ULCÈRES BÉNINS
sang au plus léger contact du doigt. Rien au corps de la matrice. Saignées révulsives, repos, bains et injections émollientes, régime tenu : un mois de ce traitement n’avait amené aucun changement; seulement, par suite de ce repos , la matrice était remontée à sa place ordinaire. Je touchai l’érosion avec le proto-nitrate de mercure, et au bout de six jours la tuméfaction du col avait diminué de moitié. Nouvelle cautérisation , cpie je répétai encore quatre lois sans grands changemens, ce que j’attribuai à ce que je ne touchais que la partie de 1 érosion qui couvrait les lèvres. J’introduisis donc le pinceau imbibé du caustique jusque dans l’intérieur du col, et après trois renouvellemens de la même précaution^ ulcération, écoulement et gonflement avaient entièrement disparu. Deux mois plus tard cette personne vint, éplorée, me dire que son mal reprenait, qu’elle éprouvait à peu près les mêmes douleurs et la même gêne qu’auparavant. Je retrouvai la matrice descendue, mais sans nulle altération ni à cet organe ni à son col. Je la rassurai et conseillai l’usage d’\ine éponge pour soutenir cet organe; an pessaire fut ensuite substitué à l'éponge : depuis, cette personne »a repris ses occupations habituelles et n’a plus rien ressenti.
Moyens généraux. — Toute l’attention des praticiens s'est en général bornée , depuis quelque temps, à l'affection locale. On n’a guère proclamé que les traitemens topiques; tous autres moyens n’ont été conseillés que comme accessoires; et cependant il est évident que beaucoup des ulcérations utérines leucorrhéiques sont occasionnées, ou au moins entretenues par un état général de faiblesse, d’atonie, qui lui-même provient souvent d’un dérangement des fonctions digestives ou d'une affection morbide de leurs organes, comme gastrite, gastro-entérite , etc. Or, il est constant que si on ne détruit pas ces états généraux, ou morbigènes, ou pathologiques, parties traitemens appropriés, les traitemens locaux des ulcérations utérines ou échoueront, ou bien n’auront qu’un succès momentané; on verra bientôt ces ulcérations récidiver. Au contraire, la destruction de ces causes peut suffire, et sans qu’il soit besoin d’applications locales pour faire disparaître
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et guérir radicalement des ulcérations jusque-là récalcitrantes. Nous ayons vu souvent un changement de régime , le séjour de quelques semaines seulement à la campagne , en meme temps que ces moyens hygiéniques rappelaient les fonctions digestives altérées à leur rhythme normal et ramenaient les forces, l’embonpoint et la fraîcheur, faire cesser des leucorrhées opiniâtres, et disparaître les ex ulcéra lions qui en étaient la source.
114e OBS. ~~ Mme C***, âgée de trente-trois ans, nerveuse, irritable , et cependant d’un caractère et d’un laisser-aller nonchalant, d’une constitution autrefois replète, actuellement maigre, molle et atomique, exposée à prendre toutes les affections catarrhales épidémiques , était en proie, dès avant l’établissement des règles, à une leucorrhée. Elle a eu deux enfans d’une constitution lymphatique. Après son dernier accouchement, qui date de quatre ans , la leucorrhée devint plus abondante; de là datent ses dyspepsies, ses douleurs gastriques , son affaiblissement général et son amaigrissement. Elle fut traitée et s’est traitée elle-même à plusieurs reprises sans succès. Consulté à mon tour , je constatai un écoulement leucorrhéique très-abondant, avec pâleur du vagin, légère intumescence du col utérin , dont tout l’orifice portait une érosion d’un rouge vif, se dessinant au milieu de la teinte à peine rosée du voisinage. L’érosion paraissait s’étendre jusque dans la cavité du coi, d’où s’écoulait en bavant et par moment, comme en nappe , un mucus filant. Je prescrivis un régime tonique , des bains alcalins , quelques amers et des injections, d’abord émollientes, puis avec une décoction d’une demi-once d’écorce de chêne par pinte d’eau. L’écoulement diminuait, mais il redoublait bientôt.. L’exulcération ne bougeait pas. Je promenai légèrement à sa surface un pinceau imbibé de nitrate acide de mercure, que je fis pénétrer aussi dans l’intérieur du col : pas de changemens. Enfin j’appris que la malade, d un appétit irrégulier, se livrant à tous les caprices de son goût , suivait un régime des plus désordonnés. Malgré mes avis, elle restait séquestrée dans sa chambre, ses digestions étaient mauvaises , et il y
