‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 85 sur 103 · THÉRAPEUTIQUE DES DYSPEPSIES HYPOSTHÉNIQUES · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE DES DYSPEPSIES HYPOSTHÉNIQUES

Alors que le traitement des dyspepsies hypersthéniques devait, avant tout, être sédatif, ici l'indication qui domine, c'est de stimuler les fonctions de l'estomac.

ï^ Dans le régime stimulant, on restreindra, au minimum, l'usage du lait qui est l'aliment sédatif par excellence. En revanche, on prescrira le bouillon de potau-feu (à condition qu'il soit frais) parce que c'est un excitant de la sécrétion gastrique ; on conseillera au malade de prendre, à chaque repas, des viandes grillées, rôties ou bouillies, bien mastiquées par le malade ou par un masticateur; si la viande cuite est difficilement acceptée, par suite de l'anorexie, on dira au malade de prendre de la viande pulpée de mouton ou de cheval sous forme de boulettes.

A cette alimentation carnée, on ajoutera des œufs, des poissons frais, des pâtes alimentaires, des purées de légumes secs, ou de racines, des légumes verts bien hachés, des entremets aux œufs et à la crème, des compotes.

On autorisera l'emploi du vin rouge non acide que l'on conseillera de couper avec une eau minérale stimulante (Fougues, Saint-Nectaire, Vais). On permettra aussi certains condiments qui sont excitants par eux-^

'À'iS MALADIES DE L ESTOMAC ET DE LGESOPHAGE

mêmes (jus de citron, poivre en petite quantité, clous de girofle, un peu de moutarde, jus de viande) ; la nourriture devra enfin être salée puisque nous avons vu que le chlorure de sodium excite la production du suc gastrique ; on défendra tous les aliments qui ne sont pas frais parce qu'ils seraient susceptibles de provoquer des fermentations.

On supprimera ou on restreindra au minimum le pain qui agirait dans le même sens.

Le nombre et Tabondance des repas devra être réglé avec soin : on conseillera au malade de faire des repas peu abondants pour que Testomac, qui est asthénique, ne soit pas forcé par la quantité d'alinients ou de boissons; en revanche, puisque l'estomac se vide très rapidement, on augmentera le nombre des repas que Ton portera à quatre ou cinq par jour (et même plus si c*est nécessaire) par 24 heures.

2^ Hygiène et méthodes physiques. — En dehors de la réglementation des repas, telle que nous venons de la schématiser, on prescrira aux malades, quand ce sera possible, le séjour à la campagne ou mieux encore une cure d'altitude. De toutes façons, on conseillera de faire des frictions au gant de crin et des exercices physiques réguliers sans fatigue.

L'hydrothérapie méthodique, jointe au massage ou à Télectrisation, sont des pratiques susceptibles de constituer de bons adjuvants à la thérapeutique générale de ces dyspepsies.

3^ Médications et cures hydro-minérales. — A) La médication stimulante, telle qu'elle est pratiquée parle professeur Robin, comprendles éléments suivants :

Au réveil^ on donnera un demi-verre de macération de I à 2 grammes de copeaux de quassia amara.

Deux minutes avant les deux .principaux repas^ une cuillerée à café d'clixir de Gendrin additionné de

LES DYSPEPSIES 'l'I^

X gouttes de teinture de noix vomique et délayée dans un peu d'eau.

On peut encore remplacer cette préparation par une des deux suivantes :

Teinture de noix vomique . ... lo grammes.

— d'ipéca 2 —

— de badiane 3 —

M. S. A. Donner XV gouttes dans un peu d'eau, avant les deux repas.

Ou encore :

Sulfate de strychnine o5'',o3

Eau distillée 3oo grammes.

Une grande cuillerée à bouche, lo minutes avant les repas.

Au milieu du repas ^ un des cachets suivants :

Gblorure d'ammonium o6'',20

Pour un cachet.

Après les rep(is, on donnera, pour combattre les sensations pénibles éprouvées par le malade, soit les poudres de saturation formulées plus haut, soit X gouttes de la préparation à la teinture de noix vomique dont nous venons de parler.

Aussitôt après le dîner ^ si les malades sont constipés, on leur conseillera de prendre une infusion de six à huit follicules de séné lavé à Talcool.

B) Les médications substitutives, à base d'acide chlorhydrique ou de ferments, ne devront être employées que d'une façon temporaire, et en utilisant en même temps la médication stimulante qui est le traitement de choix. En ayant recours exclusivement à la thérapeutique substitutive, comme le dit Albert Robin, on pallie le mal, mais on ne le guérit pas, puisqu'on supplée plus ou moins à l'inertie de la fonction, sans exciter l'estomac au travail.

'l'io MAL\DIKS DK LESTOMAC KT DE l/oESOPIIAGE

C) Cures hydro-minérales. — Les eaux stimulantes sont avant tout celles de Fougues, de Vichy, de Saint- Nectaire, de Royat, de Santenay et de Maizières. Si les malades sont en même temps des constipés, la cure de Châ tel-Guy on sera indiquée, car ses eaux réveillent les fonctions de la musculature gastrique et intestinale.

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