TUBERCULES
Ces tubercules paraissaient de nature fibro-lardacée, squirroïde, très-durs, d’un blanc légèrement transparent,* tous, depuis les plus volumineux jusqu’aux plus petits, étaient à l’état de crudité.
Les pavillons des trompes offraient une agglomération de tubercules crus , entremêlés de tubercules mélaniques , tous peu volumineux.
L’ovaire gauclie était petit, mais sain.
L’ovaire droit, au contraire, du volume et de la forme d’une grosse noix, mou, fluctuant, présentait une cavité unique, à parois simplement membraneuses, et contenant un liquide puriforme.
On ne prendra pas pour des tubercules naissans , ces petits corps granuleux , ces petites bosselures arrondies que l’on sent quelquefois au pourtour de l’orifice utérin. Enfin , chez les femmes lymphatiques, scrofuleuses, il peut exister des ganglions engorgés et enflammés accessibles au doigt qui refoule le vagin en arrière et sur les côtés , et qui pourraient d’autant plus en imposer pour une affection de l’utérus, qu’ils donnent lieu à quelques symptômes analogues.
On a dit et répété que les tubercules ne siégeaient pas dans le parenchyme de l’utérus , mais à sa surface sous-péritonéale dans le corps, et sous la membrane muqueuse au col, et que ce n’était que par leurs développemens qu’iîs creusaient le parenchyme utérin. L’observation précédente vient détruire cette assertion ; plusieurs des tubercules étaient entièrement cachées dans l’épaisseur des parois utérines; on en voyait d’autres se montrer de plus en plus à la surface externe , y faire saillie et quelques unes seulement n’y plus tenir que par une sorte de pédicule. Cette disposition ne prouvet-elle pas au contraire que les corps primitivement développés dans le tissu de ce viscère , ne se rapprochent de la surface que par les progrès de leur développement ou s’y trouvent portés et comme poussés dehors , à la manière des corps étrangers, par les efforts de la nature? Quoique non enkystés, ils paraissent peu tenir aux parenchymes au milieu desquels ils se trouvent : en incisant les tissus séreux ou muqueux
ou utérin qui les recouvrent et en les comprimant , on les expulse facilement. L’excavation qu'ils laissent ne paraît pas altérée.
Dans quelques cas les bosselures globulaires que ces corps forment au col de l’utérus s’ouvrent spontanément et laissent échapper une matière comme caséeuse 3 d’autres fois les tubercules se ramollissent, excitent une inflammation isolante et expulsive de la partie 3 ils s’ouvrent, suppurent et laissent des excavations ulcéreuses. M. Canon Duvillards en a recueilli un exemple remarquable publié par M. Pauly auquel nous l’empruntons.
110e OBS. Tubercules du col utérin. — = Guérison. Une dame de trente-deux ans éprouvait depuis environ deux ans du trouble dans sa menstruation 3 il y avait souvent du retard. Elle ressentait des douleurs sourdes dans la région lombaire. Bientôt elles furent remplacées par des douleurs vives dans l'utérus , avec écoulement abondant et épais. Cet état s’aggrava sous l’influence d’injections vineuses. M. Carron Duvillards trouva alors le col utérin très-volumineux, et le siège de bosselures isolées, dont plusieurs étaient molles, avec des signes de métrite. Sous l’influence d’un traitement antiphlogistique les accidens se calmèrent , les tubercules^ présumés tombèrent en suppuration et furent remplacés par des ulcérations. Elles se cicatrisèrent assez promptement après quelques cautérisations.
Dans des cas analogues l’art pourrait prévenir ou favoriser les efforts que la nature fait pour expulser ces corps, puisqu’il suffirait d’inciser la surface saillante, et de la comprimer pour exprimer la matière avant quelle n’ait altéré le tissu de l’utérus. L’excavation qui en résulte se remplirait spontanément et plus promptement que si elle avait été ulcérée. Après la chute de ces tubercules la matrice reste ordinairement plus volumineuse 3 sans doute que les efforts du parenchyme de l’organe pour s’en débarrasser sont la cause de ces engorgemens essentiellement hypertrophiques 3 aussi ne doit-il donner aucune inquiétude , à moins qu’il ne reste entretenu par la présence d’autres tubercules plus profondément situés.