XXXIV
Fis. 314. — XII D.
?Si'^^ -^#^ "'■ \y
Fiiï. 315. — II L.
Fi-. 316. — III L.
.•^ -^ . {il
FiL'. 317. — IV L.
ces fibres longent tout .rabord le col de la corne postérieure en «e dirigeant un peu obliquement darrière en avant et de bas en haut Elles se placent contre le bord interne de la corne postérieure au niveau de la substance gélatineuse et de la partie la plus postérieure de la substance spongieuse. Un certain nombre de fibres pénètrent
y tu-'
Fi- 319. — irs.
ce la !:■ racine dorsale. .Vu niveau de VI D, Vil D VIII D I-, .1 " '•
de la bandelette externe à droite. ^ ' ''•''^'^'"^•''escence
dans la substance spongieuse de la corne postérieure où elles se groupent en petits faisceaux verticaux (Nageotte),quisépuisentrapi dément : ce sont les fibres courtes de Singer et Miinzer
Dansl'étageradiculaire sus-jacent, les fibres qui n'ont pas pénétré dans la corne postérieure sont refouléesen dedans par les fibres de la racine correspondante ; en même temps elles se dirii^^ent en avant et en arrière. Plusieurs s'en séparent pour gagner le col de la corne postérieure et ensuite la corne antérieure, ce sont les collatérales réflexes ; d autres se terminent dans la colonne de Clarke racines dorsales), soit au même niveau, soit sur des plans plus élevés • ce sont lesr>bres moyennes. Elles proviennent surtout du tiers antérieur
et (lu tiers moyen du groupement radiculaire, c'est-à-dire d'une zone qui se superpose assez exactement ù la région de la bandelette externe.
Les fibres les plus postérieures représentent vraisemblablement, pour la plupart, \es fibres /on^aes qui constituent leur trajet ascendant en se dirigeant toujours de plus en plus en dedans et aboutissent au noyau du cordon de Goll (fibres longues des racines sacrées, lombaires et dorsales inférieures) ou au noyau du cordon de Burdach (fibres longues des racines dorsales supérieures et cervicales). Un assez grand nombre s'épuisent cependant dans le cordon de Goll et de Burdach et ne remontent pas jusqu'aux noyaux. Nageotte s'appuie même sur l'absence de dégénération du cordon de Goll à la région cervicale, lorsque la sclérose ne dépasse pas les limites de la bandelette externe, au niveau de la région lombo-sacrée, pour admettre que les fibres longues des racines lombaires et sacrées occupent dès leur entrée dans la moelle les champs postéro-externes. Le fait ne saurail être définitivement démontré par l'anatomie pathologique du tabès, parce que dans cette alïection le mode de dégénération n'est pas du tout comparable à celui de la dégénération wallérienne.
D'après ce qui précède et par comparaison on peut conclure que la bandelette externe contient sûrement les fibres moyennes des racines postérieures ; lorsqu'elle se rapproche du bord interne de la corne postérieure, elle comprend aussi les fibres courtes. Et de l'ail ces deux systèmes de fibres, et principalement le premier, sont habituellement dégénérés dans le tabès incipiens.
Par contre, les fibres longues restent intactes, puisque, pour ne donner qu'un exemple, le cordon de Goll ne dégénère pas dans le tabès incipiens dorso-Iombaire lorsque la sclérose ne déborde pas la l)andelette externe (Nageotte). On ne peut tirer de ce fait que deux déductions : ou bien les fibres longues ne passent pas par la bandelette externe, ou bien elles passent par la bandelette externe, mais elles sont épargnées. Dans une hypothèse comme dans l'autre, la systematisalion de la lésion initiale du tabès saule aux yeux ; elle ne frappe pas inditlV-remment toutes les fibres des racines postérieures.
La systématisation des dégénérescences dans le tabès incipiens a été rapprochée par Flechsigde la systematisalion de la myélinisation dans les cordons postérieurs pendant la vie fœtale. Les époques dilTérentes auxquelles se myélinisent les fibres des cordons postérieurs ont permis à cet auteur de distinguer quatre zones i lig. '.i'20 à 3'2."ji.
a. La zone qui se myélinise la première est la zone radiculaire anti'rieure (V) ; elle s'appuie sur la commissure postérieure et le bord interne de la corne postérieure sur toute sa longueur ; elle contient, d'après Flechsig, des fibres radiculaires, mais aussi des fibres d'une autre provenance. Elle se cou fond avec la zone marginale de Westphal.
Dans sa partie antérieure (zone cornu-commissurale), elle se compose surtout de fibres endogènes, cl dans sa partie postérieure de fibres exogènes (zone cornu-radiculaire).
Fig. 320 à 3":r>. — Coupes de moelle (daprès Flechsig;).
A gauche, coupes de la moelle d'un fœtus long de 33 centimètres ^(.\c haut en bas, r(5<;ion cervicale, dorsale, lomljaire'. A droite coupes de la nn)clle dans un cas de tahes incipiens (de haut en bas, réj,''ion cervicale, dorsale, lombaire), (^'oy. les indications dans le texte, pages 62S à 630.)
/>. Aprèselle vient, par ordre deniyélinisation, une zone quiest interposée au septum médian et au cordon de (loll à la région cervicale et dorsale supérieure, mais que Ton ne peut séparer de la zone radi-
culaire moyenne dans le reste de la moelle. C'est la zone médiane de Flechsig (s).
