‹ Maladies de la matriceChapitre 52 sur 86 · ULCÈRES CH AK CREUX ET SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

ULCÈRES CH AK CREUX ET SYPHILITIQUES

parle. Comme le mercure exaspère ordinairement cette fâcheuse maladie , on hésita d'abord à en proposer l'administration j enfin, bien persuadé de l’origine du mal , Cullerier se décida à procéder au traitement ; ce qu’il fit au moyen de décoctions sudorifiques très-concentrées, unies à une faible quantité de deuto-chlorure de mercure; en moins de deux mois, le col de l’utérus revint à son volume naturel; les ulcères se cicatrisèrent , et tous les symptômes de cette cruelle maladie se dissipèrent. »

122e QHS . — • Ulcéré syphilitique du col de la matrice, simulant un cancer , guéri par des frictions aqueuses de deutochlorure de mercure ; par M. Meirieu. (Nouvelle Bibliothèque médicale , année 1825 , tome III, page 69.) — - Une dame de vingt-cinq ans , grande , bien constituée , d’un tempérament utérin, devint enceinte pour la première fois dans le mois de juin 1820. Peu de temps après, son mari lui communiqua une blennorrhagie qui, d’abord négligée entièrement, fut très-intense ; les parties externes de la génération s’enflammèrent , et il y survint de petits ulcères. Alors seulement , 011 s’avisa d’avoir recours à des remèdes. Les tisanes mucilagineuses et la liqueur de Van-Swieten furent mises en usage, interrompues bientôt après à cause des douleur que cette dernière occasionnait, et reprises ensuite pour être encore discontinuées et reprises. Sous l’influence de ce traitement mal dirigé, la maladie s’amenda un peu. À l’époque des couches, tout traitement fut mis de côté; l’accouchement se fit facilement, et les petits ulcères cpii étaient aux parties externes de la génération disparurent ( 1 ). L’écoulement blennorrhagique changea de nature après les couches ; il devint plus épais, glaireux et moins abondant qu’auparavant.

Le ier juillet 1821, cette dame avait beaucoup maigri, mais son teint n’avait guère perdu de son éclat : elle se plaignait de douleurs dans le bas-ventre, les reins et la partie interne des cuisses, principalement de là gauche; la nuit elle ressentait des douleurs insupportables dans les membres;

(t) L’enfant fut mis en. nourrice.

ULCÉRATIONS DE LA MATRICE

l’estomac faisait mal ses fonctions depuis le traitement dont il a été question 3 il rejetait souvent les alimens; il était le siège de douleurs parfois insupportables. Les règles, par leur irrégularité, pouvaient être considérées comme de petites pertes. Par le toucher , je trouvai le vagin très-chaud , le col delà matrice à sa place ordinaire, mou , gros, très-sensible, ulcéré du côté gauche ; le fond de l’ulcère était granuleux ; les douleurs que je causais avec mon doigt se propageaient aux lombes et à la partie interne de la cuisse gauche. J’examinai ensuite cette partie avec le spéculum utérin; le col , dans sa partie saine, avait sa couleur naturelle; à sa partie latérale gauche existait un ulcère de la largeur d’une pièce de un franc. Son fond était jaune, inégal, et les granulations que l’on y remarquait semblaient être recouvertes par une membrane lisse, les bords de l’ulcère étaient un peu élevés, rouges; un cercle d’un rouge moins vif s’étendait sur la partie saine. L’aspect de cet ulcère , les douleurs des lombes et des cuisses, etc. , tendaient à me faire penser, comme plusieurs médecins que la malade avait consultés avant moi, cpie j’avais affaire à un cancer du col de la matrice. Mais les douleurs ostéocopes et les circonstances que j’ai rapportées en commençant, ramenaient mes idées vers l’existence du virus syphilitique. L’irritation de l’estomac ne me permettant pas de donner la liqueur de Van-Swieten, je proposai les frictions avec la pommade mercurielle : mais la malade s’y refusa, disant qu elle ne consentirait jamais à faire usage du mercure, parce qu’elle savait que sa maladie était incurable. Je n’insistai pas; mais, sans la prévenir, j’imaginai déporter le sublimé corrosif dans l’économie, par la peau, au moyen de frictions faites avec une solution aqueuse de ce sel. Comme ces frictions n’ont rien de dégoûtant , je persuadai facilement à la malade de les faire sur les jambes, afin de calmer les douleurs. Elle y consentit, et je fis employer chaque jour un grain de sublimé, dissous dans trois gros d’eau distillée. Quinze jours après , les douleursostéocopes étaient calmées : je fis continuer en augmentant de temps en temps la dose de sel , et je parvins à la porter à deux grains par jour.

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