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TRAITEMENT DES ENGORGEMENS DURS DE LA MATRICE

Que l’engorgement dur de l’utérus soit formé par une plilegmasie chronique , ou par induration , ou qu’il soit dû à un état squirreux, les indications thérapeutiques nous paraissent devoir être les mêmes dans les deux cas.

Rappelons-nous que ces deux états pathologiques sont le résultat d’une sorte d’exagération de la vitalité du tissu fibrocellulaire, trame fondamentale des tissus accidentels comme des tissus naturels ; exagération simple comme dans toute phlegmasic pour l’induration , avec altération spéciale pour le squirre.

Rappelons-nous que tous deux sont formés par une matière plus ou moins concrète , déposée dans les mailles et les interstices du tissu malade , et que cette matière est fournie par le sang, soit par un acte de sécrétion, comme probablement dans l’induration , soit par un acte de nutrition anormale , comme pour le squirre.

Les indications thérapeutiques , déduites de cette manière d’envisager ces altérations organiques, doivent donc, en dernière analyse, avoir pour but :

i° D ’ écarter ou, d éloigner de l’organe malade les élémens matériels de l’ altération ;

2° De modifier ou de détruire V exagération des fonctions sécrétoires ou nutritives par lesquelles ces élémens sont séparés du sang et assimilés a l’organe affecté ;

5° De provoquer ou favoriser la résorption de la matière morbide déposée.

Première indication. — Écarter ou éloigner de l’organe malade les

élémens matériels de l’altération.

Comme tous les êtres organisés , Féconomie humaine est soumise au double mouvement de composition et de décomposition. Il est aussi cFobservation que ces deux mouvemens existent dans des rapports inverses, de manière que , plus Fun est actif, plus l’autre se trouve rallenti; autrement, le corps ou les organes qui les composent ne changeraient point de volume ni de dimension , et n’offriraient ni croissance ni décroissance.

Les tissus accidentels paraissent soumis à cette loi ou règle générale aussi bien que les tissus naturels ; nous en avons déjà fourni des preuves j de nouveaux témoignages surgiront des considérations et des observations que nous présenterons sur ce sujet.

Or , tout ce qui peut arrêter ou entraver le mouvement de composition doit faire prévaloir le mouvement de décomposition j donc , en privant l’économie des sources du renouvellement de ses élémens organiques,, naturels ou accidentels, on provoquera l’activité du mouvement de décomposition ,

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d’où résultera ramaigrissement des tissus naturels et l’atropliie des tissus accidentels qui sont le produit d’une sorte de nutrition anormale : ou bien, si les altérations sont formées par sécrétion ou exhalation , la suppression des élémens de renouvellement ou d’entretien devra avoir pour effet d’en arrêter le développement ultérieur.

On considère, à juste titre, le sang comme le stimulant naturel des organes , et principalement des fonctions nutritives et sécrétoires, dans l’état physiologique , et à plus forte raison n’exerce-t-il pas cette action plus activement dans les états pathologiques. Il n’est pas moins certain que c’est ce fluide qui fournit, ou dans lui cpie sont puisés les matériaux des altérations organiques , qu’ils en soient séparés par un acte nutritif ou par un acte sécrétoire. Il est évident qu’en enlevant ou modifiant cette source des élémens pathologiques, on obtiendra pour premier effet la suspension du développement de l’altération organique; première condition indispensable avant d’arriver à d’autres indications. Aussi est-ce parmi les modificateurs de la circulation ou de la composition du sang que se trouvent les moyens propres à remplir la première indication du traitement des engorgemens durs de l’utérus , comme de toute altération organique par excès.

On tarit, si je puis m’exprimer ainsi, la source matérielle des altérations organiques , i° en soustrayant de la masse générale du sang, par les émissions sanguines opérées par la lancette , par les sangsues et par les scarifications avec 'ventouses ; 2° en dégorgeant directement le système vasculaire de la partie malade , par l’application immédiate des sangsues ; 5° en modérant l’activité de la circulation , soit d’une manière générale , comme par l’usage des boissons tempérantes, de la digitale, du nitrate de potasse, par le repos absolu; soit particulièrement de l’organe malade, en donnant, par exemple, au corps une position horizontale , ou inclinée de telle sorte que la région affectée se trouve sur un plan plus élevé que le reste du corps; 4° en appelant ou dirigeant plus spécialement l’activité circulatoire sur d’autres parties que celle malade , vers

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d’autres régions plus ou moins éloignées ; effet que produisent les saignées locales dérivatives, les ventouses sèches, les frictions cutanées , les bains chauds , les sinapismes , etc.

