PLAIES LONGITUDINALES ET TRANSVERSALES
Les entailles ou fentes longitudinales qui n'atteignent pas le cambium ne sont nullement nuisibles, au contraire les horticulteurs les pratiquent souvent pour activer le développement des branches trop faibles, ou pour déterminer un accroissement plus rapide des couches annuelles du bois.
En effet, la couche subéreuse est un tissu mort, inextensible, qui forme un manchon rigide, qui ne se déchire qu'assez tardivement, par suite de Faction des agents extérieurs, humidité et sécheresse, de telle sorte, que les nouvelles couches de tissus, qui se forment par suite du cloisonnement de l'assise génératrice, sont comprises entre le bois et ce manchon, et de ce fait, subissent une pression considérable qui s'oppose à leur développement. Il en résulte que l'incision longitudinale de ce manchon a pour effet de permettre la libre extension vers l'extérieur des nouvelles couches de tissus.
Les plaies longitudinales profondes qui atteignent le bois sont au contraire dangereuses, et ne guérissent pas ; elles restent longtemps béantes, et le bois, au contact de l'air, subit une décomposition, qui souvent est rapidement hâtée par l'apport des spores de champignons parasites, qui y développent leur mycélium. Toutefois, peu à peu la plaie se referme, par suite de l'accroissement des bords du tissu cambial, bords qui finissent par* se rejoindre; dans ces conditions, il semble que l'arbre soit guéri ; mais il n'en est rien, et une section faite à la hauteur de la plaie montre que le bois est noir sur une surface plus ou moins grande, et
n'est plus apte à transporter vers les feuilles la sève, qui doit y subir de profondes modifications.
Les plaies transversales qui atteignent le bois sont aussi fort dangereuses, car l'eau de pluie y séjourne facilement, et en entraîne rapidement la décomposition; aussi est-il nécessaire, dans tous les cas, de protéger ces plaies contre l'humidité, ce que l'on fait en appliquant contre la partie lésée de l'onguent de Saint-Fiacre, ou encore un de ces mastics, comme le mastic l'Homme-Lefort, dont les horticulteurs se servent communément pour greffer.
Les coaltars et goudrons de houille s'emploient aussi fréquemment pour protéger les plaies contre les agents atmosphériques.
POMMIER (Firus Malus)