‹ Maladies de la matriceChapitre 35 sur 86 · C. ENGQRGEMEMENS INFLAMMATOIRES DE LUTÉRUS · texte numérisé non relu

C. ENGQRGEMEMENS INFLAMMATOIRES DE LUTÉRUS

La matrice peut être frappée d’inflammation dans la tunique péritonéale qui enveloppe sa surface externe et lui sert de ligamens ou de soutien par ses duplicatures ; dans le tissu cellulaire cjui I unit à cette membrane ou aux organes voisins : cette maladie peut affecter son parenchyme ou être bornée à sa surface interne.

L’inflammation est rarement bornée à la portion du péritome en rapport avec la matrice; on voir plus fréquemment des inflammations limitées à une partie du tissu cellulaire péri-utérin, mais elles n offrent rien de remarquable, et ne pré-

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sentent d’intérêt que lorsqu’elles se terminent par la suppuration • de là résultent des abcès, de siège et de formes variées, au diagnostic parfois obscur, au p ognostic incertain. Les suites peuvent être innocentes, malgré l’étendue de la suppuration, quand elle s’ouvre une issue au dehors ou quelle devient accessible aux instrumens, soit à travers les parois abdominales, soit par le vagin ou même par le rectum. D’autres lois, au contraire, elles deviennent fort graves par les désordres que cette suppuration entraîne , ou par 1 ouverture de l’abcès dans la cavité péritonéale. J ai rapporté des exemples de ces abcès dans mon Histoire des ruptures de l utérus .

La métrite parenchymateuse appartient seule au cadre que nous nous sommes tracé ; aussi n’aurons-nous à traiter du catarrhe utérin que d’une manière générale et en tant que nécessaire au diagnostic différentiel des autres affections avec lesquelles on peut le confondre, et réciproquement.

Métrite catarrhale. Synonymie, catarrhe utérin , leucorrhée. — Tous les auteurs ont cru devoir réunir et considérer comme une seule et même maladie les écoulemens fournis par l’utérus et ceux provenant du vagin. Cette confusion était excusable avant que l’on eût généralisé l’emploi du spéculum; elle est impardonnable depuis que ce moyen donne la facilité d’en reconnaître les diverses sources. Si ces deux affections se montrent simultanément , souvent aussi elles existent isolément. Laleucorrhéepeutêtre bornéeau vagin, comme elle peut aussi provenir exclusivement de l’utérus, et alors on voit la matière qui la constitue s’échapper avec plus ou moins d’abondance à travers l’orifice de cet organe. Si ces affections présentent entre elles des symptômes analogues, il existe aussi des différences essentielles. Enfin, si les indications thérapeutiques sont les mêmes dans les deux cas , les moyens de les remplir, et surtout leur mode d’application, doivent être modifiés au moins d’après la différence que les parties affectées présentent dans leurs conditions anatomiques.

Dans un ouvrage récemment publié sur les maladies des femmes (i), on a séparé le catarrhe utérin de la leucorrhée va-

(i) Traité des Maladies des Femmes , par Colombat de l’Isère , i83S,

métrite Catarrhale,

2 il

ginale, mais pour l’englober dans l’histoire de la métrite. Et cependant il existe entre ces deux maladies des différences de siège, de symptômes , etc., qui ne permettent pas plus de les confondre que de réunir dans une meme description le catarrhe bronchique et la péripneumonie. Le catarrhe utérin a pour caractère pathognomonique la sécrétion d’un fluide mucineux et puriforme. La métrite parenchymateuse n’en produit pas essentiellement à l’état aigu , très -rarement quand elle est chronique. Ordinairement même la métrite aigue suspend les sécrétions qui pouvaient exister avant sa manifestation. L’engorgement forme le caractère de la métrite, soit aigue, soit chronique | il n’est pas constant dans le catarrhe utérin, nul quand la maladie se montre à l’état chronique g il n’est qu’un phénomène congestif consécutif du catarrhe utérin aigu. Quelquefois, il est vrai, il existe en même temps métrite parenchymateuse et catarrhale, mais ce n’est qu’une coïncidence, une complication qui n ôte pas à ces deux états pathologiques leur ca r a e t è r e d’i n d i v id ual i té .