Outre ces modificateurs de la circulation , l’art possède les moyens d’agir sur la composition même du sang. En première ligne se range la dicte , qui prive ce fluide du renouvellement de ses élémens réparateurs ; viennent ensuite les excitans des diverses sécrétions naturelles, qui, par leur abondance, soustraient au sang une partie de ses matériaux , et le rendent moins propre h fournir aux sécrétions anormales ou aux nutritions pathologiques. Ainsi les vomitifs , et surtout les purgatifs, les diurétiques , les diaphoréticjues , les exutoires exercent une action analogue.

La nature semble encore ici fournir l’idée de ces indications thérapeutiques. On voit en effet des engorgemens diminuer, disparaître même dans le cours ou par la prolongation des maladies d’autres organes, et par suite de 1a. suspension du mouvement nutritif ou des sécrétions. J’en ai rapporté précédemment des exemples (17e et 18e observations).

Enfin il est des substances auxquelles on a cru reconnaître la propriété de modifier ou d’altérer le sang, et principalement d’agir chimiquement sur ceux des élémens organiques de ce fluide qui paraissent plus spécialement concourir à la formation des engorgemens chroniques, ou qui constituent même essentiellement les produits dont ces altérations sont le plus ordinairement formées; savoir : l’albumine, la fibrine et la graisse, comme le prouvent les analyses chimiques. Nous citerons comme principaux de ces modificateurs de la composition du sang, la potasse et ses préparations savonneuses , dont l’usage prolongé rend évidemment le sang difîluent et pauvre en matériaux organiques.

Reprenons en sous-œuvre les principaux de ces agens modificateurs de la circulation et de la composition du sang , et faisons connaître le mode particulier de leur action dans les engorgemens durs de l’utérus , ainsi que les règles que l’on doit suivre dans leur application spéciale aux diverses altérations qui les constituent.

J’observerai que le traitement des affections cancéreuses, du moins de celles qui procèdent des altérations simples qui nous occupent maintenant , reposant sur les mêmes bases que celles-ci, nous serons souvent obligés de parler ici par anticipation , de l’application de ces traitemens à ces affections avancées.

i° Emissions sanguines. — Les émissions sanguines , aidées de précautions hygiéniques qui seront rappelées ailleurs, ont dans un certain nombre de cas , et sans autres moyens thérapeutiques, amené la fonte d’engorgemens utérins qui , par leur volume , leur forme, leur dureté , les douleurs dont ils étaient le siège , auraient pu être considérés comme étant de nature squirreuse, et qui paraissaient conséquemment devoir être incurables, ou ne pouvoir être détruits que par un traitement chirurgical. ( V oy . les Obs. de la première série de faits. )

A plus forte raison doit-on compter sur leur succès, lorsque l’engorgement est évidemment le résultat d’une métrite chronique.

En outre, l’observation attentive des faits prouve que dans tout engorgement dur quelconque , l’état inflammatoire , qu’il soit primitif ou consécutif, essentiel ou symptomatique, aigu ou chronique, oppose un obstacle insurmontable à l’action des résolutifs les plus puissans , des fondans les plus héroïques. Non seulement ces médications échouent alors , mais souvent encore elles ne produisent que des effets fâcheux et tout opposés à ceux que l’on se promettait de leur emploi. Or, comme dans la majorité des cas d’engorgemens durs il y a ou pldegmasie essentielle ou complication de cet état pathologique , c’est à le détruire que doivent tendre les premiers efforts du médecin, avant de passer à d’autres moyens thérapeutiques.

La médication antiphlogistique, à la tête de laquelle sont les émissions sanguines, sera donc toujours, ou à très-peu d’exceptions près, le traitement curatif essentiel pour quelques engorgemens durs de l’utérus , et le traitement préparatoire indispensable pour la plupart des autres; il entre enfin

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pour beaucoup dans les traitemens palliatifs des altérations cancéreuses confirmées.

