MALADIES DUES AUX AGENTS EXTÉRIEURS
Jaunisse. — Souvent on voit en été toutes les feuilles d'un Poirier prendre une teinte pâle, qui tire plus ou moins sur le jaune. — Cet état, que Ton nomme jaunisse j peut être causé, soit par la mauvaise composition du sol ou sous-sol, soit par la sécheresse, soit enfin doit être attribué à la nature même de cet arbre; dans ce dernier cas, il n'y a aucun remède.
Quand cette maladie est occasionnée par le sol, il
«.rrive souvent que l'arbre, qui, jusqu'à un certain âge, avait paru vigoureux, dépérit à un certain moment; cela tient souvent à ce qu'ayant été planté dans une terre franche, de peu d'épaisseur, et reposant sur un sous-sol de mauvaise qualité, tant que les racines ont pu puiser leur nourriture, dans cette terre riche ou assez riche, il a végété avec vigueur; quand au contraire elles ont pénétré dans le sous-sol, de mauvaise qualité, argileux et imperméable par exemple, elles n'y ont plus trouvé les substances nécessaires au développement de leur appareil végétatif; par suite il en est résulté un dépérissement, qui se traduit par une décoloration, c'est-à-dire la destruction de la matière verte des feuilles, qui prennent alors une teinte jaunâtre.
Si l'âge du Poirier le permet, il faut le déplanter, enlever la terre, et empêcher, à l'aide d'une couche de cailloux, les racines de pénétrer dans ce sous-sol, ensuite on remplit le trou d'une bonne terre franche, dans laquelle on replante le Poirier.
Si la taille ou l'âge de l'arbre ne permettent pas de le déplanter, il faut retirer avec précaution la mauvaise terre qui entoure les racines, sans les endommager, puis la remplacer par des composts riches.
On peut employer également le sulfate de fer, en aspergeant les feuilles avec une solution de 2 grammes par décalitre d'eau; une seule aspersion ne suffit pas, et il faut recommencer l'opération plusieurs fois, en mettant entre chaque quelques jours d'intervalle ; il est bon d'opérer par un temps couvert et une douce température; un léger arrosage au pied de l'arbre, avec la même solution, sera d'un effet favorable.
Remarquons toutefois que ce remède doit être em-
ployé avec prudence et modération ; sans cela, le remède serait plus pernicieux que le mal. Malgré ce traitement, il arrive souvent que l'arbre n'est pas . guéri ; c'est toutefois un palliatif qu'on fera bien d'employer.
Quand la jaunisse est causée par la sécheresse, cet état n'est alors que passager ; dans ce cas on devra mettre un épais paillis au pied de l'arbre, et l'arroser souvent le soir ou de bon matin.
La Brûlure. — Au mois de juin, les jeunes pousses se présentent souvent avec les extrémités de leurs pousses herbacées flétries, noires, comme si elles avaient été brûlées. Il en résulte un arrêt et une modification dans le développement des branches de charpente, ainsi qu'un retard dans la fructification.
A quoi attribuer cet accident? On a essayé de l'expliquer de diverses manières, mais on n'en connaît pas la cause d'une façon certaine.
On a remarqué que cette maladie ne se présentait que sur les jeunes sujets et n'afifectait jamais les vieux arbres ; on a été amené par suite à penser que les jeunes arbres n'avaient pas un système radiculaire assez développé, pour pouvoir contre-balancer par l'absorption la quantité d'eau évaporée par la surface des feuilles ; par suite celles-ci perdent leur sève sous l'influence des fortes chaleurs, se dessèchent et noircissent.
Cette explication n'est guère acceptable, car quand une plante manque de sève, il n'y a pas que l'extrémité des jeunes branches seules qui se dessèche, l'arbre tout entier en souffre, jaunit et dépérit.
Tandis que, dans ce cas, les feuilles situées dans le voisinage de la partie desséchée ne sont nullement languissantes, leur parenchyme reste bien vert; aussi
certains auteurs ont-ils interprété le fait d'une autre façon en en attribuant la cause à des coups de sève.
Le seul remède à employer dans ce cas, consiste à rabattre les branches sur un œil situé en dessous de la partie desséchée ; cet œil, par son développement dans le prolongement de la branche, reformera ainsi la charpente.
Poires et fruits pierreux. — Les poires, coings, nèfles présentent souvent à leur intérieur des corps durs, que l'on ne peut couper au couteau : la formation de ces sortes de pierres, à l'intérieur de la pulpe de ces fruits, peut provenir d'une alimentation insuflisante, causée par une mauvaise composition du sol, qui est trop sec et trop maigre.
Toutes les espèces de poires sont sujettes à cet accident; toutefois ces productions pour un même ar bre sont loin de se montrer d'une façon constante, et varient essentiellement avec l'année, et dans la même année d'une poire à l'autre.
Par l'examen microscopique, on reconnaît facilement que les tissus présentant cette consistance pierreuse ont la paroi de leurs cellules fortement sclérifîée et épaissie, au point d'en obstruer presque complètement la lumière.
Formation de piquants. — L'alimentation insuffisante, ainsi que la sécheresse, produisent sur les poires une modification intéressante de certains rameaux, qui revêtent l'aspect d'aiguillons ou d'épines.
Remarquons toutefois que ce n'est pas là un fait isolé, car la transformation de végétaux inermes, en végétaux pourvus d'épines ou d'aiguillons, est en rapport avec les conditions de vie et de nutrition, et que Ton retrouve chez un certain nombre d'arbres et ar*bustes.