ULCÈRES CHANCREUX ET SYPHILITIQUES
« Après un mois de ce traitement , la cuisse et la jambe du coté gauche enflaient considérablement le soir; je fis discontinuer les frictions pendant quinze jours et les fis reprendre ensuite, quoique l’enflure de la cuisse et de la jambe gauches continuât à se montrer chaque soir. Après trois mois et demi de ce traitement , l’enflure des jambes et les douleurs de toute nature avaient complètement disparu; l’écoulement qui se faisait par la vulve , et l’ulcère de la matrice , étaient diminués de beaucoup. Six mois après , c’est-à-dire en avril 1822 , j’examinai la malade, et je trouvai l’ulcère presque entièrement cicatrisé , quoique la continence que j’avais prescrite n’eût pas été observée. Enfin aujourd’hui , deux ans après le commencement du traitement, cette dame est parfaitement guérie d’une maladie que quelques médecins avaient jugée incurable. »
On peut rapprocher de ces Observations celles que j’ai recueillies et consignées sous les nos 97, 98, 99. A ces exemples j’en ajouterai un nouveau , non moins remarquable :
123e OBS. Engorgement ulcéré du col de l'utérus de nature syphilitique , offrant toutes les apparences d’un cancer ulcéré ; guérison sans V influence des mer curiaux . — Mme M. , âgée de quarante-trois à quarante-quatre ans , mère d’une nombreuse famille , et remarquable par la force cle sa constitution et par une santé jusque là inaltérable, ressentit des chaleurs, puis des douleurs profondes et ensuite vives vers le fond des organes génitaux ; elles s’exagéraient par les approches vénériennes. Une leucorrhée modérée s’était en même temps établie, et bientôt un prurit continuel aux parties externes de la génération détermina l’orgasme vénérien , et réveilla des désirs que la malade chercha à satisfaire. Elle s’abandonna avec excès à la masturbation; mais voyant enfin sa santé s’altérer profondément , et ayant été témoin de la mort d’une de ses amies qui, frappée d’un cancer utérin, avait commencé par éprouver les mêmes symptômes quelle ressentait , elle suspendit ses mauvaises habitudes, et consulta M. ledocteur Trou..., Il confirma ses craintes , mais promit de la guérir en quelques semaines, Après trois mois de traitement infruo
ULCÉRATIONS DE LÀ MATRICE
tueux, Mme M. me consulta : je trouvai le col utérin tuméfié, inégal, très -dur, et creusé à son centre par une ulcération à bords anfractueux , à couleur grisâtre , et fournissant un liquide sanieux , fétide, mêlé de quelques petits caillots de sang noir. Le col de l’utérus paraissait augmenté de volume 3 le vagin était sain , mais les petites lèvres étaient parsemées de plaques rouges et de petits boutons; les grandes lèvres paraissaient comme chagrinées : c’était là que la malade rapportait ses démangeaisons. Elle était très-amaigrie, avait le teint pâle et jaunâtre, les yeux ternes, etc. Je pensai que son affection utérine consistait en un cancer ulcéré; on lui avait parlé de cautérisation , et elle désirait que j'employasse ce moyen. Je crus nécessaire de calmer les symptômes d’irritation et d’inflammation avant d’arriver à ce moyen , que je regardais du reste comme insuffisant dans ce cas. Je ne revis la malade qu’un mois plus tard : elle avait été consulter M. le professeur Marjolin , qui avait approuvé mes prescriptions, et conseillé en outre la cautérisation immédiatement. Je fus frappé de voir la figure, et surtout le front, marqués de plaques, de pustules , de boutons rouges qui s’étaient développés depuis peu de temps, et qui me parurent présenter les caractères de syphilides. En faisant concorder ces symptômes avec des aveux que j’obtins de la malade , je pensai que l’affection de l’utérus pourrait avoir une meme origine, et je mis en conséquence en usage un traitement approprié. ( Pilules d’un, huitième de grain de proto-iodure de mercure uni à l’extrait de ciguë 3 une le matin et le soir, en augmentant d’une tous les cinq jours. Tisane de salsepareille ; injections d’eau de guimauve, à chaque chopine de laquelle on ajoute une cuillerée d’une solution de deuto -chlorure de mercure contenant quatre grains de cette substance.') Vingt jours après, je ne trouvai plus qu’un peu d’engorgement du col, l’ulcération était comblée presqua fleur de tissu, et considérablement rétrécie. Deux mois 11e s’étaient pas passés qu’il ne restait plus de traces d’altération locale; mais à cette époque les pustules cutanées, qui avaient aussi d’abord presque entièrement disparu, avaient augmenté de nombre , et s’étaient répandues sur