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avait fréquemment du dévoiement. Je me prononçai pour lors sévèrement sur la nécessité de suivre rigoureusement les règles hygiéniques conseillées , je suspendis les applications caustiques, et au bout d’un mois nous avions obtenu une amélioration à laquelle nous n’avions pu parvenir auparavant. Deux mois de campagne firent ensuite disparaître toute trace de la maladie. De retour à Paris , la malade revint à ses anciennes habitudes , qui ramenèrent les memes conséquences et exigèrent les .mêmes moyens. Je la soumis en outre à l’usage des eaux de Spa , et lui fis prendre fréquemment des bains sulfureux. Depuis un an la guérison paraît assurée.
B. Ulcères bénins. — Le col de l’utérus présente aussi de véritables ulcères , gagnant en profondeur autant ou plus qu’en largeur. Il paraîtrait , d'après les observations que nous avons recueillies, que ces ulcérations sont moins susceptibles que les simples érosions de donner lieu à des écoulemens abondans. Ils se divulguent plutôt par un sentiment d’ardeur brûlante , de corrodation , une sensibilité plus excpiise au contact coïtai. Ils se présentent au toucher sous la sensation d’une dépression, ou plutôt d’une échancrure plus ou moins profonde en un point de la circonférence de l’orifice utérin; leur caractère bénin se trouve confirmé par l’absence de tout précédent particulier, et leur facile guérison s’opère sous l’influence des précautions hygiéniques et des moyens thérapeutiques généraux et locaux semblables à ceux qui suffisent pour les cas de simples érosions.
Ainsi les remarques diagnostiques et pratiques faites relativement aux simples érosions sont généralement applicables aux ulcères bénins : les indications sont les mêmes , ainsi que les moyens propres à les remplir.
115e OBS. Ulcère simple , entretenu par le coït , guéri par le repos et les bains. — Je ne fus témoin de ce fait que pour constater l’exisÊence d’une ulcération à la commissure gauche du museau de tanche, et sa guérison complète cinq mois après.
C’était la femme d’un ciseleur que gavais aidée dans un accouchement laborieux trois ans auparavant. Elle avait des douleurs insupportables , sans être ai guëes, qu'elle ressen-
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tait au bas des reins, et qui augmentaient quand son mari l’approchait ou quand elle marchait beaucoup.
Je trouvai par le toucher le col de l'utérus un peu plus épais à gauche qu’à droite; la commissure du même côté s’élargissait, paraissait échancrée, et cette excavation insolite semblait avoir de trois à quatre lignes de diamètre. L’exploration fut très-douloureuse; les injections, les bains furent employés, mais on négligea la chose essentielle, l’abstinence du coït. La persévérance des accidens , et surtout l’inquiétude qu’avait occasionnée le mot d’ulcération que j’avais prononcé et que la malade regardait comme synonyme de cancer, l’engagea à entrer à l’hôpital de la Pitié, ayant entendu dire que I on guérissait là , par une opération , la cruelle maladie dont elle se croyait attarpiée ; elle y resta deux mois , n’y prit que quelques bains et fut renvoyée chez elle. Ce fut un mois après que, donnant des soins à un enfant de son voisinage, je la vis, et que je pus m’assurer qu’elle était guérie. Je trouvai à la place où avait existé l’ulcère une dépression blanchâtre , stigmate de la cicatrisation. Le repos et l’abstinence conjugale auront sans doute contribué pour beaucoup à favoriser cette guérison.
