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CORPS FIBREUX

légers ont augmenté insensiblement; depuis quelques mois surtout ils ont pris une intensité nouvelle. Il s’y est joint des douleurs dans le bas-ventre , des ténesmes , des épreintes , des écoulemens glaireux par l’anus pendant les premiers efforts de défécation , ou ayant lieu quelquefois spontanément. Cette ouverture , au lieu de se trouver au fond du sillon des fesses , était repoussée à leur niveau et faisait en quelque sorte saillie.

Après quelques jours d’un traitement actif opposé à l'exaspération des accidens qui avaient présenté les caractères d’une rectite dyssentérique , j’obtins du soulagement ; mais l’ancien sentiment de gène et de pesanteur persévérant, j’explorai les parties souffrantes. Le doigt fut arrêté à l’entrée de l’anus par une tumeur qui affaissait complètement le rectum et rendait très-difficile le glissement du doigt ; elle avait une hauteur de deux pouces et demi : elle refoulait en en bas la paroi antérieure de cet intestin , et pesait de tout son poids sur l’ouverture de l’anus quelle repoussait en dehors et maintenait constamment entr ouvert. Ayant exercé le toucher par le vagin et la région hypogastrique, puis par celle-ci et l’anus, je pus m’assurer que cette tumeur provenait de l’engorgement de la paroi postérieure de V utérus ; il en résultait que le col de cet organe se trouvait refoulé en avant et appliqué contre les pubis. On aurait pu prendre cette disposition pour une rétroversion ou une inflexion postérieure, si l’on se fût contenté de l’exploration vaginale, et si le col n’avait pas conservé sa direction verticale. Au moment où j’examinai la première fois les parties (ier octobre 1807), l’engorgement pouvait égaler en volume la tête d’un fœtus de six mois et demi environ; elle était sphéroïde.

Les corps fibreux , polypeux ou non, 11’ont pas une organisation uniforme. Tantôt pénétrés de vaisseaux développés et gorgés de sang , ils ressemblent à une masse charnue ou placentaire : on leur a alors donné 1 épithète de sarcomateux. Dans ce cas, les hémorragies proviennent en partie du tissu altéré lui-même; d’autres lois, il y a peu de vaisseaux; leur tissu blanc, dense et dur, a été distingué par Cbaussier sous le nom d’albuginée. Ils peuvent acquérir un volume très-cQn*

ENGORGEMEÎSS DE LA MATRICE

sidérable; M. Gauthier de Claubry a observé une de ces tumeurs qui pesait 5q livres.

Les corps fibreux , de meme que ceux polypiformes , ne conservent pas toujours leur texture primitive. Ils peuvent être le siège d’altérations analogues à celles auxquelles est exposé le tissu normal de l’utérus ) tantôt ils contiennent du pus infiltré ou épanché qui prouve leur disposition à l’inflammation j c’est aussi à cet état pathologique chronique que l’on doit attribuer leurs transformations cartilagineuses et osseuses ou pierreuses, plusieurs fois observées,* d’autres fois, on y rencontre de la sérosité, une matière gélatineuse, du sang coagulé, des matières tuberculeuses ou athéromateuses , avec ou sans poils. Enfin , ces corps peuvent devenir le siège et le foyer d’altérations cancéreuses qui leur ôtent le caractère de bénignité et d’innocence qu’ils présentent dans leur état de simplicité.

Traitement. —-Les hypertrophies , soit générales, soit partielles du corps de l’utérus, d’après leur siège, leurs rapports et leur forme, n’offrent aucune prise aux moyens chirurgicaux, les seuls qui seraient essentiellement efficaces contre ce genre d’altération. Elles ne doivent cependant pas être entièrement abandonnées aux seuls efforts de la nature ^ dans quelques cas, elle en produit la résolution par le seul fait de l’éloignement de ses causes, savoir, après que les avortemens ont cessé, ou que les menstrues sont devenues faciles , ou enfin que les polypes ont été opérés. On voit le volume de l’utérus diminuer quand la cessation des règles amène avec l’âge l’atrophie de cet organe. Ou bien ces engorgemens restent stationnaires, ou na’rrivent que par progrès insensibles à des développemens plus ou moins considérables^ ils prennent pour ainsi dire droit de domicile au milieu des organes dont ils ne gênent que médiocrement les fonctions.

