‹ Maladies de la matriceChapitre 6 sur 86 · DES ALT. QRG. DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

DES ALT. QRG. DE L’UTÉRUS

soit aux remèdes appropriés , la constitution de la femme semble se rapprocher de celle de l’homme } elle en acquiert les privilèges de force organique , de résistance vitale et de conservation ; l’utérus est complètement revenu à son état primitif d’inertie : aussi la femme ne se trouve-t-elle plus alors exposée à d’autres maladies qu’à celles qui lui sont communes avec l'autre sexe. Sauf quelques rares exceptions, les altérations organiques elles-mêmes sont soumises à cette règle générale, et elles n’affectent pas plus souvent l’utérus que les autres organes.

Généralement aussi les altérations organiques qui se développent dans l'utérus des femmes âgées, ou qui , nées à une époque plus ou moins antérieure , n’ont pas reçu du retour d’âge une impulsion dangereuse , ont une marche lente ; et , malgré les désordres organiques , souvent considérables, qui les constituent, elles n’exercent aucune action notable sur la santé générale. L’utérus , en cessant ses fonctions, a en même temps perdu l’influence qu’il exerçait sur toute l’économie, et les maladies qui l’affectent restent invariablement circonscrites dans leurs effets à l’organe qui en est le siège.

8e 0B8. — 11 existait en 1 8 1 5 , à l’hôpital Saint-Antoine , une femme âgée de quatre-vingt-trois ans, ayant le bassin, les régions hypogastrique et iliaque remplies par une tumeur dure , inégale , qui, par sa présence, gênait, sans le suspendre complètement, le cours des urines et des matières stercorales. Le coJ de la matrice, rapproché delà vulve, était inégal, anfractueux, ulcéré, à bords carcinomateux , et laissait suinter une sérosité roussâtre d’une odeur fade et fétide. Cette femme me dit qu’il y avait plus de quarante-cinq ans quelle était affectée d’une descente de matrice , et quelle n’en souffrait pas autrement que par le sentiment de pesanteur quelle en éprouvait sur le siège, et quelques élancemens parfois très-vifs. La malade avait toujours conservé un excellent appétit, et la graisse abondante qui surchargeait le tissu cellulaire prouvait que la santé générale n’avait pas été bien profondément altérée. On l’avait amenée à l’hôpital pour une hémiplégie gau-

ORIGINE ET CAUSES

clic. Elle mourut au bout de quinze jours, apres avoir présenté tous les signes d’un épanchement célébrai.

Ouverture cadavérique. — Je rapporterai seulement ici l’état dans lequel je trouvai la matrice. Cet organe formait une tumeur inégale, du volume de la tête d’un enfant à tenue, aplatie d’avant en arrière, ce qui explique la presque

liberté laissée aux excrétions urinaires et stercorales ; les ligamens larges étaient effacés , les trompes et les ovaires étaient confondus dans la tumeur; celle-ci présentait deux bosses principales , latérales , séparées parmi sillon, comme si deux tumeurs eussent été accolées rime à l’autre; la gauche était plus volumineuse que la droite. Le col utérin , entièrement effacé , était largement ouvert par une ulcération anfractueuse à surface inégale et recouvert par une couche de matières pultacées d’un gris verdâtre.

La substance de cette tumeur criait sous le scalpel; elle était très-dure, compacte, partout homogène, d’un blanc grisâtre; en un mot, d’un aspect tenant du squirre ou du cartilage. Entre les sommets des deux bosses , à la partie correspondante au fond de l’utérus , on distinguait encore le tissu non altéré de cet organe; la cavité peu profonde qui existait au centre de la tumeur se confondait avec l’ulcération du col.

Quand a commencé cette altération squirreuse? La descente de la matrice était-elle cause , effet ou simple coïncidence ? Quoi qu’il en soit , il est remarquable que , malgré le développement énorme de la matrice, la nature squirreuse de son altération et l’ulcère qui la corrodait profondément, la santé n’a pas été notablement troublée, la vie s’est prolongée jusqu’à un âge avancé, et que ce n’est point parcelle maladie que la mort a été occasionnée.

f}e OBS. — Je donne en ce moment des soins â une respectable dame de soixante-dix-huit ans , affectée d’un asthme symptomatique d’une maladie du cœur. Une anasarque générale, avec infiltration des parois abdominales, simulant une ascite , a cédé, il y a deux mots, à l'usage de Ecx trait de racine de caïnça, En explorant l'abdomen après la disparition cio

DES ALT. QRG, DE l’üTÉRUS.

l’oedème, je sentis., dans la région iliaque droite 5 une tumeur qui me parut dépendre de l’ovaire • elle plongeait dans le bassin, et se confondait avec une autre tumeur mamelonnée. Quelques jours plus tard, le cours des urines étant suspendu depuis près de douze heures, j’en pris occasion pour toucher la malade, sous prétexte de m’assurer s’il n’y avait pas rétention d'urine. La sonde ne donna issue qu’à une petite quantité d’urine rouge et épaisse ÿ mais ce qui m’intéressa le plus, ce fut de trouver le col de l’utérus un peu plus bas que de coutume , du volume du poing , et offrant des mamelons séparés par des sillons profonds et convergens vers une ouverture centrale , dilatée et remplie d’une mucosité trèsépaisse. En imprimant des mouvemens à cette tumeur, celle de la fosse iliaque droite en éprouvait d’analogues. Il y avait donc engorgement de l’utérus et de l’ovaire , et ces deux organes se trouvaient confondus ensemble.

Cette dame avait eu six enfans ; son époque critique s’était passée sans accident, et jamais aucun symptôme ne lui avait fait croire qu'elle eût une maladie quelconque de l’utérus ; elle n’avait été incommodée que par son asthme , qui avait P1’ is naissance avant qu’elle eût atteint sa quarantième année.

Dans cette esquisse rapide des causes des affections de l’utérus, il n’a été question que de celles résultant des âges et des différentes circonstances physiologiques qu’ils amènent. A ces conditions d’âge se joignent certaines conditions organiques prédisposantes, provenant de la constitution, du tempérament, et surtout celles transmises par voie d’hérédité.

On observe des affections utérines chez les femmes de tous les tempéramens, de toutes les constitutions* les modifications générales n’exercent en particulier leur influence que sur la nature meme des affections utérines. Ainsi les congestions simples ou hémorragiques, les métrites aigues ou chroniques, les polypes, les engorgemens fibreux , les altérations encéphaloides et les cancers mous ou sanguins sont principalement affectes aux constitutions fortes, aux tempéramens sanguins * aux tempéramens lymphatiques , aux constitutions lâches et molles appartiennent principalement tes catarrhes utérins.

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