, ils utilisent de larges électrodes qu'ils appliquent. Tune sur Tes tomac, l'autre sur le dos, et ils font passer, pendant une demi-heure et même une heure, des intensités de courant qui n'ont jamais été inférieures à i oo et qu'ils ont portées parfois à 200 et même aSo milliampères. Au point de vue pratique, ils ont presque toujours constaté une diminution des souffrances et même des signes de sténose, dans les cas où il y avait du spasme surajouté.
D) L'intervention chirurgicale, sous forme degastroentérostomie, deviendra nécessaire si l'on est arrivé à la certitude que la gastro-succorrhée est due à un ulcère du pylore.
DYSPEPSIE HTPOSTHËNIQUE HTPOGHLORHTDRIE. INSUFFISANCE GASTRIQUE
' ÉLÉMENTS DU DIAGNOSTIC
1^ Les symptômes subjectifs qui accompagnent S rhyposthénie gastrique sont quelquefois nuls, lorsque la motricité stomacale n'est pas trop entravée et tant que les sucs digestifs suffisent à assurer le processus de la digestion.
Mais, en général, Thyposthénique présente une série de symptômes fonctionnels et généraux que nous pouvons schématiser de la façon suivante :
-*ft
!.« A) Douleurs gastriques et phénomènes qui les 1.1^ ACCOMPAGNENT. — Lcs malades commencent à souffrir à liirapidement après les repas (et non pas deux heures
!2'2/i MALADIES DE L ESTOMAC ET DE L OESOPHAGE
après, comme les hyperchlorhydriques) ; ces douleurs siègent plus particulièrement dans la région du pylore et du duodénum ; elles ont le caractère de pesanteur et non pas de brûlures (comme cela se produit dans Thy perchlorhydrie) : ils souffrent surtout de ce que leur estomac est gonflé et ils sont obligés de dégrafer leur pantalon ou leur corset; en même temps qu ils éprouvent ces phénomènes gastriques, ils ont une sensation très désagréable de chaleur au visage, accompagnée de congestion de la face ; ils se plaignent aussi, fréquemment, de battements de cœur, de dyspnée, d'angoisse survenant après ringestion des repas.
B) Vomissements. — Ils peuvent être spontanés ou provoqués; les malades, s'étant aperçus que l'expulsion des aliments les soulage beaucoup, se font parfois vomir volontairement : les vomissements sont composés d'aliments non digérés, d'un goût fade et non acides.
C) Retentissement sur les fonctions intestinales. — On peut considérer, à ce point de vue, trois ordres de renseignements : la durée de la traversée digestive ; la digestion des aliments ; la protection contre les toxiinfections d'ordre gastro-intestinal.
a) La durée totale de la traversée digestive n'est ni augmentée ni diminuée : elle reste sensiblement normale dans tous les cas (de i6 à 24 heures).
b) V utilisation des diverses aliments n'est pas troublée, sauf en ce qui concerne les fibres conjonctives qui ne sont digérées que par le suc gastrique, alors que les sucs pancréatiques et intestinaux n'ont aucune action sur elles. On conçoit donc que, chez les anachlorhydriques, on trouve dans les fèces des fibres conjonctives intactes : c'est sur la connaissance de ces faits qu'est basée la desmoïdo-réaction dont on comprend la valeur dans les cas de ce genre.
c"* Le pouvoir protecteur contre les iatoxications
LES DYSPEPSIES l'I'J
gastro- intestinales paraît survenir chez les anachlorhydriques, ainsi que l'ont établi Carvalho et Pachon, dans des expériences très intéressantes. Ils ont constaté que des chiens agastres, nourris avec delà viande pourrie, ne tardaient pas à succomber, alors que des chiens ayant un estomac normal supportent très bien une semblable nourriture.
2^ L'examen physique de Vestomac ne fait percevoir au début, aucune modification appréciable ou tout au moins constante.
3° La radioscopie montre que, pendant la plus grande partie de révolution du syndrome, Testomac a son volume habituel et qu'il évacue son contenu dans les limites normales. Même on a pu remarquer souvent que l'évacuation gastrique des hyperchlorhydriques est plus rapide que chez les sujets sains et l'on a attribué les douleurs de ces sujets d'une part à la distension trop brusque du duodénum, d'autre part à la vacuité trop rapide de l'estomac.
Dans une deuxième phase* de l'évolution, il est vrai, il se produit des fermentations anormales : alors l'estomac se distend et il peut y avoir un retard plus ou moins considérable dans l'évacuation, mais ce sont là des symptômes que nous envisagerons avec la dilatation d'estomac ; ici nous ne considérons que la forme non compliquée des dyspepsies hyposthéniques.
4<* Examen du suc gastrique, — Après repas d'épreuve, on constate : que la quantité du chyme est moindre qu'à Tétat normal ; que l'acide chlorhydrique libre fait défaut (la réaction de Gunzburg est nulle) ; que l'acide chlorhydrique combiné est diminué ou fait défaut; et que l'acidité totale est faible et peut se rapprocher de zéro.
Pour apprécier cet état du chimîsme gastrique, il
sera nécessaire de ne pas attendre deux heures après le repas d'épreuve pour tuber le malade, car alors on constaterait que l'estomac est presque complèteraerit évacué : c'est là encore une des caractéristiques des dyspepsies hyperchlorhydriques. Hayem, qui a bien étudié ce fait, en a donné une formule qu'il faut retenir : l'évacuation gastrique est d'autant plus rapide que la sécrétion chlorhydrique de Testomac est moins abondante.
50 Évolution, — , L'hyperchlorhydrie peut rester latente et il est arrivé assez fréquemment que Texamen du chimisme gastrique, pratiqué chez des malades qui ne présentaient aucun trouble stomacal,* dénote une forte diminution de Tacide chlorhydrique.
L'hyperchlorhydrie à elle seule n'est donc pas suffisante pour constituer la dyspepsie hyposthénique, dont l'existence ne peut être affirmée que si Ton trouve groupés l'ensemble des symptômes que nous venons de décrire.
L'évolution de cette dyspepsie sera différente, selon qu'elle aura apparu au cours d'une maladie aiguë ou qu'elle accompagnera une affection essentiellement chronique.
.4) Les dyspepsies hyposthéniques qui accompagnent LES maladies aiguës guérisseut, le plus souvent, avec la maladie elle-même. Elles peuvent même évoluer vers la dyspepsie hypersthénique (c'est le cas, par exemple, de rhypochlorhydrie des néphrites aiguës qui se mue en hyperchlorhydrie si par la suite s'installe la rétention chlorurée) .
D'ailleurs, au cours des néphrites chroniques, un travail inverse peut se produire : nous avons vu des malades qui, après une crise d'hyperchlorhydrie, présentaient de Tanachlorhydrie et avaient une forme d'asthénie gastrique simulant le cancer.
B) Les h ypochlorh ydries chroniques , d'origine congénitale ou liées à des maladies chroniques, peuvent être considérées comme incurables, mais, fort heureusement, elles n'entraînent pas, par elles-mêmes, de conséquence graves tant qu'elles restent au stade d'hyposthénie simple. Mais à la dyspepsie hyposthénique peuvent s'ajouter des fermentations anormales avec toutes leurs conséquences et alors le tableau clinique devient plus impressionnant : c'est celui de la dilatation d'estomac.