Cette règle de conduite pratique n’est pas seulement nécessairement applicable aux engorgemens chroniques de l’utérus , elle l’est également à la plupart des altérations organiques sous forme d’engorgemens , quel que soit leur siège. Je suis convaincu que si les altérations des organes parenchymateux ou autres désignés sous les noms de squirre , d’induration , de tumeurs splanchniques on viscérales , d’obstruction , etc. , résistent aussi souvent aux traitemens qu’on leur oppose, c’est parce cpie l’on n’insiste pas suffisamment sur la nécessité de cette règle générale , ou qu’on en néglige même Implication.

Ainsi les émissions sanguines ne peuvent, dans les cas d’engorgemens durs de l’utérus , que produire de bons effets , lorsqu’on les emploie en temps opportun et avec discernement. Elles détruisent ou détournent la congestion sanguine et le mouvement fluxionnaire qui alimentent l’altération et entretiennent la surexcitation vitale qtii préside à son développement. Aussi voit-on, après ces premiers résultats obtenus, la plupart des engorgemens , s'ils ne disparaissent pas par la seule influence de cette médication, céder avec plus de facilité à l’action des autres moyens résolutifs , même les moins énergiques, tandis qu’auparavant les plus héroïques n’avaient fait qu’aggraver le mal.

Je pourrais rapporter bon nombre d’observations d’engorgemens internes ou viscéraux, même très- considérables , même très-anciens , et contre lesquels avaient échoué les efforts réunis de médecins justement réputés , engorgemens qui marchèrent rapidement vers la résolution par un traitement dirigé d’après les règles que je viens d'énoncer. Entre autres faits , les suivans m’ont paru dignes d’être cités , bien qu’ils ne se rattachent que d’une manière indirecte à notre sujet.

80e OBS. Engorgement prodigieux de l’ovaire droit. — Nullité d’action des résolutifs . — Efficacité du traitement antiphlogistique. , cl guérison terminée par l’usage d'une

simple boisson diurétique. — Une dame à tempe'rament sanguin 3 d’une stature moyenne , ayant un embonpoint raisonnable , douée d’une bonne constitution , n’avait jamais eu d’autres dérangemens de santé que ceux occasionnés par la grossesse et raccoucliement. Elle avait eu trois enfans , dont le dernier à l’âge de trente ans. De quarante-cinq à quarantesix ans , les règles se supprimèrent après avoir présenté quelques variations dans leur cours. Bientôt après, cette dame éprouva des douleurs sourdes, constantes et prenant de temps en temps un caractère plus aigu dans la région iliaque droite ; le ventre prenait du volume. A quarante-huit" ans, je constatai l’existence d’une tumeur s’élevant du côté droit du bassin, assez régulièrement arrondie , remplissant la région iliaque correspondante , et offrant le volume d’une tète d'enfant à terme. Comme les douleurs étaient habituellement supportables, que la malade conservait du reste l’appétit , le sommeil et toutes les apparences de santé, elle ne voulut pas se soumettre à un traitement nécessaire, pas même à quelques précautions hygiéniques réclamées non seulement par sa maladie , mais par l’époque viagère dans laquelle elle se trouvait. Une saignée pratiquée de loin en loin , quelques bains furent les seuls moyens quelle mit en usage. Aussi le volume du ventre fît-il des progrès au point qu’à cinquantedeux ans il pouvait être comparé à celui d’une femme enceinte à terme de deux enfans. La malade n’était bien que couchée, le tronc à demi élevé et appuyé sur le dos ) toute autre position réveillait des douleurs dans l’abdomen , ou était insupportable par l’imminence de suffocation qui en résultait. Lorsqu’elle se levait, elle marchait avec peine, le corps renversé en arrière , position quelle était encore forcée de tenir étant assise, pour éviter la suffocation. En même temps l’amaigrissement général se prononçait de plus en plus , il y avait insomnie et perte d’appétit, malgré laquelle on s’efforcait de prendre des alimens, par la crainte vulgaire de ne pouvoir vivre sans manger. Cependant , parvenue à cet état, force fut de prendre plus à la lettre les avis du médecin. Après quelques émissions sanguines , je passai trop promptement à