Le fait du catarrhe utérin, dont il est facile maintenant de constater l’existence, suffirait à lui seul pour lever les doutes anatomiques sur l’existence d’une membrane muqueuse à la surface interne de l’utérus. Les produits qu’elle fournit, sous l’influence d’irritation ou d’état phlegmasique, ont une ressembla nce incontestable avec les produits sécrétés par toutes les autres portions du système muqueux dans les mêmes conditions. L’analogie de produits présume une analogie d’organes producteurs; elle prouve ici que la nature n’a pas dévié de la règle générale d’après laquelle toute cavité communiquant avec l’extérieur est tapissée d’une membrane muqueuse. 11 est probable que , par les relations quelle a avec la membrane péritonéale par l’intermédiaire des trompes, elle prend des modifications particulières d’organisation qui ont pu tromper les anatomistes qui n’ont pas trouvé en elle toutes les dispositions communes au système muqueux en général. On a vu , et nous en rappellerons des exemples, cette tunique muqueuse,, frappée de boursouflement, venir faire saillie à travers 1 orifice utérin : nouvelle preuve de l’existence d’une membrane

interne. Quoi cjii’il en soit, la surface interne de l’utérus peut être le siège d une sécrétion muqueuse, ou mucoso-purulente, qui mérite seule le nom de catarrhe utérin. Cette maladie est susceptible d'une grande variété de degrés. La distinction généralement adoptée d’aigu et de chronique, comme en représentant les extrêmes, nous paraît mal établie et propre à donner des idées inexactes sur les caractères des états qu’elle sert à exprimer. Nous préférons la distinction de cette affection en active et en passive : la première, marquée par tous les signes d’une vive irritation, ou par les symptômes d’une inflammation plus ou moins intense , peut n’avoir qu’une courte durée et dont le terme ordinaire est de quarante jours (catarrhe utérin aigu proprement dit), ou bien se prolonger indéfiniment avec les mêmes symptômes d’acuité (catarrhe utérin subaigu) ; la seconde est pour ainsi dire latente, si ce n’était l’écoulement qui la divulgue pour tout symptôme local immédiat - sa durée est également passagère ou illimitée.

i° Mètrite catarrhale active. — Les causes sont toutes celles des inflammations en général , et particulièrement tout ce qui peut porter directement de l’irritation sur la surface interne de l'utérus , comme les excès du coït onde la masturbation, des accouchemens répétés ou laborieux, et surtout des avortemens , principalement quand les fœtus sont restés morts et se sont putréfiés dans la matrice, l’usage des excitans alimentaires ou médicamenteux (emménagogues), etc. On a aussi signalé comme causes les répercussions et les rétrocessions Immorales ou sanguines, soit physiologiques , comme de la sueur, soit pathologiques, comme des dartres, etc. Ceüc dernière cause m’a paru la plus fréquente 5 vient ensuite la disposition rhumatismale.

Les symptômes analogues à ceux de la métrite parenchymateuse sont une douleur plus ou moins forte dans l’hypogastre ou aux reins , s’étendant aux aines , dans les fosses iliaques, au dos, aux hanches, au sacrum, un sentiment de pesanteur. Au toucher, on trouve le coi de l’utérus tuméfié et sa densité augmentée au pourtour de l’orifice, les parties les plus excentriques conservant leur souplesse et leur élasticité

MÉTRITE CATARRHALE.

normale , première différence d’avec la métrite , dans laquelle la dureté est générale et meme parfois plus excentrique, le pourtour de l'orifice paraissant plutôt comme ramolli. La température de cette partie est plus élevée : la pression est douloureuse. Au moyen du spéculum, on voit ce col rouge, quelquefois comme érodé au pourtour de l’orifice et jusque dans sa cavité. Il en découle une matière muqueuse ou puriforme, que l’on obtient ou que Ton rend plus abondante en pressantla matrice avecl’instrument, ou en laeonipri niant entre lui et une main placée sur la région hypogastrique. La surface du col est ordinairement aussi moins rouge que dans la métrite, mais sensiblement plus que dans l’état ordinaire; elle est lisse, tendue, et le jeu inconsidéré du spéculum y détermine facilement de petites crevasses d’où s’échappent de petites gouttelettes de sang. Le gonflement général de l’organe n’est pas en rapport avec l’intensité des symptômes inflammatoires, comme dans la métrite aiguë.

