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SUR LES FEUILLES

Gymnosporangium Sabinse (Dîcks) ou Bouille des feuilles du Poirier,

Syn. : Fodisoma jimiperi Sabinœ (Pries).

Rœstelia canceUata (Rebent).

Oymnosporangium fuscum (Corda).

Le Oymnosporangmm Sabinœ produit sur les feuilles du Poirier la maladie, connue ordinairement sous le nom de Bouille des/emlles du Poirier,

Ce champignon microscopique appartientà la classe des Urédinées^ dont les nombreuses espèces sont toutes parasites des végétaux, qui presque tous ont à subir les atteintes de quelqu'un, ou de plusieurs d'entre eux.

Beaucoup de ces champignons, et entre autres les Oymnosporangium, sont particulièrement Intéressants par leur singulier mode de reproduction ; en effet, pour accomplir le cycle complet de leur développement, ils sont obligés de passer sur deux hôtes, de vivre en parasites successivement sur deux plantes généralement fort différentes, en un mot ils sont /létiroïques.

De plus, pendant son passage sur chacune de ces plantes hospitalières, le parasite peut présenter plusieurs formes de corps reproducteurs, différant d'aspect et de structure ; aussi ne faut-il pas s'étonner, en présence d'une semblable complication, que les divers appareilsde reproduction d'une même espèce aient été

longtemps considérés comme des espèces distinctes. Tous les horticulteurs ont fréquemment remarqué sur certaines feuilles de Poirier des taches, d'abord jaunes, puis orangées, au milieu desquelles tranche nettement une petite plage de points, soit d'un rouge orangé, soit noirs; à la face inférieure, ces taches, proéminent, produisant l'aspect d'une sorte de galle ; elles se trouvent également sur les feuilles de Pommier (fîg. 6).

Fig. 6. — Feuille de Pommier, atteinte parle Gymnosporangium clavariœfo7'me , offrant à la face supérieure des taches jaunes avec des petits points noirs qui représentent les spermogonies, {Cidre et Poiré,) (1).

Une section transversale de l'une de ces taches examinée au microscope montre que l'épaississement de la feuille en ce point est dû à une multiplication des éléments du parenchyme, dont les cellules sont

(1) Ce cliché, ainsi que ceux des figures 7, 9, 11, 23, 24 et 25, sont de M. P.-A. Dangeard et sont extraits de la revue « le Cidre et le Poiré », publiée à Argentan,

superposées en séries longitudinales régulières. Cette multiplication, ainsi que la production dans ces cellules d*une énorme quantité d*amidon, sont déterminées par une certaine irritabilité causée sur les tissus par le parasite. L*examen microscopique montre aussi que les petits points noirs que Ton aperçoit à Toeil nu correspondent aux ouvertures de petits conceptacles ou spermogantes, qui font légèrement saillie au dehors sous fornle de cônes; ces spermogonies constituent la première sorte d'appareil reproducteur du parasite (fig. 7).

Fîg. 1. — Coupe transversale d'une feuille de Poirier, passant par une tache jaune. — S, spermogonies. (Cidre et Poiré,)

A la base de ces organes on observe un véritable feutrage de filaments, d'où partent en s'irradiant dans tous les sens de fins rameaux mycéliens, qui s'insinuent et se ramifient entre les cellules, dans lesquelles ils enfoncent de distance en distance de courts rameaux; ces derniers sont les organes d'absorption ou sîcçoirs, à l'aide desquels le parasite puise dans le protoplasma les éléments nécessaires à son développement.

Les spermogonies ont l'aspect de petites bouteilles dont les parois latérales sont également formées d'une couche feutrée de filaments serrés qui se projettent à l'intérieur sous forme de poils; ceux du col s'échappant par l'orifice constituent une sorte de pinceau. Le fond de la cavité est tapissé de rameaux

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dressés, plus courts que les poils; produisant à leur sommet des corps de très petites dimensions, de couleur orangé pâle; ce sont les graines ou conidûs (1), qui, transportées par le vent ou les insectes, sur d'autres feuilles du même arbre ou de Poiriers voisins, propagent ainsi la maladie.

Le mycélium cesse au bout d'un certain temps de produire de nouvelles spermogonies; et, un peu plus

tard, à l'intérieur des tissus hypertrophiés de la feuille, les filaments myceiiens sont le siège d une ramification plus abondante, serrent leurs rameaux et constituent ainsi des petites masses sphériques incolores, qui en grandissant soulèvent et font éclater les tissus qui les recouvrent. On observe alors, à la face inférieure de la feuille, des sortes de galles ou de tubercules plus ou moins coniques, qui peuvent attein-

^'l^ta%7ep"r4-oï- dre plusieurs millimètres

rangium Sabinœ, présentant de hauteur (fig. 8).

à la face inférieure deux i i» .

groupes d'œcidies, ^ ^ automne ces Organes

présentent un aspect différent; on distingue à l'œil nu une petite couronne de filaments de couleur jaune sale, limitant une sor!e de petite corbeille microscopique, ou (Bcidie, qui est la deuxième forme d'appareil reproducteur du parasite (1) Ces conidies sont aussi appelées spermaties.

