INJECTIONS VAGINALES ET UTÉRINES
lange et en contact immédiat avec les surfaces sur lesquelles il doit agir.
Ces injections, lors même quelles sont composées avec des liquides insignifîans ou même caïmans , provoquent parfois des douleurs violentes, et déterminent les accidens d’une mé- Elite aigue. Je les ai expérimentées quatre fois ; chez deux dames , c’était pour débarrasser la cavité et le col delà matrice d’une matière visqueuse épaisse qui les engouait, et à la pré* sence de laquelle on pouvait attribuer la stérilité, et chez les deux autres pour un cas d’écoulement qui me paraissait produit par une ulcération interne. Les malades Réprouvèrent qu’une sensation supportable tant que je poussai l’injection d’eau très-doucement 5 mais en forçant davantage, de manière à la faire pénétrer dans la cavité utérine, elles se plaignirent de douleurs violentes dans le bas-ventre et les reins 3 elles furent si vives chez Tune d’elles, quelle se retira brusquement en arrière , en criant que je lui avais déchiré les entrailles. Je dus recourir aux caïmans et aux antiphlogistiques pour tempérer ces douleurs et leurs conséquences , dont la durée fut de quatre heures à six jours. Depuis j’ai hésité à recourir à ce moyen , si ce n’est dans les cas où la cavité utérine se trouve agrandie par un ulcère cancéreux.
B. Injections vaginales , irrigations. — Les injections vaginales suffisent le plus ordinairement , soit cpae la maladie soit bornée au col , soit tpie Sa dilatation de celui-ci , par suite d'encorsemens ou d’ulcérations, leur ouvre des communications avec les parties plus profondes de la matrice. On les pratique avec une demi-seringue ordinaire, armée d’une canule recourbée et terminée en pointe tronquée à une ouverture, ou en olive percée de plusieurs trous. Je fais pratiquer et multiplier ceux-ci au sommet de l’olive , de manière que le liquide arrive en arrosoir contre le col malade. Le clysoir, le clysopompe , ou la pompe à jet continu sont de beaucoup préférables 3 avec ces instrumens, l’on prolonge indéfiniment l’opération et le. contact , l’on gradue à volonté la force d’impulsion donnée au liquide, on ne fait que la simple aspersion, ou une irrigation , ou on produit le choc de la douche,
DOUCHES, CATAPLASMES VAGINAUX.
Les injections peuvent se prendre soit couché, on reçoit alors le liquide dans un bassin plat, placé sous le siège de la malade; soit assis sur un vase de nuit ou un bidet, soit enfin dans un bain de fauteuil ou un bain entier.
II. Douches ascendantes ou horizontales . — - La position de la malade varie comme pour les injections. Les instrumens à piston qui servent à celle-ci peuvent aussi faire douche. Le pharmacien Petit, inventeur des clyso-pompes , a aussi imaginé une pompe à jet continu d’autant plus commode, que par elle on peut imprimer au liquide une force d’impulsion variée depuis le degré le plus faible jusqu’au plus fort. Si on désire une grande force de projection, on fait parvenir le liquide d’un réservoir élevé, d’un baquet, par exemple, que l’on fixe près du plancher de l’appartement , et d’où part un tuyau flexible dont l’extrémité est garnie d’un robinet, et terminée par une canule à une ouverture ou en arrosoir.
III. Cataplasmes vaginaux . — Les avantages incontestables cpii résultent du contact prolongé des médicamens avec la partie malade ont rappelé à notre confrère M. Guillou l’heureuse idée de donner comme véhicule à la matière des injections une consistance qui lui permette d’ètre conservée dans le vagin pendant plusieurs heures. Au beurre fondu, aux pulpes de potiron, de carottes , substances autrefois conseillées et employées pour cet usage, il a substitué des cataplasmes d’une demi-consistance , afin cpi’ils puissent être injectés. On épaissit donc les solutions, les infusions et les décoctions médicamenteuses par l’addition de fécule de pomme de terre, d’amidon, de farine d'orge ou de riz. On se sert, pour les introduire, d’une seringue à injections ordinaire ou à hydrocèle, dont la canule doit être un peu grosse, à canal large et à ouverture évasée. La femme est placée en supination, le bassin plus élevé que le tronc. Dès que la matière est injectée, on couvre la vulve d’un tampon que l’on maintient par le croisement des cuisses, ou mieux encore à l’aide d’un bandage en T. Comme la température de la partie et le mélange des produits sécrétés physiologiquement ou anormalement sont susceptibles d’altérer assez promptement les matières injectées et de leur donner des qualités
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