COUPS FIBREUX
Dans les cas d’engorgemens du col apportant un certain obstacle à l'écoulement des menstrues alors marquées par des douleurs plus ou moins violentes, l'hypertrophie du corps de cet organe doit être le résultat de ces efforts qu’il est obligé de faire à chaque retour mensuel.
Art. II. Engorgemens fibreux.
Les corps fibreux qui se développent dans l’épaisseur même des parois utérines, et dont la texture primitive offre la même organisation cpie celle du parenchyme de ce viscère , constituent de véritables hypertrophies partielles. Ils ne diffèrent des polypes fibreux que parleur siège plus profond, et parce qu’ils paraissent faire corps avec la matrice , soit qu’ils déterminent un gonflement uniforme, soit qu’ils fassent saillie à sa surface. On a pu les confondre , dans ce dernier cas , avec des engorgemens squirreux de l’ovaire, ou d’autres tumeurs développées au voisinage de l’utérus, et qui s’étaient réunies à cet organe.
Lorsque l’on rencontre une intumescence d’une partie plus ou moins circonscrite de l’utérus, le déformant sans autre douleur que celle qui résulte de la pression des tissus inter» posés entre elle et le doigt explorateur, résistante, mais moins dure que le squirre, à surface égale, comme stationnaire ou à progrès lents, malgré ceux de 1 âge, il est présumablequ’elle est due à une hypertrophie partielle ou engorgement fibreux.
Ces affections n’ont en général que des ineonvéniens mécaniques pour l’utérus et les organes limitrophes. On a observé que ces symptômes incommodes étaient plus intenses quand l’hypertrophie était d un volume modéré que quand elle était très-développée , parce que , dans ce dernier cas , elle oblige la matrice à sortir du bassin, à s élever au-dessus de son détroit supérieur, et cesse ainsi la compression qu’elle exerçait auparavant sur le rectum et le canal de 1 urètre. Ces engorgemens n’apportent pas toujours des obstacles ni à la fécondation, m à la gestation, ni â la partnrition. Mais en empêchant le retour complet de l’utérus sur lui-même après l’accouchement, ils deviennent l'occasion d’hémorragies immédiatement mortelles, connue Chaussier en a recueilli un exemple à la Mater-
ENGORCEMENS DE LA MATRICE
nitécle Paris. ( Bulletin de la Faculté de médecine , fév. 1825.) Le professeur d’Outrepont a vu un cas analogue.
48e OBS. — Plus heureux, j’ai donné des soins à une dame qui portait un engorgement d’apparence fibreuse du côté de la matrice, et si volumineux , que le professeur Dubois, appelé en consultation au cinquième mois et demi de la gestation, soupçonna un utérus bicorne avec grossesse double. Le ventre acquit un volume bibosselé énorme. L’accouchement arriva cependant à terme, il fut long, très-douloureux, et amena un enfant très-fort. Le placenta suivit de près. Le basventre restait gros comme il l’est au quatrième mois de la grossesse. J’introduisis immédiatement la main droite dans l’utérus, et combinant ce toucher avec la palpation abdominale, je reconnus un engorgement sphéroïde de toute la partie droite de l’utérus , d une dureté assez grande , insensible à la pression, se fondant avec les parois utérines, sans présenter de marques de délimitation apparente. Les contractions soutenues des parties intactes m'obligèrent à retirer la main, il n’y eut que modérément de sang cle perdu. La montée du lait arriva au temps ordinaire. Mais échappée à rimminence d’une hémorragie, la malade fut bientôt en proie aux symptômes d’une métro-péritonite aigue. Elle céda en partie à un traitement antiphlogistique énergique. Mais la tumeur resta le siège de douleurs vives qui s’irradiaient souvent à tout le bassin; elle ht des progrès, et la malade succomba sept mois après son accouchement, il ne me fut pas permis d’en faire l’autopsie.
Lorsque l’engorgement fibreux partiel se rapproche du col ou l’envahit, il en résulte une double saillie 5 l'une, interne, produit la dilatation de l’orifice à travers laquelle on l’aperçoit, en même temps que la saillie externe, en refoulant la matrice en un sens opposé, simule, au premier abord, un renversement ou une inflexion utérine.
49e OBS. — Mme Pioche, âgée de quarante-deux ans, éprouve , depuis sa dernière couche qui date de dix ans, de la pesanteur sur le fondement, de la difficulté pour aller à la selle; les lavemens ressortent pendant qu’on les injecte; il y a besoins fréquens de rendre les urines. Ces accidens , d’abord