La matière de l’écoulement ne sort pas toujours de l'utérus à mesure qu elle est sécrétée , elle ne s’en échappe parfois que quand elle y est accumulée en certaine quantité ; ce que l’on doit attribuer à quelque obstacle provenant des orifices utérins qui se trouvent accolés ou obstrués par une matière visqueuse et tenace, ou bouchés par le contact de la paroi postérieure du vagin , dans le cas d’antéversion; alors cette expulsion est précédée de coliques ou épreintes utérines , résultat des contractons de la matrice dilatée et faisant effort pour chasser ce produit accumulé. Alors aussi cette expulsion se fait en bloc , par masses plus ou moins considérables. Dans des cas d’obturation insurmontable du col, il en est résulté des épancliemens intra-utérins d’un diagnostic difficile. (Dance, etc.)

Le catarrhe utérin à l’état sub-aigu offre quelques signes analogiques avec certaines affections cancéreuses : ainsi la tuméfaction du col utérin, sa dureté centrale, le suintement sanguinolent qui paraît à la surface par suite du frottement ou de la pression, l’écoulement d’une matière pu ri forme, quelquefois mélangée de sang. J’ai en ce moment en traitement une dame chez laquelle cette méprise a été commise. Depuis

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six mois, son état s était empiré plutôt qu’amélioré, malgré les soins d’un médecin en réputation pour le traitement des maladies de la matrice. Un traitement antiphlogistique a déjà amené une diminution dans les symptômes d’irritation qui étaient trèsintenses, surtout aux épocpies menstruelles. J’ai abordéensuite les moyens antiherpétiques , qui m’ont paru indiqués d’après des signes commémoratifs, et depuis quelques jours le changement avantageux qui s’est opéré dans l’état de l’utérus me donne l’espoir que j’ai frappé juste.

Chez deux femmes en proie à la même maladie , je n’ai pu la faire céder qu’à l’application de nombreux vésicatoires volans autour du bassin, aux cuisses, et j’ai complété le traitement par l'établissement d’un cautère à la jambe. Les eaux sulfureuses administrées par toutes les voies ont aussi contribué dans ces cas à amener et à consolider la guérison.

J’ai tout lieu de penser que dans beaucoup de cas le catarrhe utérin est lié à une cause rhumatismale; il est alors d’une ténacité déplorable. Je crois cependant avoir obtenu quelques bons effets de l’usage de colchique d’automne; mais j’ai besoin de nouveaux faits pour dire quelque chose de positif sur ce sujet.

Les métrites catarrhales actives, aiguës ou chroniques, soulèvent donc deux indications: une première , qui seule suffit ordinairement dans les cas où la maladie est due à une cause locale et présente le caractère idiopathique, a pour but de combattre l’inflammation ; les moyens sont les mômes que ceux réclamés par la métrite parenchymateuse aiguë ; la seconde est déterminée par la nature des causes particulières ou spéciales sous l’influence desquelles le catarrhe s’est établi et tend à persévérer. Dans tous les cas, on doit se garder d insister trop long temps sur le traitementantiphlogistique etsur les moyens débilitans qui en dépendent; autrement, ils fournissent le passage de l’état aigu à l’état chronique , dont il est plus difficile d’obtenir la guérison.

