FOUGUS ET TUMEURS ENCÉPHALOIDES DANS LA DURE- MERE
On a observé plusieurs fois le développement du fongus dans la dure-mère racbidienne, aussi bien que dans la dure-mère cérébrale. Cette végétation se développe par des effets analogues, et, usant peu à
peu les vertèbres, parvient à former une tumeur plus ou moins considérable. C'est surtout à la suite des violences extérieures exercées sur le rachis que le fongus se forme le plus ordinairement.
Le docteur WolfT junior rapporte qu'un jeune garçon de dix ans, après avoir fait une chute sur le dos, se plaint au bout de quelque temps de ressentir des douleurs quand il marche, et deux mois plus tard il est obligé de rester toujours au lit. Dès ce moment, une fièvre lente se déclare, la paralysie des extrémités inférieures et de la vessie est complète. Il se forme à la partie supérieure du dos une grosse tumeur qu'on ne peut comprimer sans occasionner des vertiges; une seconde tumeur ne tarde pas à se manifester à la région lombaire, et le malade succombe. A l'autopsie, on trouve dans le canal rachidien que les apophyses épineuses des vertèbres dorsales étaient disparues. Les deux tumeurs étaient blanchâtres, dures, adhérentes à la moelle épinière, qui n'était pas sensiblement altérée : chaque tumeur de nature encéphaloïde était entourée par l'enveloppe membraneuse.
Abercrombie rapporte un fait semblable: un jeune homme qui était tombé sur le dos, avait continué de marcher pendant trois années ; il survint alors une douleur violente dans le dos, dans les jambes, et il se développa dans la région lombaire une tumeur qui devint rapidement considérable; elle s'ulcéra, devint le siège d'hémorragies répétées; il survint une paraplégie complète avec incontinence des urines, amaigrissement et mort, six ans après le premier accident. On trouva à l'autopsie une masse
fongueuse, analogue à la substance cérébrale, qui prenait naissance dans la moelle épinière, et s'étendait de la troisième vertèbre lombaire au coccix ; plusieurs vertèbres dorsales étaient cariées.
Les cas de fongus encéphaloïde dans la duremère sont assez fréquents, et toutes les observations rapportées par différents auteurs, notamment par Olivier, d'Angers, offrent les mêmes caractères, la même marche et à peu près les mêmes effets, qui sont en général ceux de la compression lente de la moelle.