‹ Maladies des arbres fruitiersChapitre 6 sur 57 · PARASITES CRYPTOGAMES · texte numérisé non relu

PARASITES CRYPTOGAMES

Tous les parasites cryptogames des arbres fruitiers appartiennent à la classe des Champignons; mais avant d'aborder leur étude, il nous paraît indispensable de dire quelques mots sur la structure et la manière de vivre de ces végétaux, et en même temps d'expliquer certains mots techniques, usités cou ramment en mycologie.

Si on considère certains champignons comestibles, que tout le monde connaît, comme le champignon de couche, Âgaricîis [P8alliota)campe8tri8,\es Ce^s^Boleûus edulis, ou les Truffes, Tuber dharim, on se figure généralement que c'est là tout le végétal. Mais en réalité ces organismes sont plus compliqués, et ce que l'on connaît habituellement ne représente que les fruits, qui renferment, à leur intérieur ou à leur surface, les corps reproducteurs qui sont les graines ou spores,

Tous les champignons ont un système végétatif nommé mycélium; il est formé de filaments généralement blancs, qui recouvrent la surface des feuilles comme d'une fine toile d'araignée [Erysiphe]^ ou se logent dans les espaces intercellulaires de l'intérieur de la feuille [Gymnosporangium ^ Fticcinia, Exoascu8y etc.).

De ces filaments se détachent ordinairement des rameaux courts et simples, ou ramifiés en forme de pinceaux, et qui pénètrent à l'intérieur des cellules ; ce sont là les organes absorbants ou suçoirs, à l'aide desquels ils puisent dans les cellules de la plante hospitalière les composés carbonés qui sont nécessaires à leur existence, et qu'ils ne peuvent fabriquer eux-mêmes, car ils sont dépourvus de chlorophylle, et par suite dans l'impossibilité d'assimiler directement le carbone de l'acide carbonique.

Souvent le mycélium est plus élevé en organisation : les filaments se juxtaposent en assez grand nombre, s'allongent en commun par leurs sommets accolés et constituent des cordons plus ou moins gros, simples ou ramifiés, dont la couche externe est parfois colorée en brun, comme dans VAgaricus {Armillaria) mellea. Ces cordons portent alors le nom de Khizomorphes; leur tissu est une sorte de parenchyme, que l'on désigne souvent sous le nom de Fseudo-parenchyme, pour le distinguer du parenchyme vrai, produit exclusivement par voie de cloisonnement.

Parmi les champignons, les uns ont une forme d'appareil fructifère bien définie, caractéristique de chacun des ordres ; les autres n'offrent pas de qualités morphologiques bien délimitées, et ne peuvent pas, par conséquent, être attribués à des familles

déterminées; ces derniers ont été groupés sous le nom de champignons imparfaits.

Les ordres de champignons qui nous intéressent, au point de vue des espèces parasites des arbres fruitiers qu'ils renferment, sont : les Urédinées^ les Basidiomycètes et les Ascomycètss.

Urédinées, — Les Urédinées sont presque toutes parasites sur les feuilles des végétaux, elles occasionnent, principalement sur les céréales, plusieurs maladies redoutables, connues vulgairement sous le nom de « rouilles ».

Les genres Oymnoaporangium elFticcinia renferment plusieurs espèces préjudiciables aux arbres fruitiers. Parmi ces champignons, les uns vivent toute Tannée sur une seule plante et sont autôîques; les autres habitent successivement sur deux plantes très différentes, et sont dits hétéroîqms.

Le Gymnosporangium Sabinœ, par exemple, qui cause la rouillé des feuilles du Poirier^ passe le printemps sur les Genévriers, où il produit deux formes différentes d'appareils reproducteurs : les uns, apparaissant les premiers, donnent des graines ou spores, nommées urédospores, de forme ovoïde et de teinte jaune ou orangée ; les autres donnent naissance à des graines ou téleutospores, caractéristiques de Tordre ; elles sont bicellulaires {Gymnosporangium^ Puœinia) avec une membrane épaisse, ordinairement brune, et ne germent habituellement qu'au printemps.

Ces téleutospores poussent par un pore germinatif, situé ordinairement au sommet, un court tube ou promycélium, formé de quatre cellules superposées, et qui porte au sommet et sur ses flancs, plusieurs petits corps ovoïdes ou sporidies, qui ne germent et ne se développent que sur les feuilles de Poirier.

Sur ces feuilles, le parasite donne naissance à deux nouveaux appareils fructifères : !• des spermogonies, sortes de petites bouteilles ou conceptacles^ qui s'ouvrent à la face supérieure de la feuille, par un petit orifice ou ostioïe; les spores qu'elles renferment sont nommées spermaties; 2® des œcidies ou petites corbeilles, qui cantiennent des chapelets de cellules polygonales ou œddiospores.

Chez les Chymnosporangium^ il y a donc quatre formes d'appareils reproducteurs et cinq sortes de spores : les urédospores, télmtospores^ sporidies^ sper^ maties et œddiospores.

Souvent le développement est plus simple, par exemple, chez les Pv/ccinia Pruni spinosds et Gerad^qm causent la rouille des Pruniers, Abricotiers et Cerisiers, où les urédospores et téleutospores existent seules.

Basiêiomycètes. — Cet ordre est caractérisé par la couche de filaments sporifères, ou hyménium, qui est constituée de cellules, les unes stériles ou paraphyses^ les autres fertiles ou hasides; ces dernières présentent à leur sommet quatre rameaux grêles ou stérigmates, qui se renflent à leur extrémité ; ce renflement grossit peu à peu, se sépare par une cloison et devient une spore.

L'hyménium, chez les Agarkus {Armillaria) , est tapissé de lames rayonnantes, à la face inférieure du chapeau, ou anastomosées en réseau comme dans les Polypores.

Ascomycètes. — Le mycélium de ces champignons peut ordinairement produire, suivant les conditions où il est placé, plusieurs sortes de spores, le plus souvent groupées dans autant d'appareils distincts.

Le principal de ces appareils sporifères, celui qui ne

manque jamais a pour élément essentiel une cellule nommée asque^ produisant dans son intérieur un certain nombres de spores libres, ordinairement huit. Elles sont mises en liberté, soit par la dissolution totale de la membrane de Tsksque, soit par sa déhiscence qui a lieu, tantôt par une déchirure irrégulière au sommet, tantôt par une fente circulaire, qui détache un couvercle. Le déhiscence de Tasque a lieu souvent avec une grande force, qui projette au loin les spores.

Dans le genre Exomcus^ ces asques ne naisssent pas d'un appareil distinct, mais forment une couche plus ou moins étendue à la surface de la feuille.

Mais ordinairement [Nectria ditissima^ Valsa prufiastri, Polyatigma ruhrum) ces asques sont groupés dans des conceptacles , nommés périthèces; ceux-ci sont en forme de coupe, ou de bouteille avec un orifice souvent fort étroit ; le fond en est tapissé par l'hyménium, constitué par les asques entremêlés de parapkyses^ c'est-à-dire de filaments stériles.

Chez les Erysiphées, au contraire, le périthèce est sphérique et clos, et les spores ne sont mises en liberté que par suite de la destruction de la paroi; il en est ainsi pour le Phyllactinia guUata^ ^haerothsca pannosa^ Microsphœra grossularias^ etc.

Champignons imparfaits.

Parmi les champignons imparfaits, le genre le plus important est le genre Fusicladium, qui cause la taveluredes Poires etdes Pommes ; les autres, à moins de conditions spéciales et exceptionnelles, sont ordinairement assez peu préjudiciables aux arbres fruitiers.

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