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AFFECTIONS CANCÉREUSES UE IA MATRICE

de sa surface, comme dans le cancer qui est le résultat d’engorgement sanguin primitif. Cette analogie explique comment on a généralement confondu entre elles ces différentes espèces d’engorgemens cancéreux; méprise qui, du reste, ne tire plus alors à conséquence. La profondeur de l’altération des tissus imprime également à ces différens états un caractère d’incurabilité par les traitemens médicaux, et ils ne laissent d’espoir de salut que dans les moyens chirurgicaux.

La marche du cancer squirreux , en général lente , tant que l’altération reste à l’état de crudité, est plus rapide dès que le ramollissement s’établit. L’inflammation vient souvent par ses complications la rendre plus active; c’est elle qui d’ordinaire développe ou fait ressortir les accidens les plus violens , comme les douleurs , etc.; c’est par son moyen que les pousses traçantes de la masse générale s’approprient les tissus voisins, ou envahissent meme les organes cpii ne sont que contigus, après avoir établi des adhérences entre les parties saines et celles déjà altérées. Les glandes lymphatiques qui se trouvent sur le trajet des vaisseaux de meme espèce qui viennent de l’organe malade, prennent aussi part à l’altération phlegmasique d’abord , puis squirreuse. Peut-être ce mode de propagation est-il, dans quelques cas , la cause de ces engorgemens tuberculeux qui , répandus successivement dans différens points de Péeonomie, constituent ce que l’on a appelé la diathèse cancéreuse.

Quoi qu’il en soit , le cancer squirreux avancé entraîne des troubles funestes dans l’économie, troubles marqués par l’amaigrissement, Pinfîltration du tissu cellulaire: la peau prend une couleur jaune paille caractéristique , etc. ; les malades meurent enfin d’épuisement et de douleurs.

Je n’ai rien à ajouter, pour le traitement médical du cancer squirreux de l’utérus, à ce que j’ai dit sur celui des engorgemens durs; les bases en sont les mêmes et reposent aussi sur ces trois indications : i° de détourner de l’organe affecté les matériaux qui concourent à l’entretien et au développement de l’altération , qu’ils lui soient assimilés par un acte de nutrition ou seulement par sécrétions. Ainsi agissent, avons-

cancer encéphaloïde;

nous dit, les saignées générales et locales , la diète portée jus» qu’à une abstinence plus ou moins sévère [cura Jamis) , etc. ; 20 de modérer ou d’abattre la sur-activité vitale qui préside à l’existence de l’altération, par les médications relâchantes, émollientes, adoucissantes, calmantes, sédatives ou stupéfiantes; 5° de favoriser la résorption des matériaux ou élé» mens organiques, soit en détruisant leur cohésion , soit en agissant sur leur composition chimique, ou en excitant la faculté absorbante du tissu cpii leur sert de trame ou qui les renferme.

C’est parmi les agens que l’on a cru reconnaître propres à exercer ces dernières actions que se trouvent les différens moyens donnés comme spécifiques ou méclicamens spéciaux

antisquirreux : nous avons fait connaître et leur mode d’action et les règles que l'on doit suivre dans leur administration; nous n’y reviendrons pas ici. Toutefois nous devons dire que comme on ne peut le plus souvent espérer cl autres résultats du traitement des engorgemenS utérins parvenus à ce degré d’altération, que des effets palliatifs, il serait inutile d’épuiser et de fatiguer la malade par une application trop rigoureuse des moyens qui le composent. Quant au traitement chirurgical, nous reviendrons sur les règles et l’application qui conviennent particulièrement à ces formes de cancers utérins.

quatrième genre. — Cancer encéphaloïde .

L/altération cérébriforme , ou matière encéphaloïde , se présente rarement seule, ou forme peu souvent la base essentielle des engorgemens cancéreux de l’utérus. Tant quelle est à l’état cru , aucun signe bien précis ne saurait en divulguer l’existence. Au reste, la présence de cette matière, qu’elle soit infiltrée ou réunie en masse dans les engorgemens squirreux, accélère le ramollissement, l’abcédation et l’exulcération de la tumeur cancéreuse, et la fait ainsi passer plus rapidement de l’état d’engorgement simple en apparence , à l’état de cancer confirmé.

L’observatioa si remarquable que nous avons empruntée

CANCER DE IA MATRICE

à M. le docteur Hourmann est un exemple de ce genre de cancer dans toute sa simplicité.

Toutes les altérations cartilagineuse , osseuse, squirreuse, sanguine^ cérébriforme , etc., dont il a été question jusqu’ici , peuvent se trouver réunies clans le même utérus à des épanchemens et des infiltrations de fluide de nature diverse , de sang , de pus , de la sérosité, des matières gommeuses, etc. , et constituent une affection cancéreuse compliquée , cpie l’on rencontre communément à des périodes avancées de cette terrible maladie.

cinquième genre. — Squirre rampant.

J’avais observé des cancers utérins qui, à une époque avancée de leur développement , s'accompagnaient de rétrécissement du vagin produit par répaississement et l’induration de ses parois sous forme de bourrelets, d’élevures allongées, de brides squirreuses. Je les attribuais, avec les auteurs qui ont indiqué cette disposition , à l'extension de l’altération cancéreuse du col utérin , laquelle , dans ses progrès , envahissait le vagin, et venait apparaître jusqu’aux parties externes de la génération.

J’ai pu en effet suivre cette marche dans plusieurs cas. Mais depuis , quelques faits observés dès les prémices de leur existence m’ont fait voir qu'une marche contraire pouvait avoir lieu. C’est par le vagin que l’altération commençait. Elle se manifestait par des élevures allongées, inégales , irrégulières , indurées, bornées d’abord à un point assez limité du conduit vaginal , l’envahissant progressivement , et en déterminant le rétrécissement. Je ne saurais mieux comparer cette altération qu’à celle que l’on a observée sur la peau , et qui consiste en des élevures allongées blanchâtres ou rosées, et offrant l’aspect de cicatrices plus ou moins récentes de brûlures , ou de plaies dont la cicatrisation ne se serait opérée que par-dessus le développement surabondant de bourgeons celluleux.

Pour les voies sexuelles , cette altération 11e reste pas bornée au vagin ) elle paraît avoir plus de tendance à s’étendre en

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