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l’usage des médicamens réputés fondans ou résolutifs , les frictions avec le calomel en pommade, les pilules savonneuses avec addition de scille et de digitale , quelques purgatifs. La maladie allait néanmoins s’aggravant. Réfléchissant alors sur l’état pathologique positif que j’avais à traiter , j’établis ainsi mon diagnostic : Engorgement par phlegmasie chronique de l’ovaire droit avec hydropisie à plusieurs foyers probables. Je fondai ce jugement, i° sur le siège primitif des douleurs vers la région iliaque et le flanc du côté droit ; 2° sur la présence à cette époque d une tumeur occupant ces mêmes régions , tumeur qui , presque complètement sphéroïde dans le principe , avait offert , en se développant , quelques variations dans la forme , de manière que maintenant quelle remplissait et distendait toute la capacité abdominale , elle présentait plusieurs bosselures larges , mais peu saillantes et séparées par des sillons peu profonds; une autre bosselure plus saillante proéminait du côté gauche; 5° sur les douleurs , non pas celles profondes et obscures qui pouvaient être le résultat de la distension, mais sur ces douleurs vives que la malade ressentait assez fréquemment dans plusieurs points de cette énorme tumeur, qui en ces endroits était sensible au toucher ou à la pression , et paraissait plus dure; symptômes évidens d’un état phlegmasique que dénotait encore le mouvement fébrile continuel avec redoublemens vespériens, auquel la malade était en proie; 4° enfin, sur la sensation de fluctuation, obscure il est vrai, mais appréciable , qui se remarquait surtout au sommet des bosselui 'es que présentait la tumeur.

Je voulus abandonner l’usage des résolutifs et des fondans sur lesquels la malade établissait le seul espoir de soulagement, et revenir sur le traitement antiphlogistique exclusivement, mais on s’effraya de la proposition de nouvelles saignées et d’une diète rigoureuse. Comment pourrait-on supporter ce traitement dans l’état de faiblesse , de marasme, d’épuisement auquel on était parvenu??? Une consultation fut proposée, et M. Fouquier choisi pour la faire. Voici quel fut son diagnostic et le prognostic qu’il porta : Tumeur enkystée de V ovaire

droit , ayant peut-être envahi le gauche , à parois en partie s quirreus es j avec plusieurs foyers d’ épanchemens séparés par des cloisons ; circonstance qui, jointe à la consistance présumable du liquide épanché, rend la fluctuation obscure . La distension 'violente produite par le développement graduel de la tumeur excite V inflammation dans quelques points de ses propres parois , ou du péritoine qui lui sert d’ enveloppe extérieure. Tout ce que Von peut espérer , c’est de rendre la maladie stationnaire ou supportable , en combattant et prévenant les symptômes inflammatoires , s ai if plus tard, quand par leurs progrès les épanchemens isolés se seraient réunis et que la fluctuation serait devenue plus patente , d’essayer la ponction comme moyen de soulagement ; mais cette aialadie est incurable , et doit , un peu plus tôt , un peu plus tard , se terminer inévitablement d’une manière funeste. M. Fouquier approuve et sanctionne l’utilité du traitement antiphlogistique comme moyen le plus efficace, non pas curable, mais palliatif, sauf, quand l’engorgement serait devenu indolent sous son influence, à revenir à l’usage des résolutifs et des fondans.

Ainsi étayé^ pour le traitement, de la décision et des conseils d’un praticien aussi éminent et aussi distingué, dont l'opinion, sur le diagnostic de la maladie, ne différait de celle que j’avais manifestée que par des nuances légères, il me fut plus facile de vaincre les scrupules de la famille et de décider la malade à se soumettre entièrement à l’usage des moyens débilitans , que j’avais eu tant de peine à faire adopter. Plusieurs saignées du bras , de huit à dix onces, furent faites à quelques jours de distance j des sangsues furent ensuite appliquées sur les points les plus douloureux de l’abdomen ; on couvrit continuellement cette partie avec des cataplasmes ou des fomentations émollientes ; tisane de chiendent^ petit-lait , orangeade $ quelques cuillerées de lait coupé, de bouillon léger ou de potage ; composèrent d’abord toute la nourriture. La malade prit par semaine deux à trois bains de une à deux heures. Après deux mois de ce traitement , l’abdomen , sans avoir perdu de son volume , était devenu complètement indolent 5 il ne gênait plus que

