‹ Maladies de la moelle épinièreChapitre 24 sur 33 · TUBERCULES DANS LA MOELLE ÉPL\1ÈRE · texte numérisé non relu

TUBERCULES DANS LA MOELLE ÉPL\1ÈRE

On sait que les tubercules sont assez fréquents dans le cerveau, et c'est pour cette raison qu'on a pu les observer plus fréquemment dans la portion céphalique de la moelle épinière que dans sa portion lombaire. Tantôt la substance qui environne ces tubercules, ou le kyste, est plus résistante et tantôt elle est ramollie; d'autres fois elle ne présenté "aucun changement appréciable. Bajdc est un des premiers qui aient signalé la présence des tubercules dans le cordon rachidien Ainsi, il vit un jeune

homme succomber à une phthisie tuberculeuse ; trois jours avant sa mort, on observa des soubresauts continuels dans les tendons du poignet droit ; les déjections étaient involontaires : les mouvements du bras devinrent difficiles ; la sensibilité persistait ; les avant-bras étaient fléchis spasmodiquement sur les bras, les mains sur les avant-bras et les doigts dans la paume de la main. Il y avait aussi dans la face des contractions convulsives ; quelques heures avant de succomber, le bras droit du malade était paralysé. A r autopsie, on trouva, dans le centre gauche de la moelle allongée, un peu au-dessous des éminences olivaires gauches, un corps presque rond, de la grosseur d'un petit pois, isolé de la substance médullaire dont il était environAé : c'était un petit kyste, contenant un noyau tuberculeux.

Dans son traité de la maladie scrofuleuse, Lepelletier cite l'exemple d'un malade qui présente, pendant les huit derniers jours de sa vie, les symptômes d'une congestion cérébrale. A l'ouverture, on ne trouve aucune altération dans le cerveau ni dans le cervelet ; mais la protubérance annulaire contient, dans son épaisseur, un tubercule bien circonscrit et peu adhérent à la substance nerveuse; ce tubercule, environné d'un kyste, avait à peu près le volume d'une noix et présentait dans son intérieur une substance grise et comme lardacée.

Voici maintenant un exemple de tubercule enkysté dans la région cervicale de la moelle. Un épileptique de naissance présentait à chaque accès des convulsions violentes dans les membres, en même temps qu'une sensation de resserrement dans la ré-

gion précordiale et qui bientôt était suivie de syncope ;. à ces accidents succédaient de violentes palpitations. Il survint tout d'un coup un violent délire et tous les symptômes d'une méningite aiguë qui céda à un traitement convenable ; cependant le malade s'affaiblit, et devint hémiplégique du côté droit et mourut à la suite d'un violent délire. A l'autopsie , on trouva la couche optique droite ramollie ; la portion de la moelle rachidienne comprise entre les cinquième et septième vertèbres cervicales était aussi ramollie et contenait dans son milieu un tubercule allongé, du volume d'une fève de marais, enveloppé d'un kyste épais, jaune et résistant; la matière tuberculeuse était très-ramollie à son centre.

M. Serre a rapporté un cas dans lequel la paraplégie se manifesta par degrés comme dans la myélite chronique, sans aucun autre phénomène d'excitation qu'une douleur vive et profonde dans la région lombaire. Vis-à-vis les quatrième et cinquième vertèbres dorsales, la continuité de la moelle épinière était interrompue, dans l'étendue de deux pouces, par des tubercules jaunâtres, à l'état de crudité et disposés en formes de chapelet.

Nous croyons devoir nous borner à ces citations qu'il serait très-facile de multiplier, mais sans autre espoir d'éclairer le diagnostic de raffectiou tuberculeuse de la moelle épinière. On voit combien sont variés les sjanptômcs qu'elle présente ; s'ils sont caractérisés par quelques phénomènes d'excitation, il arrive souvent aussi que leur développement est très-lent et ne détermine que les symptômes ordina-ires des autres lésions de la moelle.

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