En même temps que la zone médiane, se myéliniseen partie la zone radiculaire moyenne (m), comprise entre la zone radiculaire antérieure et la zone radiculaire postérieure. Comme son nom l'indique, la zone radiculaire moyenne est surtout formée de fibres exogènes.
c. Le reste de la zone radiculaire moyenne se myélinise en même temps que le cordon de Goll (G) à la région dorsale supérieure et cervicale, et que la zone radiculaire postérieure médiane [h li'j composée, elle aussi, de fibres radiculaires.
d. La zone radiculaire postérieure latérale (qui n'est autre que la zone de Lissauer) ne se myélinise que vers la fin de la vie foetale.
Si, avec Flechsig, on compare cette division des cordons postérieurs, basée sur la myélinisation, à la topographie des lésions du tabès incipiens, on remarque que la dégénérescence débute dans la zone radiculaire moyenne et dans la zone médiane de Flechsig. D'après cet auteur, la région la première atteinte après la zone radiculaire moyenne serait la zone radiculaire postérieure et latérale, autrement dit la zone de Lissauer.
Les lésions du tabès incipiens correspondent donc assez exactement à la topographie de la zone radiculaire moyenne : c'est pourquoi on emploie indilTéremment les expressions handeleile externe de Pierret et zone radiculaire moyenne de Flechsig, pour indiquer le siège de la lésion initiale du tabès.
Pour Nageotte, au contraire, la dégénération de la zone de Lissauer serait tardive et n'atteindrait jamais l'intensité de la sclérose des zones radiculaires; pour lui, la zone de Lissauer est une zone endogène et sa dégénérescence serait une dégénérescence tertiaire rentrant dans le groupe des lésions des fibres endogènes, secondaires aux destructions radiculaires.
Dans un cas, Rabinski et Nageotteont observé une systématisation inverse de celle du tabès normal; les champs postéro-externes ou zones radiculaires postérieures sont plus atteints que les bandelettes externes: le centre ovale de Flechsig, qui contient des fibres longues des racines sacrées, et le cordon de (îoll présentent des lésions de môme intensité que les champs postéro-externes; mais les collatérales réflexes et les faisceaux verticaux de la corne postérieure sont relativement conservés.
7'abes avancé. — Dans le tabès avancé, c'est-à-dire celui qui a franchi la première étape, celle de la bandelette externe, ou encoie celle de la zone radiculaire moyenne, la dégénération s'étend non seulement en largeur, mais encore en hauteur, parce que les fibres longues participent à leur tour au processus dégénératif.
L'interprétation des coupes, à chaque étage médullaire, est beaucoup plus délicate que dans les cas de tabès incipiens, puisqu'il faut
tenir compte à la fois des lésions initiales au niveau môme que l'on examine, et des'dégénérescences des fibres qui viennent d'un autre
étage. De sorte ([ue sur toute coupe il faut faire une pari : 1' à la dégénéralion de la zone radiculaire moyenne; "2" à la dégéneralion delà zone radiculaire postérieure: 3° à la dégéneralion des fihres longues (\m viennent des étages sous-jaccnls ; les deux dernières appartenant senh^s au tabès avancé.
DEJERINE ETTHOMAS.- MALADIES DKLAMOELLEÉPINIÈRE.
pi„ 32S. — VIII C et I D.
Fis. 329. — III D*
Fiff. 330. - VIII D.
ZQ"
Fiff. 3.V2. — XII D.
^'^'coF
Fis. 333. — m L.
cor Vi'. 334. — V L.
Fig. 335. — IV S.
Figf. 326 à 335. — Coupes transversales d'une moelle tabétique (tabès <^ évolution lente). Coloration par la méthode de Weigert-Pal. — be, bandelette externe; cC, colonne de Clarke; cS, cordon de Burdacli; cG, cordon de Goll; col\ centre ovale de Flechsif^-; cp, corne i)ostérieure: /"//, faisceau de Iloclie; /G/', tiianglc de Gombauit et Pliilippc; zcc, zone cornu-commissuralc; :L, zone de Lissauei-; s/j, zone de pénétration des racines. Dégénération partielle des cordons postérieurs dans les zones exogènes et principalement au niveau de la bandelette externe, de la zone de pénétration, et de la zone de Lissauer dans les régions lombaire et dorsale. Intégrité des mêmes zones k la région cervicale où le faisceau de Goll est jiresque exclusivement dégénéré. Sur toute la hauteur de la moelle, les zones dites endogènes (zones mixtes en réalité! paraissent respecté(?s
La zone de pénéli-ation des racines poslérieares (\u'i occupe l'angle postéro-exlerne des cordons postérieurs est en cuire plus ou moins complètement dég'énén'o.
Fii-T. 336. — YII C.
Fin-. 337. — VII D.
L'intensité des dégénérations est d'ailleurs varial)ie selon les cas, suivant les étages, — car le labes peut être au déluit dans certains segments et l)eaucoup plus avancé à d'autres. — Les dégt'uéralions
(zone CDriiii-cuiiiniissuralf, l'aisceau de Hoche, centre ovale de Flechsi;.;. tiianij^Ie de Goinl)ault et Piiilippe . Disparition des collatérales rértexes el du réseau des colonnes de C.larke. L'atrophie ties racines i)oslérieui'es est plus marquée k i;auche, et de ce même coté les lésions médidlaires sont plus accentuées.
ne sont pas toujours et forcément symétriques dans les deux cordons postérieurs.
Le cordon de (loll est dégénéré à la région cervicale parce qu'il contient les fibres longues des régions lombaires et sacrées. Quand la région sacrée est plus malade que la région lombaire, le cordon de
l-'ii;-. 338.