‹ Maladies de la matriceChapitre 60 sur 86 · CANCER SQUIRREUX OU TUBÉREUX · texte numérisé non relu

CANCER SQUIRREUX OU TUBÉREUX

ration cancéreuse j qui ne peut manquer d’amener des récicli ves funestes. Nous soumettons ces réflexions à l’attention des chirurgiens.

Le cancer mou ou sanguin présente encore d’autres caractères spéciaux. Succédant aux congestions , suites de couches, c’est principalement cette espèce qui s’observe chez les femmes jeunes encore. Sa marche est alors ordinairement rapide , tant à cause de la plus grande vitalité générale en rapport avec ces âges , que pour les hémorragies incessantes et exténuantes qui la signalent, et par la facile désorganisation des tissus ramollis et macérés par le sang qui les imprègne.

Il est bien remarquable que c’est aussi cette espèce de cancer qui se développe chez les femmes âgées. Plusieurs années, quelquefois quinze à vingt ans après la cessation normale des règles, le sang reparaît, d’abord en petite quantité ou sous forme de perte subite. On doit en général se méfier de ces retours inattendus. Ils sont souvent le prélude de graves affections, qui viennent jeter la perturbation dans les santés jusqu’alors les plus fermes, et développer des accidens dont la marche, en général rapide, amène promptement la mort. On voit en effet se dérouler bientôt toute cette série de symptômes , se montrer cette succession d’altérations locales que nous avons signalées comme caractéristiques des engorgemens congestifs hémorragiques. D’abord leur marche peut être plus ou moins rapide * mais quand arrive la troisième période, qui constitue notre cancer mou ou sanguin , l’abondance et la continuité des pertes d’un sang noir diffluent ou en caillots, entraînant de la matière encéplialoïcle, jettent les malades dans un état de faiblesse promptement mortel. Les hospices de la vieillesse-femmes fournissent de communs exemples de ce genre de cancer. Nous avons remarqué que contrairement à celui qui se montre chez les jeunes sujets, et qui chez elles affecte primitivement de * préférence le col utérin, c’est par le corps de la matrice qu’il commence chez les vieilles femmes. Au début, on trouve le col souple, mou, à parois minces, son orifice dilaté et dilatable au point de permettre l’introduction du doigt et sa pé-

nétration facile jusqua l’orifice interne. Là on peut déjà sentir le tissu plus profond de l’utérus , mou , crépitant , ainsi que nous nous en sommes plusieurs fois assuré, et récemment encore chez une dame âgée de soixante-cinq ans , qui avait cessé d’étre réglée à quarante-sept ans , et qui depuis n’avait rien éprouvé du côté des organes génitaux. Le prognostic de ce genre de cancer chez les femmes âgées est d’une gravité désespérante.

C’est à cette espèce que paraît surtout devoir s’appliquer la distinction d’un caiïcer aigu , indiquée par quelques auteurs.

Les détails relatifs au mode de production et de développement, et au traitement particulier de ce genre de cancer, font partie de l’histoire des engorgemens congestifs hémorragiques, dont il est le dernier degré. ( Voyez page 180, et les Obs. 71, page 207, et 72 , page 209. )

troisième genre. — Cancer squirreux de V utérus. — ~ Cancer

tubéreux.

Dans les premières périodes du développement du squirre de l’utérus , l’engorgement ou la tumeur qui en résulte ne diffère souvent en lien des mêmes formes morbides produites par l’inflammation chronique ou l’induration , comme nous l’avons démontré en traitant des engorgemens durs. Cependant , lorsque le squirre est primitif et non la suite des progrès et des dégénérescences successives de ces altérations bénignes , il offre une marche et des allures qui lui sont propres , et qui" servent à éclairer son diagnostic particulier. Ainsi, tandis que la métrite chronique, l’induration ou le squirre consécutif forment en général, de prime abord, des engorgemens plus ou moins volumineux , et envahissant tout d’abord une portion plus ou moins considérable de l’utérus , comme une des lèvres du col , le col en entier , une moitié ou la totalité du corps de la matrice , le squirre primitif débute au contraire ordinairement par un point très-limité, formant une sorte de petit pois dur, et déjà le siège d’élancemens caractéristiques 5 il augmente plus ou moins rapidement de volume, perd en grossissant sa forme

C À INC ER ENCÉPHÀLOÏDE.

globulaire, et présente une surface inégale, bosselée. Mais parvenu à ce point , on 11e pourra plus que difficilement le distinguer des autres engorgemens durs cpie nous avons vus susceptibles d’avoir des signes analogues ; il faudra nécessairement , pour bien préciser le diagnostic , ou avoir suivi le développement de l’engos gement depuis son origine , ou tenir compte des signes commémoratifs 3 au reste, l’erreur ne saurait être préjudiciable, puisque le traitement doit, dans tous les cas, reposer sur les mêmes bases. Quelquefois aussi le squirre proprement dit ou primitif de l’utérus ne donne des signes de son existence que quand il est parvenu à un certain degré de développement, ou s’il reste à l’état de dureté native ou de crudité, il peut netre divulgué qu’à l’autopsie cadavérique: mais le plus ordinairement l’existence du cancer squirreux n’est plus douteuse lorsque l'affection est avancée, que le squirre soit primitif ou consécutif ; l’adjonction qui se fait communément de la matière cérébriforme par masse ou infiltration , le ramollissement central et les transformations variées que ces altérations éprouvent, et dont la plupart sont produites ou favorisées par un travail inflammatoire intestin , donnent à l’engorgement un autre aspect et lui impriment des caractères particuliers.

Caractères locaux. — Engorgement généralement dur, inégal , avec déformation de la partie qui en est le siège, présentant des bosselures, dont les unes sont dures, d’autres plus ou moins molles 3 douleurs lancinantes , écoulement vaginal variable , le plus souvent nul , quelquefois leucorrhéique ou sous forme hémorragique , dernier phénomène qui n’a lieu que quand l’altération n’affecte qu une partie de Futérusj de plus , tous les symptômes ou accidens dépendant du poids, du volume de la tumeur, comme dans les engorgemens durs simples.

Dans quelques cas, soit par suite d’une congestion sanguine concomitante, ou par l’infiltration du sang résultant de l’altération et du détritus des vaisseaux sanguins qui pénètrent le tissu morbide, le squirre prend un autre aspect , marqué par la couleur brunâtre de la tumeur et l’exsudation d’un sang noir

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