116e OBS. Ulcère du col utérin guéri par V usage topique de la créosote. — Une servante, âgée de quarante-sept ans, d’une constitution cachectique , irrégulièrement et plus abondamment menstruée qu’auparavant , depuis deux ans quelle était accouchée, entra à l’hôpital Sainte-Catherine le 1 8 janvier i854, après une perte continuelle de quinze jours, qui l’avait beaucoup épuisée. Le sang prit peu à peu une couleur louche et une odeur fétide : l’écoulement diminua momentanément d’abondance et d’odeur à la suite d’injections d’un gros de chaux dans une livre d’eau. L’examen des voies génitales lit voir que la lèvre antérieure du col utérin était tout-à-fait détruite par une ulcération , et douloureuse au toucher; la postérieure était intacte; la muqueuse vaginale était très-rouge. (Injections d’eau créosotée , deux gouttes par once d’eau distillée.) Jùécoulement perdit son odeur, diminua, disparut, et au bout de quelques semaines, on
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trouva le vagin plus rétréci , l’ulcère complètement cicatrisé et la rougeur du vagin disparue. ( Gazette médic. , i855, pag. 520.)
Il in’a semblé que ces ulcères, plus ou moins profonds et destructeurs, se guérissaient en général bien plus facilement que les érosions. Souvent on ne peut obtenir la cicatrisation de celles-ci qu’après plusieurs mois de traitemens réitérés, tandis qu’en quelques semaines de soins on voit le plus ordinairement les premiers se guérir.
C. Quelquefois les ulcérations se montrent sous la forme de jîssurcs plus ou moins profondes , occupant surtout les sillons résultant de ruptures obstétricales du col ; dans ce cas , la coexistence de ces ulcérations avec les mamelons qu’elles séparent, donnent à l’affection les apparences d'un squirre ulcéré. ( Voyez les observations relatives aux engorgemens durs pour le traitement de ces espèces d’ulcérations, qui par elles-mêmes ne réclament aucuns moyens particuliers , mais qui ne doivent pas moins attirer l’attention du praticien.)
Remarques générales sur les érosions et les ulcérations simples et idiopathiques de l'utérus. — La liste seule serait Ion gue, et l’exposé trop fastidieux de tous les cas d érosions simples et d’ulcères bénins que j’ai eu roccasion d’observer depuis la publication de la première édition de cet ouvrage , cas dans lesquels les plus nombreux ont facilement cédé, les uns au traitement antiphlogistique ordinaire, les autres à des injections toniques, astringentes, ou à des applications simplement modificatrices , et dont quelques uns seulement ont exigé l’usage du caustique. Mais j’ai plusieurs fois été témoin des inconvéniens et des dangers qu'a entraînés l’abus de ce dernier moyen. Je pourrais rapporter, entre autres, le fait dune jeune dame chez laquelle on avait constaté une leucorrhée entretenue par une érosion superficielle de l une des lèvres clu museau de tanche. Un guérisseur, consulté ensuite, effraya la malade sur les conséquences de cette affection, lui appliqua le caustique, tous les jours pendant près de deux mois . Il voulait continuer... mais la malade s’y refusa; le col était plus d’à moitié détruit par
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suite de cette manœuvre.,.; vingt-cinq jours de repos et de moyens caïmans suffirent pour amener la cicatrisation.
Une autre victime fut moins lieureuse : la cautérisation avait détruit entièrement le col utérin , pénétré jusque dans le corps de cet organe , corrodé la cloison recto-vaginale, déformé la paroi antérieure du vagin et du canal de F urètre , de manière à rendre l’excrétion des urines extrêmement difficile et pénible. Lorsque j’avais été consulté, il n’existait qu’une ulcération superficielle avec engorgement consécutif du col utérin. Un an à peine s’était passé, et cette malheureuse femme était réduite au dernier degré de marasme , par suite des souffrances inouïes , résultant d’un traitement barbare et des graves infirmités qui en étaient résultées , et qui trois mois plus tard amenèrent la fin tant désirée de ce triste drame.
