TUBERCULES
Il est malheureusement rare que les tubercules soient bornes au col ou à l’utérus seulement. Souvent d’autres organes, et même presque toute l’économie , en sont comme, infestés. On a surtout observé leur coïncidence avec ceux des poumons. Dans ces cas , et même lorsqu’une altération organique quelconque de l’utérus coexiste avec des signes de tubercules pulmonaires , on a conseillé de ne point chercher à guérir celle-là , parce que l’on a pensé que cette guérison pourrait n'être obtenue qu’au détriment de la maladie de poitrine qui marcheiait ensuite plus rapidement. Cest à ce motif que M. Lisfranc a rapporté des insuccès avoués que
l’amputation du col a eus chez cinq de ses opérées J’ai
un fait qui prouvera que ces craintes sont au moins exagérées.
111e OBS. - — Mme Kust , entrepreneuse de dessins de broderie, âgée de trente -deux ans, demeurant cour Batave, était tourmentée par une leucorrhée abondante , depuis sa dernière fausse couche (arrivée à six mois de grossesse), qui datait de quatre ans. Les règles devenaient de moins en moins abondantes. Elle nssentait un sentiment de chaleur brûlante et de do.deurs aiguës dans le bassin. Je constatai un engorgement inégal , mais peu profond, du col , avec ulcération de la lèvre postérieure , s’étendant jusque dans sa cavité. En outre, cette dame avait une toux sèche, des oppressions, des crachats séreux dans la journée, muqueux le matin, isolés et contenant de la matière tuberculeuse, et parfois striés de sang' oppression, alianguissement delà voix. Il y avait une légère matité en avant et en haut du côté droit de la poitrine, avec bruit respiratoire plus obscur que du côté opposé. Cette dame maigrissait beaucoup. Quelques mois auparavant, son frère était venu de Saint- Quentin mourir chez elle d’une phthisie tuberculeuse des mieux caractérisée. Chez notre malade il existait une phthisie à sa première période. Lps moyens généraux qui convenaient à la maladie de poitrine ne différaient pas de ceux nécessaires à l’affection de l’utérus. En outre, je crus devoir combattre directement celle-ci, dans l’intention du moins de diminuer cette perte blanche abondante qui contribuait pour beaucoup
ENGORGEMENS DE LÀ MATRICE
à ëpuiser les forces. Après deux mois de traitemens infructueux, je dus venir à la cautérisation, à laquelle l’ ulcération, persistante jusque-là, ne résista pas. Je me servis du nitrate acide de mercure concentré , et en réitérai six fois Inapplication dans l’espace de cinq à six semaines. Je n’eus plus alors qu’à m’occuper exclusivement de l’affection de poitrine qui avait aussi persisté, mais sans augmentation notable. La belle saison approchait. La malade fut à la campagne dans une exposition favorable (Saint-Mandé, au sud) • je lui avais établi un cautère au bras. En outre, des frictions stibiées entretinrent pendant plusieurs semaines une éruption suppurante sur la poitrine. La malade suivit rigoureusement un régime lacté et végétal. Ces choses se passaient en 1 856. Aux approches de l’hiver, toute inquiétude n’était pas encore passée , bien que l’état de la malade parût des plus satisfaisans. Néanmoins, en tenant fortement la main aux précautions hygiéniques , la mauvaise saison se passa sans accidens $ et depuis la santé n’a pas été un seul instant affectée. Tout symptôme a disparu, et du côté de l’utérus et du côté de la poitrine.
E. Engorgement encéphaloide . — Que la matière cncéphaloïde soit infiltrée dans le tissu de l’utérus, ou, ce qui arrive le plus ordinairement , dans le tissu meme de l’engorgement squirreux, ou quelle soit par masses enkystées ou non , sa présence ne donne lieu à aucun phénomène spécial qui puisse servir à faire reconnaître son existence chez le vivant, à moins que , mise à nu par suite du ramollissement et de l’ ulcération , cette matière ne s’échappe par portions mêle'es aux autres produits parmi lesquels elle se décèle par ses caractères physiques. Ce n’est que par ses altérations successives , qui la font passer du ramollissement à l’état d’ulcère cancéreux , que ce genre de production morbide constitue un état pathologique grave. A l’état de crudité, les engor- -gemens encépbaloïdes se prêtent à toutes les considérations théoriques et pratiques que nous avons détaillées à l’occasion des engorgemens squirreux ; quand ils sont ramollis ou ulcérés, ou, ce qui arrive le plus ordinairement, quand cette
ALTÉRATION ENCÉPHALOÏDE.
substance est attachée aux autres alterations organiques, ils constituent une des formes du cancer dont nous nous occuperons dans un article à part.
F. Altération mélanique . — Ce n’est que pour ordre que nous faisons mention de ce genre d’altération , dont je ne connais pas d’exemple dans l’utérus 3 au reste, les signes spéciaux doivent en être très-obscurs.