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par sa masse. Les pôints autrefois douloureux avaient perdu leur résistance , en même temps qu’ils étaient devenus indolens et insensibles à toute pression; la fluctuation était plus manifeste , plus superficielle, plus généralement égale. Les urines étaient rares, en petite quantité, rouges et fortement sédimenteuses. Quand la malade se levait, ce quelle faisait plus facilement , les jambes s’infiltraient. La fièvre avait disparu. J’étais sur le point de pratiquer la ponction , mais je voulus auparavant essayer de quelques résolutifs. Je prescrivis donc l’usage du pareira brava , médicament dont j’avais plus d’une fois constaté la puissante propriété diurétique, quoique cependant cette substance eût été sans effet avantageux chez cette même malade quelques mois auparavant , probablement à cause de l’état inflammatoire qui s’opposait alors à son action. Pour cette fois, les effets furent si actifs, que je n’eus pas besoin de recourir à d’autres médications : dès les premières tasses de son administration en décoctipn (deux onces pour une pinte d’eau, réduite d’un tiers par l’ébullition), les urines coulèrent avec une abondance extraordinaire ; le vase , d’un assez grand diamètre, était rempli deux à trois fois dans les vingt-quatre heures. On voyait en même temps le ventre s’amollir et s’affaisser, et en moins de six semaines il fut réduit au point où il était avant la maladie. La fluctuation disparut complètement , et maintenant on n’aperçoit plus qu’une sorte de bouffissure à l’hypogastre. La tumeur ovarique ramollie, concentrée dans le basventre , devient encore de temps en temps le siège de douleurs qui cèdent à l’instant à la saignée et aux sangsues. Du reste, la malade a recouvré l’exercice régulier de toutes ses fonctions. Elle peut fournir des promenades à pied de deux à trois heures de suite sans se reposer et sans fatigue. Le sommeil est bon; l’appétit excellent.

81e OBS. Tumeur présumée épiploïque. — Résolution sous V influence du traitement antiphlogistique et d’un régime atonique après avoir long- temps résisté aux traitemens résolutifs les plus énergiques. — Je ne ferai qu’indiquer un autre fait, non. moins curieux, d’une jeune fille de dix ans qui portait dans l’abdomen une tumeur dure, du volume du poing d’un adulte.

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mobile, et paraissant avoir son siëge dans Fépiploon gastrocolique. Elle fut traitée par moi d’abord, puis par M. Déguisé fils , enfin par M. Guersent ; on nous réunit ensuite tous trois , et j'eus bientôt après la direction spéciale du traitement. Nous étions convenus d’employer simultanément les antiphlogistiques et les fondans , parmi lesquels nous avions choisi le calomel. Les préparations d’iode furent aussi employées, le tout sans succès, ainsi que les pilules savonneuses j la ciguë à l’intérieur en extrait, et intérieurement sous forme emplastique , échoua également : l’engorgement n’en faisait pas moins des pi o grès 5 il était parfois le siège de douleurs atroces, occasionnant des convulsions ou un état d'anxiété difficile à dépeindre. La malade était d’une maigreur squelettique. Voyant l’inutilité de tous nos efforts , je conseillai comme palliatif seulement, car je ne comptais guère sur la possibilité d’une guérison, je conseillai, dis-je, d’arrêter l’usage de tout médicament dit résolutif, tant externe qu’interne , de se borner à un traitement débilitant , composé : de Y application des sangsues sur les points les plus douloureux ; de fomentations émollientes , de bains prolongés , de boissons douces , d’un régime tenu et en grande partie lacté, et de l’usage de quelques médicamens seulement caïmans, tels que l’eau de laitue, le sirop de pavot blanc. La petite malade fut en meme temps placée dans une pension très-bien aérée ^ aux Champs-Elysées. L’engorgement cessa bientôt d’être douloureux, et à quelques mois de là , je ne fus pas peu étonné de ne trouver à la place qu’une sorte d’empâtement. Le corps avait repris de l’embonpoint et de la croissance. Maintenant (i858) cette demoiselle, âgée de dix-neuf ans, est remarquable par son développement et toutes les apparences de la plus belle santé. Rien n’existe plus où était la tumeur.

C’est principalement dans les engorgemens de l’utérus, quelle qu'en fût la nature, que j’ai vu l’application de cette méthode féconde en avantages , et plusieurs des observations que je rapporterai plus loin en font foi.

