ENGORGEMENS CARTILAGINEUX ET OSSEUX
taient : la thérapeutique n’a guère de prise contre ces altérations qui d’ailleurs ou n’occasionnent aucun symptôme notable, ou n’en produisent que de relatifs à i augmentation du volume et du poids de la matrice, et à la gêne des fonctions que les organes voisins en ressentent.
6°. TUBERCULES DE LUTERUS.
La matrice est parfois le siège de tubercules analogues à ceux qui sont susceptibles de se montrer dans tous les autres organes * ils sont ou ne sont point enkystés et se présentent sous forme de tumeurs sphéroïdales, clu volume d’un grain de sable à celui d’un pois, et qui peuvent acquérir progressivement celui d’un œuf de poule. La substance qui les forme est d’un gris transparent , d’une consistance demi» cartilagineuse , ne contenant aucuns vaisseaux , et offrant souvent une apparence comme rayonnée -
Elle devient à la longue opaque et jaunâtre , puis se ramollit du centre à la circonférence , et se transforme en une matière d’abord caséiforme, et ensuite caillebottée , homogène et comme puriforme , susceptible de résorption, mais le plus souvent rompant la cavité enkystée ou non qui la renferme. Celle-ci se rétrécit, s’efface, se cicatrise alors, ou se change en ulcère.
Ce n’est que lorsque les tubercules prennent cette dernière terminaison que l’on peut soupçonner leur existence dans le tissu de la matrice j jusque là rien ordinairement n’indique leur développement -, leur présence ne paraît pas gêner les fonctions menstruelles de l'organe, ni elle n’occasionne par conséquent aucun trouble général.
L’histoire de cette affection se rapporte donc plus aux ulcérations ou aux affections cancéreuses, dont elles peuvent devenir l’origine, qu’aux engorgemens.
Je citerai un fait qui pourra servir de type à la description de ce genre de maladie.
109e OBS. (i) Tubercules disséminés dans différens organes,
(i) Je ne donne ici qu’un extrait de cette observation, que j’ai publiée en entier dans les Transactions médicales.
366 ENGORGEMENT DE LA MATRICE
notamment dans les organes génitaux , et (jui nont donné aucun signe de leur existence pendant la vie. — Une demoiselle , âgée de quarante ans , meurt subitement dans la matinée du 29 septembre i85o: je l’avais vue un mois auparavant, pour une congestion cérébrale passagère j du reste , la santé de cette personne n’avait jamais offert le plus léger dérangement5 les règles étaient toujours venues très-régulièrement, et elles ne manquèrent qu’à la dernière époque, quinze jours avant l’événement fatal.
Je procédai , en présence de mon estimable confrère, M. le docteur Lambert, à l’ouverture du cadavre, dans l’intention de rechercher la cause d’une mort aussi prompte, et présumant que ce serait dans le cerveau que nous la trouverions. Nos prévisions furent trompées nous trouvâmes ailleurs des altérations profondes , qui 11e s’étaient pas manifestées pendant la vie, telles qu’une hypertrophie commençante du cœur, des tubercules nombreux dans les poumons, des ulcérations dans les intestins, des granulations miliaires sur toute la surface du péritoine, des tubercules mélaniques le long du bord libre des intestins grêles et des gros.
L’utérus était déformé par la présence de tubercules qui en parsemaient les parois 3 ils avaient depuis le volume d’un pois jusqu’à celui d’une aveline. L’un d’eux, gros comme une noix, n’adhérait à l’angle externe de la matrice que par un pédicule étroit, qui paraissait formé par la tunique péritonéale, seul moyen d’union de ce tubercule au tissu utérin. D’autres faisaient une saillie plus ou moins considérable à la surface de cet organe ] quelques uns étaient encore cachés complètement dans l’épaisseur des parois utérines ) il semblait que le tissu de Uutérus devait faire effort pour repousser à la surface ces corps étrangers ; aucun ne faisait saillie dans la cavité utérine , qui était remplie par une matière gommeuse.
Bien que ces tubercules fussent dépourvus de kystes , 011 pouvait facilement les isoler et les détacher du tissu de la matrice , qui du reste était parfaitement sain : ce qui explique l’accomplissement régulier de la menstruation, malgré leur présence.