‹ Maladies de la matriceChapitre 5 sur 86 · DES ALT. GRG. DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

DES ALT. GRG. DE L’UTÉRUS

expansibilité , et par les contractions douloureuses développées pour l'expulsion du produit de la conception.

L’accouchement à terme, surtout s’il a été laborieux , devient une source nouvelle et abondante de lésions aigues et le plus souvent chroniques de la matrice.

C’est principalement sur le col de l’organe qu’agissent les causes de ces lésions; aussi est-ce cette partie que l’on trouve le plus fréquemment malade à la suite des couches. Ainsi les pressions qu'elle éprouve entre la tête de l’enfant et le rebord du détroit supérieur, la brusque dilatation de son orifice dans un travail trop rapide ou par des manœuvres imprudentes, tels que l’introduction peu ménagée de la main pour opérer la version de l'enfant, ou l’application des instrumens, produisent la contusion , la dilacération , la déchirure des bords de cet orifice. Pour le corps de l’organe, l'application violente des parois utérines sur le corps de l’enfant , par suite de contractions énergiques, quand surtout les eaux de i’amnios ont été prématurément expulsées , les frottcmens violens résultant de la version , les tractions exercées sur le placenta avant son entier décollement, les manœuvres employées pour aller chercher ce corps avec la main , le détacher et l’extraire ; les moyens mécaniques et médicamenteux employés pour rappeler les contractions de l’organe tombé dans l’inertie , et arrêter les pertes, soit externes, soit internes, etc., etc., sont autant de causes susceptibles d'irriter la matrice et de provoquer des congestions , des phlegmasies ou des engorgemens , soit dans la totalité, soit dans une partie plus ou moins limitée de ce viscère.

Vient ensuite la persévérance de la fluxion humorale et vitale qu’avait nécessitée le développement du produit de la conception. Ce mouvement congestif, représentant à un très-haut degré le molimen menstruel, peut comme lui , et bien plus facilement encore, être troublé par des causes semblables, d’où résultent des effets pathologiques analogues, mais plus intenses. Et en effet, tout ce qui est susceptible de suspendre l'écoulement des lochies, sans arrêter le mou vement fluxionnaire qui en fournit les matériaux, devient cause d’en gorge me ns

on ig THE et causes

congestif ou plilegmasique de l’utérus , soit aigus , soit chroniques. Tels sont : l’impression du froid , le frisson des fièvres intermittentes, les émotions morales, vives ou profondes, expansives ou concentrées. Dans tous les cas , l’accouchement , même le plus heureux, laisse à sa suite un engorgement utérin que dissipe la montée dérivative du lait , ou qui se résout ordinairement dans les neuf jours qui suivent la délivrance; quelquefois, et surtout si la matrice a été fatiguée , cet engorgement ne disparaît qu’à la longue. Or, si avant que cette résolution soit bien complète, la femme se lève , se fatigue, se livre aux approches conjugales , se refroidit ou s'expose à l’action de quelqu’une des causes ci-dessus mentionnées, il reste un noyau d’engorgement qui peut augmenter graduellement et devenir tôt ou tard l’origine ou le centre d’altérations plus graves.

A mesure que la femme avance en âge et dépasse l’époque que la nature a assignée à la vie reproductive , le tissu de la matrice tend à revenir à un état analogue à celui qu’il présentait avant la puberté. 11 se resserre et devient de moins en moins perméable. En même temps le mouvement menstruel qui formait de cet organe un centre d’activité vitale et de fluxion sanguine, décroît de jour en jour, jusqu’à cessation complète, qui arrive le plus ordinairement de quarante à quarante-six ans. Malheureusement cette marche physiologique n’est pas générale. Chez un certain nombre de femmes , la fluxion humorale continue à se faire sans mesure comme sans périodicité. Si alors le parenchyme utérin a perdu son ressort, il laisse échapper le sang à mesure qu’il afflue dans ses vaisseaux, ou après que son tissu en a été gorgé; de là ces hémorragies sans engorgement, mais le plus ordinairement avec engorgement de l’utérus , qui , par leur abondance ou leur répétition, menacent la femme d’une mort plus ou moins prochaine. Quand, au contraire, l’activité vitale de l’organe utérin est augmentée, avec congestion humorale modérée et lente, il en résulte des 'engorgemens qui présentent les caractères de phlegmasie chronique avec induration, des exubérances sous forme de polypes, de végétations. Enfin , c'est

DES ALT. OuG, DE l’üTÉÎUJS,

principalement à celte époque de la vie que, par suite d\me modification particulière dans l’organisation , se développent dans l’utérus ces substances anormales , ces tissus sans analogues dans l’économie, ces productions squirreuses , cérébriformeSj mélaniques, etc., qui par elles-mêmes ou par des transformations subséquentes, constituent ces graves et profonds désordres organiques que l’on désigne sous le nom collectif de cancer.