2° Métrite catarrhale passive. — Je ne sais trop si l’on peut donner le nom de phlegmasie à ces écoulemens séî oso-muqueux qui ont lieu par le col utérin, et qui ne sont accompagnés d’au-

MÉTRITE CATARRHALE.

cun symptôme inflammatoire. Il n’y a point de gonflement , ou s’il en existe, il consiste plutôt en une sorte de boursouflement, comme d’œdéniatie, qu’en un engorgement sanguin. Il n’y a point de sensibilité des parties, car on ne peut appeler douleurs ces sensations vagues d’embarras, de faiblesse, de vide que les femmes accusent éprouver dans les organes génitaux. Les phénomènes généraux n’ont lieu que quand l’écoulement est abondant, et dépendent évidemment des déperditions continuelles qu’il fait éprouver à l’économie. De là un état de langueur général , de la pâleur, la lenteur des mouvemens , la paresse de toutes les fonctions, des infiltrations cellulaires qui rendent la face bouffie et blafarde, gonflent les membres inférieurs, renflent l’abdomen. Des langueurs et des tiraillemens d’estomac, manifestations désordonnées du besoin de réparation , engagent à prendre des alimens qui deviennent fréquemment la cause de gastrites, de gastralgies, par leur abondance relative à l’étal de faiblesse concomitante des fonctions digestives, ou par leurs qualités irritantes qui les font justement préférer par les malades.

Beaucoup de femmes sont affectées de catarrhe utérin. S’il est modéré, il ne donne lieu à aucun symptôme remarquable. Il paraît avoir été chez quelques unes cause d’infécondité, que l’on aurait fait cesser en détruisant cette affection au moyen d’injections utérines modificatrices. (M. Méfier.)

Quand l’écoulement est abondant et jette les femmes dans l’épuisement, il réclame un traitement actif. Ici les antiphlogistiques forment l’accessoire, et ne sont indiqués que quand il v a recrudescence avec des symptômes phlegmasiques manifestes. C’est aux toniques, aux astringens , aux modificateurs locaux qu’il faut s’adresser. Tous les médicament , toutes les substances, tous les agens qui composent la classe de ces médications ont été tour à tour préconisés. Ainsi les martiaux , les sulfureux, les acides minéraux, les amers, les substances résineuses, etc. Tous ont réussi , tous ont aussi échoué j ces oppositions d’action résultent en grande partie, non seulement du mode d’administration , mais surtout des conditions dans lesquelles les malades sont placées. Si celles qui ont

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donne lieu à l'affection ou l’entretiennent ne sont pas écartées, les moyens réputés les plus efficaces échouent, tandis qu’il suffit souvent de changer ces conditions pour voir de ces affections jusque là rebelles disparaître sans médicamens. Quelque temps de séjour à la campagne remet fréquemment dans un état normal les femmes leueorrhiques des villes. Un exercice habituel a également réussi chez des sujets qui étaient ordinairement voués à une vie sédentaire.

On doit plus compter, dans le catarrhe utérin-chronique, si souvent très-tenace, sur l’emploi des moyens locaux, tels que les injections intra-utérines faites avec des liqueurs détersives, astringentes ou légèrement caustiques, comme la solution d un grain de nitrate d’argent par once d’eau distillée.

On ne doit pas oublier que souvent la leucorrhée utérine tient a une cause humorale particulière ou spéciale qui réclame des moyens propres à la nature de ces causes. Ainsi les antiseorbutiques, les antiscrofuleux , les antisyphilitiques, les antiherpétiques trouvent assez souvent ici leur application. On ne doit pas non plus oublier que certains de ceséeoulemens, étant ou devenant constitutionnels , ou des émonctoires habituels, il y aurait inconvénient ou à les supprimer brusquement ou à ne pas les remplacer d’abord par d’autres émonctoires.

On doit surtout prévenir les malades du danger de faire usage de ces mille spécifiques antileucoi rhiques dont les annonces pompeuses ne les séduisent que trop souvent. Pour notre part, nous avons observé de nombreux et graves accidens bien évidemment dus à ees préparations incendiaires. Récemment encore, nous avons vu succomber une dame jeune encore et une jeune personne , toutes deux frappées de gastrites sub-aigues dues. à ces médicamens et entretenues par leur long usage.

Métrite parenchymateuse. — L’inflammation de la matrice est aigue , sub-aigue ou chronique.

i° Métrite aigue. — Ayant eu principalement pour but de traiter des engorgemens chroniques delà matrice, l’histoire de la métrite à l’état aigu pourrait paraître ici déplacée ; mais

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