Relativement à la thérapeutique^ et principalement à l’application clés caustiques aux ulcérations simples de l’utérus, nous déduirons des faits et considérations qui précèdent les préceptes suivans :
i°. Le plus grand nombre des ulcérations idiopathiques du col de l’utérus , ou même de sa cavité , soit qu’elles se présentent sous forme d’ulcère plus ou moins profond , soit qu’elles ne consistent qu’en des érosions superficielles, la plupart de ces affections, disje, oti guérissent d’elles-mêmes et sous la seule influence de précautions hygiéniques , des in jections adoucissantes et calmantes, ou cèdent enfin aux injections astringentes ou toniques.
2,0. La cautérisation n’est essentiellement indiquée , a. que lorsque les moyens qui précèdent ont complètement échoué; et alors encore l’application du caustique ne doit-elle être faite que superficiellement et de manière à agir moins comme moyen destructeur que comme modificateur. Employés avec cette réserve , les caustiques n’ont pas les inconvéniens qu’on leur a reprochés , et on peut en obtenir des résultats très-heureux et très-prompts; b. dans les ulcères idiopathiques bénins , qui se cicatrisent difficilement, cette résistance paraît tenir à des causes variées, et surtout dans les érosions, à la turgescence du corps réticulaire, formant une sorte d’exubérance molle , qu’il
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suffit de réprimer 3 de détruire par le caustique pour voir ensuite l’ulcération céder, c. D’autres fois la surface ulcérée paraît s’être comme organisée en membrane pseudo-muqueuse accidentelle , et dans ces cas encore, on n’obtient la cicatrisation qu’aux dépens de la destruction de cette membrane ou épithélium. La cautérisation doit être ici très-superficielle , en raison du peu d’épaisseur de cet épithélium , tandis que , dans le premier cas, c’est-à-dire lorsque la surface de l’érosion est comme boursouflée, tomenteuse, mollasse et saignante, il importe de détruire, par une escarrification plus profonde, cette espèce d’exubérance , ainsi qu’on est obligé de le faire dans les plaies ou ulcères extérieurs qui se recouvrent de bourgeons vasculo-celluleux trop exubérans.
5°. Dans tous les cas , on ne doit avoir recours à la cautérisation que s’il n’y a pas de signes d’irritation ou de phlegmasie locale trop aigus, états que l’on chercherait d’abord à détruire. On l’évitera aussi chez les femmes d’une impressionnabilité exquise.
4°. Si, après un certain nombre de cautérisations, l’ulcération ne tend pas à la guérison, il faut arrêter l’opération. Il n’est pas rare de voir alors la cicatrisation s’opérer spontanément quelques jours après cette suspension. On la suspendra à plus forte raison quand, au lieu de se déterger, de se rétrécir et de se combler , l’ulcère s’agrandit ou prend un aspect peu favorable. Dans ces cas, il est probable que l’affection tient à une cause étrangère qu’il faut rechercher et combattre.
5°. Quand il y a coexistence d’ulcération et d’engorgement, les moyens dirigés contre celui-ci suffisent ordinairement pour amener, avec la résolution, la cicatrisation de l’ulcération ( V. les Obs. g5, 97, 104, 107)$ dans les cas contraires, on en vient, mais subséquemment, à la cautérisation ( V . les Obs . 1 4 , 1 5 ) .
6°. Cependant il est des cas où l’engorgement est constitué par une sorte de fluxion consécutive à l’ulcération, boursouflement atonique déterminé ou entretenu par celle-ci • alors la cautérisation, mais superficielle ou modificatrice, amène la résolution de Lun avec la cicatrisation de l’autre.
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7°. Le repos absolu n’est indispensable, dans le traitement des érosions et ulcères de l’utérus , que lorsqu’il existe des signes de vive irritation ou coexistence d’engorgemens phlegmasiques ou de déplacemens de l’utérus; dans le plus grand nombre de cas d’érosions et d’ulcérations bénignes, le repos ne serait pas seulement inutile, il pourrait être très-désavantageux , et même dangereux.