Le nombre des saignées que l’on doit faire , la quantité de sang qu’il faut tirer, seront relatifs à lage , au tempérament*

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à la force du sujet, et bases sur le degré de prédominance des phénomènes congestifs ou phlegmasiques locaux, et sur l’état de la réaction générale.

De petites saignées de huit à dix onces, mais souvent répétées, sont infiniment préférables à des saignées plus abondantes et moins fréquentes. Par ce moyen de produire ou d’entretenir une dérivation plus soutenue, on contre-balance avec plus de succès le mouvement fluxionnaire ou congestif qui tend à perpétuer ou accroître l’engorgement; on ménage aussi bien mieux des forces suffisantes pour que les malades puissent supporter la longueur quelquefois inévitable du traitement, forces qui ne seront pas moins utiles, à une période plus avancée, pour entretenir ou exciter une réaction générale avantageuse. Le moment le plus favorable pour la saignée est quelques jours avant l’époque probable des règles , et plus ou moins immédiatement après.

Avant cette époque , la saignée modère le molimen menstruel, mouvement congestif que nous avons dit être cause, dans la plupart des cas , de l’exacerbation des accidens et des progrès de l’engorgement.

Après cette époque , la saignée détruit la congestion que la fluxion menstruelle a pu laisser subsister dans l’organe malade, et qui ne peut qu’ajouter à l’engorgement, en favoriser les progrès ultérieurs et s’opposer à l’action des autres moyens résolutifs.

Est-il nécessaire de dire que pour rendre la saignée le plus efficacement dérivative possible , elle doit être pratiquée aux bras, préférablement aux pieds? La diminution et même la suppression complète des menstrues n’apportent pas de contreindication à cette règle ; car ce n’est pas parce que le sang ne se porte pas à l’utérus que la menstruation est troublée dans le cas d’engorgement, mais parce que la maladie ôte à l’organe la faculté de se débarrasser de ce fluide. Si la saignée du pied produisait l’effet sur lequel on se fonde pour la préférer (l’appel du sang vers l’utérus) , il est évident qu’en excitant cette fluxion, on n’obtiendrait parce moyen d’autre résultat que d’augmenter l’engorgement. Ces réflexions s’appliquent égale-

ment à l’apposition des sangsues à la vulve ou à l’anus, employée dans les mêmes intentions que la saignée du pied. Estil donc étonnant que ces opérations manquent si souvent le but que l’on se propose de leur emploi , le rétablissement de la menstruation?

Au contraire, et les faits que nous avons déjà rapportés , et ceux que nous citerons par la suite le prouvent, la saignée du bras, pratiquée peu avant l’époque menstruelle, rend lexcrétion sanguine plus facile et plus abondante.

Dans les cas de suppression des règles , alors et depuis aveuglément considérée comme état pathologique essentiel, Pasta ne pratiquait la saignée du pied qu’après deux ou trois saignées du bras. La diminution de la masse du sang a rendu, par ces précautions préalables, la congestion utérine moins à craindre , et la saignée du pied peut , comme l’aurait probablement fait celle du bras réitérée, favoriser la résolution définitive de l’engorgement. C’est de cette manière que Mercatus obtint un succès remarquable de la saignée du pied dans un cas donné comme exemple d’aménorrhée, mais dans lequel on reconnaît tous les signes indiquant d’une manière positive l’existence d’un engorgement de l’utérus. Voici ce fait rapporté par Barthez.

82e OBS. — « Une dame, à la suite d’une répression viole lente d’une hémorragie utérine , souffrait des douleurs hor- « ribles dans les régions lombaire et hypogastrique , qui re- « venaient tous les mois au temps des règles, et duraient en- « viron quinze jours à chaque reprise. Les saignées du bras « et les narcotiques avaient été employés sans succès. (Les k narcotiques, inconsidérément administrés, n’auraient-ils pas « entretenu la congestion utérine et contrarié l’action des sai- « gnées de bras?) Mercatus prescrit la saignée du pied aux « deux retours suivans des- périodes des règles , et dès lors k celles-ci se rétablissent. »

La saignée n’est pas seulement un des meilleurs moyens curatifs des engorgemens utérins , elle peut prévenir leur formation et leur développement ultérieur.