Les dangers que toutes ces dispositions pathologiques font courir à la femme au retour de l’âge , ont valu à cette époque désastreuse le nom bien mérité de critique.

Toutefois , c’est à tort que l’on fait peser sur l’âge de retour toute la responsabilité des maladies qu’il présente; il faut reconnaître qu’un grand nombre des altérations regardées comme le résultat de la cessation des menstrues ont pris naissance à une époque antérieure • le retour d’âge a seulement pour effet d’imprimer à ces affections une marche pins active et de changer leur forme, ou de hâter les transformations successives dont elles sont susceptibles.

D’après des renseignemens très exacts pris auprès d’une quarantaine de femmes âgées de quarante à cinquante ans , et qui étaient affectées de maladies cancéreuses de l’utérus, nous lTen avons trouvé que cinq chez lesquelles l’origine du mal paraissait récente ou résulter plus ou moins immédiatement de l’époque critique ^ chez trente-trois autres, les menstrues avaient présenté des irrégularités depuis la dernière couche , ou après un avortement , ou par suite de Faction de l’une des causes que nous avons vues propres h les troubler chez les filles ; et cette circonstance de dysménorrhée , jointe à une infécondité consécutive et à divers symptômes développés du coté du bassin , indiquait suffisamment une affection quelconque de l’utérus, qui avait succédé immédiatement à l’accouchement, ou à l’avortement, ou A l’accident ; enfin , dans deux cas, l’origine de la maladie paraissait remonter jusqu'à l’époque de la puberté. Ces deux faits méritent d’être cités.

6e OBS. — Le premier fait est relatif à une fille dont les règles , dès leur première apparition, avaient été dérangées

ORIGINE ET CAUSES

par suite d’imprudences. Depuis, elles avaient toujours été irrégulières, peu abondantes, accompagnées de coliques utérines , précédées et suivies de leucorrhée. Sa santé était constamment altérée ; cette fille ne voulut pas se marier. A vingthuit ans , suppression complète des règles. Lorsque je vis cette malade, elle entrait dans sa quarante-deuxième année • elle était alors réduite au dernier degré de marasme et d’étisie, par suite d’un énorme engorgement squirreux et déjà ulcéré de l’utérus j cet organe formait dans l’hypogastre une tumeur mamelonnée , étendue surtout transversalement , d’une fosse iliaque à l'autre. La malade succomba peu de jours après ma première visite.

7e OBS. — Cette observation a pour sujet une femme qui fut mariée à vingt-deux ans, par les conseils des médecins, dans l’intention de guérir une dysménorrhée (probablement symptomatique), accompagnée d’hystérie, qui avait résisté à toute espèce de traitement. Les règles ne devinrent ni plus faciles ni plus abondantes après le mariage ; les accès d’hystérie s’usèrent à la longue. Cette femme n’eut point d’enfans. Dès l’âge de trente-quatre ans , elle fut tourmentée par des douleurs lancinantes et brûlantes dans le bas-ventre et les reins; à trente-huit ans, elle fut obligée de garder le lit, et à quarante-un ans , elle succomba à un épuisement complet occasionné par la violence et la continuité des douleurs , et par un écoulement abondant, qui , dans les derniers mois, était d’une odeur infecte , indices certains de l’existence d’un ulcère cancéreux.

On pourrait donc établir , en thèse générale , que l’âge critique n’est orageux cpie pour les femmes qui arrivent à cette époque avec une affection de l’utérus existant déjà, et développée depuis un temps plus ou moins long , affection qui jusque là simple dans sa nature, lente dans ses progrès , a reçu avec le temps la forme cancéreuse , en prend la marche rapide, et, d'innocente quelle était, acquiert le plus haut degré de gravité.

Lorsque l'époque critique s’est passée sans accidens , ou que ceux qui s’étaient alors manifestés ont cédé soit au temps ,

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