Art. II. Ulcérations herpétiques ou dartreuses .
Il est probable que les ulcérations du col utérin dues à un vice dartreux commencent par une sorte d’éruption vésiculeuse , à laquelle succèdent de petites exulcérations plus ou moins multipliées, présentant de l’analogie avec les aphtbes de la bouche. On a pu quelquefois surprendre l’affection dans cet état qui faisait paraître le col utérin plus tuméfié, plus coloré que dans l’état normal, comme pointillé de taches ou détoiles d’un rouge vif ou violacé, et exsudant un mucus plus ou moins abondant.
117e OBS. — La femme d’un ancien militaire, âgée de trentequatre ans, voulait se débarrasser d'une leucorrhée qui la fatiguait beaucoup. De nombreux moyens rationnels ou empiriques avaient été tour à tour employés. Quelques uns avaient paru efficaces, mais ce n’avait été que momentanément; l’affection récidivait bientôt. Le toucher ne me fit rien découvrir qu’un peu de tuméfaction du col , sans augmentation notable de consistance, sans douleurs ni sensibilité â la pression. A l’aide du spéculum , je trouvai cette partie parsemée de points rouges, assez semblables à des piqûres de puces, discrètes à la circonférence du col , confluentes en approchant de l’orifice. Il suintait de là un fluide séro-muqueux incolore assez abondant. Ayant pressé la malade de questions, elle me dit enfin avoir porté pendant long-temps une dartre miliaire à la partie interne et supérieure des cuisses, et notamment de la gauche, qui n’avait eu d’autres inconvéniens que de lui occasionner de la démangeaison, principalement quand elle était échauffée par la marche; depuis deux ans, elle n’avait plus ressenti cette affection , qui avait disparu sans quelle s'en aperçût, et
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quelle ne se rappelait maintenant que parce je la mettais sur la voie. Je pensai dès lors que l’espèce d’éruption dont le col utérin était couvert pouvait bien provenir de la rétrocession de cette dartre , d’autant plus que ce n’était que depuis sa disparition que la leucorrhée était devenue bien plus abondante qu’auparavant. Après quelques purgations, j’eus recours aux préparations de soufre administrées à l’intérieur (soufre doré d'antimoine), en injections (eau de Barrège) et en bains. En meme temps j’appliquai aux cuisses quelques vésicatoires volans , que je remplaçai ensuite par l’établissement d’un cautère à demeure au bras gauche. L’éruption utérine guérit, et la leucorrhée fut réduite au point de n’être plus fatigante.
1 1 8e OBS. - — J’eus ensuite l’occasion de voir une autre dame qui était affectée de leucorrhée, de prurit interne , et qui présentait cette remarquable disposition du col utérin. Elle avait à plusieurs reprises et pendant long-temps porté un érythème dartreux à la partie interne et supérieure des cuisses , et c’était depuis la disparition de cette maladie cutanée que la leucorrhée avait paru. Après quelques jours d’un traitement antiphlogistique préparatoire , la malade fut mise à l’usage des eaux sulfureuses en boissons , en bains et en injections j un vésicatoire fut établi à chaque cuisse , là où existaient autrefois les dartres. L’utérus revint bientôt à son état naturel.
Une fois établies , ces ulcérations offrent la plus parfaite analogie de forme et d’aspect avec les ulcérations simples, et surtout avec les exulcérations relatées dans l’article précédent.
Souvent ces ulcères dartreux n’existent pas seulement au col utérin : le vagin , et surtout à son entrée, et le méat urinaire sont parsemés d’aphthes vifs , disparaissant et revenant facilement. Souvent aussi alors se montrent concurremment des pustules équivoques ou évidemment dartreuses à la figure ou dans d’autres parties du corps. Ce sont là de précieux indices pour le diagnostic. Dans tous ces cas , la cicatrisation des érosions du coi, qui cependant sont superficielles, est très-difficile à obtenir, malgré l’emploi le mieux raisonné