Si l’on pratiquait des saignées peu abondantes, mais répé-

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tées aux approches de l’âge critique, ne pourrait-on pas détourner la tendance aux fluxions utérines désormais anormales, et conséquemment prévenir les engorgemens qui résultent souvent de ces congestions, qui ne trouvent plus dans l’excrétion sanguine , alors empêchée par suite des changemens cjue l’âge opère dans l’organisation de la matrice, un émonctoire naturel , et par-là un moyen spontané de résolution? De petites saignées répétées et juste suffisantes pour ne pas permettre des stases ou fluxions sanguines locales, ne sauraient occasionner un affaiblissement préjudiciable à la santé des femmes, et pourraient prévenir le développement d’altérations redoutables.

Cette précaution prophylactique est surtout indiquée chez les femmes qui, par leur tempérament, leur constitution, par des antécédens particuliers ou par quelques symptômes actuels, paraissent offrir des prédispositions aux engorgemens et autres altérations organiques de la matrice.

2° Ventouses scarifiées. — Les ventouses scarifiées promenées sur les reins, le bas-ventre , même les cuisses, ajoutent à l’effet dérivatif de la saignée quelles opèrent, et peuvent être employées avec avantage dans certains cas et en temps opportun.

5° Sangsues. — On obtient des effets analogues par les sangsues appliquées sur l’hypogastre , les lombes et les reins $ il faut beaucoup de réserve dans leur application aux cuisses , aux aines , aux grandes lèvres ou à l’anus. Il convient alors d’en mettre une quantité suffisante pour obtenir une forte saignée j autrement l’on pourrait manquer le but , en excitant davantage encore la fluxion pelvienne. Le développement ou la propagation de l’inflammation aux annexes de l’utérus , extension qui se dévoile par les douleurs dans les régions iliaque et hypogastrique , la sensibilité et la tension de ces parties, indiquent l’emploi des sangsues sur ces régions. Dans la plupart des cas, les saignées générales sont plus efficaces, ou doivent être préalablement employées.

Sangsues sur le col de V utérus. — J’appellerai particulièrement l’attention des praticiens sur l’application des sangsues au

col de l’utérus , moyen dont j’ai obtenu les plus heureux effets dans les cas d’engorgemens, soit du corps, soit du col de l’organe, et quelquefois alors même que tout faisait présumer leur nature squirreuse , et qu’ils avaient déjà résisté aux traitemens ordinairement indiqués contre cette redoutable affection. La rapidité avec laquelle la résolution s’opère quelquefois est telle, dans certains cas, qu’il faut en avoir été le témoin pour n’être pas tenté d’accuser de prévention ou d’exagération celui qui énoncerait de pareils faits.

Le premier effet de l’application des sangsues au col de l’utérus , effet qui a constamment lieu, quand même la maladie n’est pas de nature à pouvoir guérir, comme dans les cancers confirmés eux-mêmes, c’est de calmer comme par enchantement les douleurs sacro - lombaires , les élancemens, enfin toutes les sensations pénibles qui sont les compagnes ordinaires des altérations légères ou profondes de la matrice.

Le nombre des sangsues doit être proportionné au volume de l’engorgement , au degré de prédominance des symptômes inflammatoires et à l’état général des forces. Je remarquerai cependant que cette saignée directe produit moins de faiblesse, toute proportion gardée, que la saignée générale 5 aussi peut -elle être employée dans des cas où celle-ci pourrait être préjudiciable, comme dans les derniers degrés du cancer, par exemple.

Observons qu’en général les accidens les plus insupportables des affections cancéreuses de l’utérus sont moins le résultat de ces maladies elles-mêmes que de l’inflammation qui peut s’y développer ou qu’elles déterminent dans leurs limites. Ainsi les squirres , comme les masses encéphaloïdes ramollies , ne s’ouvrent pour devenir ulcérés qu’après que l’inflammation s’y est développée, comme le prouvent les phénomènes qui accompagnent ce travail éliminatoire et la nature des matières qui s’échappent. C’est alors surtout que se manifestent ces douleurs atroces qui caractérisent les progrès des cancers , ou quelquefois en décèlent l’existence jusque là inaperçue,* eh bien! dans ces cas , les sangsues appliquées sur la tumeur en tra vail arrêtent l’inflammation , suspendent les douleurs qu elle avait

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occasionnées ou exaspérées , et peuvent ainsi retarder la marche de la maladie, éloigner l’époque fatale de leur funeste terminaison.

