CANCER SANGUIN
les signes commémoratifs indiquant que les hémorragies ne se sont montrées incessantes que depuis peu, bien que l’affection ait long-temps à l’avance manifesté son existence, de plus la forme ordinairement inégale, irrégulière, bosselée de l'engorgement , l’extrême dureté de la circonférence de ces bosselures j à ces signes on distinguera le squirre ramolli brun du cancer sanguin proprement dit.
Le prognostic du cancer sanguin est bien plus grave que celui de l’hypersarcose cancéreuse. L’altération, dans le premier cas , a plus de tendance à gagner en profondeur vers le corps de la matrice , tandis que dans l’exubérance le contraire a lieu j c’est par une sorte d’expansion que progresse l’altération , laissant intactes les parties d’où elle s’élève. Cette différence , de peu de valeur sous le rapport médical, en a beaucoup pour le traitement chirurgical. On peut compter sur le succès de la destruction dans l’hypersarcose qui repose sur un organe dont le tissu est sain ou n'est altéré que superficiellement. En supposant que l’on ne puisse détruire complètement toute l’altération , on enlève au moins avec le champignon la source principale des pertes sanguines, que l’on sait hâter de beaucoup le terme fatal de toute altération organiques. L’opération par la ligature ou la cautérisation peut ici être employée avec avantage comme moyen palliatif, sinon curatif. Ces opérations seraient plus nuisibles qu’utiles dans les cas de cancer mou, qui affecte le tissu utérin lui-même , et à une profondeur inappréciable.
On trouvera une preuve de ce que j’avance dans le fait suivant, que m’a communiqué M. le docteur Hervez de Chegoing.
126e OBS. — Une femme était affectée de pertes abondantes $ on reconnut quelles étaient fournies par l’altération du col de l’utérus, qui formait dans le vagin un champignon du volume de la moitié du poing. L'amputation fut reconnue le seul moyen de guérison possible. « J’arrivai jusc< qu’au col de l’utérus ) il fut difficile de savoir si toute la « partie malade avait été exactement enlevée. Les pertes « cessèrent néanmoins, niais pour quelque temps seule-
c< ment : elles reparurent avec le retour du champignon ; k la mort eut lieu au bout de deux mois et demi. »
Il arrive que parvenu à ce degré avancé, ou par suite d’une coïncidence particulière , les parties qui supportent l’engorgement sanguin sont affectées d’inflammation chronique ou d’état squirreux : on trouve alors un col utérin gonflé , spongieux , sanglant , crépitant et facile à déchirer , surmonté d’un engorgement dur, s’étendant plus ou moins profondément dans les parois de l’utérus, ou envahissant ce viscère dans sa presque totalité. C’est alors seulement que l’altération qui nous occupe, par elle-même indolente, devient le siège des douleurs lancinantes propres au cancer squirreux.
Les indications palliatives que présente le cancer mou sont très-bornées, ou assez difficiles à remplir. La principale est de modérer, si on ne peut les empêcher, les écoulemens abondans ou les pertes qui épuisent rapidement les forces de la malade , et précipitent son existence vers le terme fatal.
Si la femme est jeune encore, quelle conserve de ta force ; si le mouvement fluxionnaire vers l’utérus paraît encore actif , quelques saignées dérivatives , mais employées avec circonspection et mesure, pourront être utiles avant d’en venir aux médications astringentes. Celles-ci seront employées par les voies intérieures , ou localement par le moyen des injections , ou par application immédiate. Ainsi, on porterait sur le col utérin affecté des bourdonnets de charpie couverts de poudre styptique, ou imbibés de liquides astringens ou coagulans , etc.
Il nous semble que la cautérisation doit être préférable à l’instrument tranchant pour opérer la destruction de ce genre de tumeur cancéreuse; on devrait, dans tous les cas, y avoir recours pour couronner 1 opération. L’inflammation, plus active et plus étendue , que ta cautérisation provoque , changerait la manière d’être des parties altérées échappées à l'instrument. Il serait ensuite bien plus facile de se rendre maître des accidens qui pourraient résulter de cette inflammation j que de ceux résultant d’un reste d’aité**