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ARTICLE IX

PRODUCTIONS MORBSDES DANS LA MOELLE ÉPINiÈRE ET DANS SES iVIEMBRANES.

Pour compléter l'histoire pathologique des altérations du tissu propre à la moelle épinière, nous devons décrire les productions accidentelles qui peuvent s'y développer, et comme ces productions commencent à se former ordinairement dans les enveloppes rachidiennes, il est nécessaire de ne pas séparer ces études l'une de l'autre, et même d'exposer d'abord les altérations des enveloppes méningiennes qui consistent, soit en des transformations de tissu, soit en des productions nouvelles et sans analogie avec l'état sain Nous allons adopter encore pour cette exposition l'ordre suivi par Olivier, d'Angers.

DES PLAQUES CARTILAGIIVELSES DE LARACHNOIDE RACHIDIENNE.

Ces plaques cartilagineuses dans les membranes de la moelle sont les productions accidentelles les plus fréquentes • elles se présentent ordinairement sous l'apparence de petites lamelles d'un blanc brillant, de forme irrégulière, de quelques lignes de diamètre et d'une épaisseur variable ; on les rencontre dans le feuillet de l'arachnoïde qui revêt la pie-mère

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de la moelle, du côté de sa face postérieure ; elles sont plus rares dans le feuillet qui recouvre la duremère ; il y en a plus rarement encore dans la région cervicale. Ces productions cartilagineuses se développent primitivement à la face externe de l'arachnoïde et probablement dans le tissu sous-séreux et très-vasculaire qui correspond a la pie-mère : les aspérités que l'on sent à leur surface semblent indiquer que la déposition des molécules cartilagineuses s'opère décote. Elles sont flexibles sous les doigts; perdent leur couleur nacrée par la dessiccation; elles se dissolvent à l'ébullition ; elles se racornissent par l'action des acides nitrique ou sulfurique. Ces différents caractères sont bien ceux du tissu cartilagineux.

Ces plaques sont assez fréquentes chez les épileptiques et surtout chez les vieillards. On peut présumer qu'elles sont surtout le produit des progrès de l'âge ; elles peuvent dépendre aussi d'anciennes irritations. M. Andral a vu la surface de la duremère rachidienne parsemée, à sa face postérieure, de plusieurs petits corps d'un blanc iiacré, arrondis, delà grosseur d'un pois, qui étaient composés, les uns de fibres distinctes, comme pelotonnées, ressemblant a une sorte de végétation du tissu de la dure-mère, et les autres ayant l'aspect du cartilage.

Il est encore impossible, dans l'état actuel de la science, de dire si ces concrétions sont des produits réellement morbides et déterminent des accidents particuliers

DES OSSIFICATIONS ACCIDENTELLES.

Les véritables concrétions osseuses se rencontrent rarement dans les méninges ; Olivier, d'Angers, a cependant rapporté un cas dans lequel une plaque osseuse moulée sur l'étui membraneux de la moelle avait une ligne et demie d'épaisseur, trois lignes de largeur, et deux pouces de longueur : la moelle était ramollie dans le point correspondant. Chez un homme de trente ans, M. Andral a trouvé aussi la duremère véritablement ossifiée dans une étendue de deux, pouces de long, sur un pouce de large : la plaque qui en résultait ne faisait qu'une légère saillie sur les deux faces de la dure-mère, et elle avait la consistance et la texture d'un os large.

Dans la carie des vertèbres on trouve la duremère recouverte d'aspérités réellement osseuses, implantées dans le point qui correspond à l'altération des os, et recouvertes d'un liquide séro-purulent à leur surface. Mais il faut dire qu'en général ces concrétions sont rares et ne paraissent déterminer aucun symptôme particulier.

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