Dans les cas d’ulcère cancéreux , il est aussi d’observation que la maladie n’envahit souvent les parties voisines qu’après y avoir développé l’inflammation sous forme de bourrelets, d’engorgemens, dont la couleur rouge et la sensibilité douloureuse attestent la nature inflammatoire. Dans ces cas encore, les sangsues appliquées sur ces parties, arrêtant l’inflammation préparatoire, font cesser par conséquent les douleurs quelle produisait , et peuvent encore suspendre la marche envahissante de l’ulcère.

Ainsi donc les sangsues, appliquées sur le mal lui-même, provoquent sa guérison ou fournissent dans les altérations incurables un des plus puissans palliatifs que l’art possède.

Ce n’est pas seulement quand l’engorgement occupe le col utérin quelles conviennent, elles ne produisent pas de moins bons effets dans les engorgemens de l’utérus lui-même. (Observ. de la deuxième série de faits. )

Les succès inespérés que j’ai obtenus de l’application des sangsues au col utérin dans les engorgemens, non moins que dans les altérations plus profondes et plus avancées de l’utérus, m’autorisent à placer ce moyen en tête de tous ceux qu’on a préconisés contre ces redoutables maladies. La guérison des unes, le soulagement des autres ont été en grande partie dus à ce moyen. Il ne faut pas cependant négliger les autres moyens thérapeutiques , qui en général aident à l'efficacité de celui-ci, ou qui, dans quelques cas, produisent des effets avantageux que l’on n’aurait pu obtenir de la saignée locale.

Toutefois, on ne doit avoir recours à l’application des sangsues sur le col de l’utérus qu’après avoir pratiqué une ou plusieurs saignées générales ou dérivatives , afin de prévenir les congestions consécutives qui rendraient alors l’emploi de ce moyen plus préjudiciable qu’utile. ( Voir ci -après les Observations de la deuxième série de faits.)

Régime ; diète , abstinence , cura famis. — Depuis longtemps on a observé que l’abstinence des alimens avait sur les

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altérations organiques sous forme d’engorgement, et quelle qu'en fût d’ailleurs la nature., une action résolutive remarquable. Aussi quelques médecins ont-ils fait de ce moyen la base essentielle de traitement, ou même le moyen exclusif contre ces maladies. On a donné à ce mode de traitement le nom de cura famis ; nous dirons que dans les cas où on a obtenu de l’usage de la ciguë, de l’aconit et autres médicamens prétendus résolutifs , des succès contre les affections squirreuses et cancéreuses , une grande part peut être revendiquée en faveur du régime sévère, de la diète rigoureuse employés en même temps. Ce qui paraît le prouver, c’est que l’usage exclusif et sans précautions diététiques de ces médicamens héroïques, amène bien rarement des résultats marqués, tandis que sous l’influence de la diète seule et sans le secours d’aucun moyen thérapeutique , on a vu des engorgemens revêtus de tous les caractères du squirre se fondre et se guérir.

En appauvrissant le sang, l’abstinence doit nécessairement suspendre le développement des engorgemens , parce qu’ils ne trouvent plus dans ce fluide de matériaux sufhsans pour leur alimentation , et que d’une autre part il a perdu proportionnellement de ses propriétés stimulantes propres à entretenir l’excitation anormale , principe de l’altération. Jusque là on conçoit que la maladie a pu être rendue stationnaire. Mais comment s'opère la fonte , la résolution subséquente? N’est-ce pas par suite de cette loi organique par laquelle le mouvement de composition étant arrêté , celui de décomposition n’en continue pas moins , quelquefois même avec plus d’activité^ ou par suite de cette autre loi équivalente, que l’action sécrétoire étant suspendue dans un organe ou un tissu , la faculté résorbante se développe ou devient plus active? Les phénomènes que produit l'abstinence viennent confirmer ces assertions. On observe d’abord la diminution, puis la cessation des sécrétions.

L’abstinence est-elle sévère et prolongée , le corps tombe dans l’amaigrissement* il porte d’abord sur le tissu cellulaire ou adipeux, d’où résulte l’amaigrissement proprement dit, et plus tard sur tous les tissus mous, et notamment sur lé

ENGORGEMENS DE IA MATRICE

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