Mais il n’en est pas toujours ainsi : d’abord causes permanentes d’irritation , leur présence entretient un mouvement fluxionnaire ou congestif, qui ajoute à l'engorgement ou donne lieu à des hémorragies consécutives. On prévient ces accidens par le repos, les saignées dérivatives, etc. Ces moyens antiphlogistiques sont surtout indiqués dans les cas

TUMEURS STEATOMATEUSES.

où Fengorgément paraît devenir le siège de phlegmasies aiguës ou chroniques, susceptibles d’y introduire des désordres ou des prédispositions à des altérations qui aggravent singulièrement leur prognostic.

Art. IÏI. Tumeurs stéatomateuses.

Elles consistent en des amas enkystés de matières graisseuses, blanches ou jaunâtres, de consistance de suif dur, se liquéfiant à la chaleur , formant des savons avec les alcalis. Cette substance est renfermée dans des aréoles membrano-vascu* laires (Hooper) , et se trouve parfois mélangée avec des poils bulbeux ou sans bulbes, de couleur et de longueur variées. La présence des poils n’est pas un indice que ces tumeurs résulteraient d’un germe dévié et altéré, car on les rencontre dans toutes les régions des corps, et plus rarement dans Futérus qu ailleurs. Cependant Dehaen en a trouvé dans ce viscère une qui pesait i5 livres. Leur diagnostic est obscur., et les indications sont les memes que pour les corps fibreux.

Art. IV. OEdème du col de l’utérus.

L’engorgement oedémateux du col de l’utérus a souvent lieu à la suite des couches, et parait être le résultat des violences qu’a subies pendant cet acte la partie qui en est le siège. Cet état , qui persiste ou augmente jusqu’après la fièvre de lait , diminue ordinairement et disparaît dans le courant des six semaines.

Hors cette circonstance déterminante, 1 œdème du museau de tanche primitif doit être très-rare, car, malgré le grand nombre d’engorgemens que j’ai observés , je n’ai eu l’occasion de voir celui-ci que très-peu de fois.

50e OBS. — Madame *** , d’un tempérament lymphatique, sujette aux affections catarrhales, a depuis son bas âge une leucorrhée très-abondante et séreuse : elle a été réglée vers sa

dix-huitième année 3 elle accouche à vingt-cinq ans d’un enfant quelle allaite pendant deux ans. Dans les derniers mois de l’allaitement , les règles se rétablissent et continuent dès lors à revenir comme de coutume. A trente et un an, la leucorrhée devient fatigante , et pour la faire disparaître, on conseille des in *

ENGOHGEMEiSS DÉ LA MATRICE,

jections avec de l’eau de Goulard; mais ce moyen ne diminue que très-peu l’écoulement j les règles sont moins abondantes et donnent un sang plus séreux. Il est vrai que la santé générale se détériore : la faiblesse , la décoloration plus grande , une sorte d’œdématie générale sont attribuées aux troubles que la leucorrhée produit sympathiquement dans les fonctions digestives; peu après les règles cessent de paraître. Comme en meme temps l’abdomen était développé, on présume une nouvelle grossesse. Le sentiment de pesanteur que la malade éprouvait sur le siège confirmait, selon elle, ce soupçon. Cependant, six mois s’étaient écoulés depuis la suppression de la menstruation , et aucun mouvement ne signalait la présence d’un enfant, le volume du ventre n’était pas augmenté, les seins s’affaissaient de plus en plus, et le délabrement de la santé générale faisait de rapides progrès. Consulté par cette dame deux mois auparavant, je ne l’avais soumise qu’à une exploration peu attentive, mais cette fois je l’examinai avec plus d’attention. En pratiquant le toucher , je trouvai à un pouce et demi environ, dans le vagin, une tumeur représentant un bourrelet circulaire offrant à son centre une dépression infundibuliforme qui aboutissait à une ouverture étroite et resserrée; Je doigt put être promené profondément autour de cette tumeur dans le cul-de-sac vaginal. Le toucher par de rectum me permit de sentir distinctement ce bourrelet comme étranglé supérieurement et se confondant avec le corps de l’utérus , qui n’était pas augmenté de volume. Cette tumeur me parut plus légère, plus élastique qu’aucune de celles que j’avais observées jusqu’alors. Je crus cependant quelle était due à un engorgement inflammatoire chronique avec induration. Mais la mort de la malade vint bientôt rectifier mon diagnostic. Les vomissemens , la diarrhée , annonçaient une altération profonde des viscère abdominaux; aussi la malade succombat-elle huit jours après ma visite.

Autopsie. La membrane muqueuse gastrique était épaisse, friable, et parsemée d’arborisations rouges. Il existait en plusieurs points de l’intestin grêle, surtout dans sa moitié inférieure, de larges plaques brunâtres, avec érosion de la mu-

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