Une section transversale de cette sorte de tubercule montre qu'il est formé d'une enveloppe ou jDsetidoperidiuMj présentant une seule assise de cellules, qui délimitent ainsi une cavité interne, dont le fond est tapissé par une couche de filaments dressés ; ceux-ci produisent des chapelets de contâtes ou cecidiospores , dont les plus externes se détachent, tandis qu'il s'en fait de nouvelles à la base (fig. 9).

A la maturité, il se forme une série de fentes longitudinales dans la paroi du pseudoperidium, isolant ainsi une série de filaments, qui parfois res- Fig. 9. — Coupe d'une œcidie. tent longtemps unis au -«S^^cIr^fK^VT *' sommet.

Ce parasite autrefois n'était connu que sous ces deux aspects de spermogonie et d'œcidie, et portait le nom de Rœstélia mncellata.

Un curé de Beaurain, en Normandie, découvrit le premier le lien qui existe entre le Rœsteïia cancdlata et la maladie du Genévrier, alors désignée sous le nom de Podisoma Juniperi Sahinœ, Il écrivit en effet une lettre à la Société centrale d'agriculture de France, où il notifiait que la rouille des feuilles de Poirier était due au voisinage de Genévriers, atteints de Podisoma.

Plus tard OËrstedt montra que le Riestélia mncellata et le Podisoma juniperi Sahinœ n'étaient que les deux phases du cycle du développement d'un seul et même champignon, le Oymnosporangium Sahinœ ; il signala également ce fait, que les conidies des œcidies ne peuvent se développer et germer

que si elles viennent à tomber sur des GenévFiers. Les rameaux et les branches de ces Genévriers, qui

ont été ainsi infestés présentent bientôt dans leur tissus un mycélium très développé, qui détermine la production de déformations ou d'hypertrophies que Ton rencontre assez fréquemment (fîg. 10).

Ce mycélium passe ainsi l'hiver à l'état latent; au premier printemps, il continue à végéter, et produit ses appareils de fructification dans la couche externe de l'écorce, qui bientôt éclate sous la pression exercée par le développement de ces organes. Au mois d'avril, les rameaux de Genévrier ainsi hypertrophiés présentent des masses mucilagineuses jaunes ou brunes, de forme assez variable , généralement coniques ou cylindriques, parfois digitées; ces masses se gonflent énormément par les temps humides, et se ratatinent au contraire par un temps sec ; elles renferment les graines ou téleu-

Fig. iO — Rameau de Sabine, attaqué par le Gymnosporangium Satinas, et portant les tubercules, formes par un amas de téleutospores.

tospores^ ou encore probasides, qui ont une forme d*ellipse à foyers très écartés; elles sont bicellulaires, chacune des cellules étant pourvue de quatre pores germinatifs. Leur paroi, ainsi que celle du long et grêle pédicelle qui les supporte, gélifient leur membrane externe, et produisent ainsi le mucilage où elles sont plongées.

Ces téleutospores peuvent germer immédiatement, si les conditions sont favorables; elles poussent à travers Tun des quatre pores un court tube germinatif ou promycélium^ formé de quatre cellules superposées, qui donnent naissance chacune à un petit corps ovoïde ou sparidie, au sommet d'un court pédicelle nommé stérigmafe (fig. H).

A la fin de mai ou au commencement de juin, les pluies dissolvent le mucilage où étaient plongées les téleutospores, et les sporidies, emportées par le vent ou les insectes sur des feuilles de Poirier, germent, émettant un tube germinatif, qui perce les cellules épidermiques, pénètre à l'intérieur de la feuille, et détermine ainsi au bout de quelques jours la production des taches que nous avons décrites au début.

Ce parasite a ainsi accompli son cycle complet.

En été, on ne trouve plus sur les branches de Juniperus sahina ou Sabine ces masses gélatineuses si caractéristiques de la maladie ; aux plapes où elles existaient, il reste les cicatrices causées par la rupture de l'écorce qui les recouvrait ; toutefois le mycélium continue à végéter à l'intérieur de ces branches, s'étend davantage pour produire proba-

Téleutospo- 7*es de Gy7n' nosporanginm Sabinœ. {Cidre et Poiré.)

blement, au printemps suivjant, en des points voisins, d'autres amas de téleutospores.

Pour ce qui est du traitement curatif proprement dit, on ne connaît malheureusement aucun remède, qui soit susceptible de détruire les spores d'Urédinées, et de Oymnos'porangium en particulier; car leur membrane d*enveloppe très puissante les met à Tabri des substances CQrrosives. Il faudrait pouvoir saisir le moment où les spores germent, et tuer le mycélium qui en est issu, mais la constatation de ce moment exact échappe à nos moyens d'investigation.

Toutefois, de la connaissance du développement de ce parasite, il est facile d'en déduire le traitement préventif, que l'on devrait appliquer pour le combattre.

Comme il est obligé de passer une partie de l'année sur les sabines, avant de réapparaître au printemps sur les feuilles de Poirier, le seul moyen radical de s'en débarrasser serait de détruire tous les Genévriers ; mais c'est là un remède qui supporte quelque difficulté ; car à moins d'arrêtés préfectoraux en ordonnant la destruction, comme cela a eu lieu dans certains départements pour les épines-vinettes à propos de la rouille des céréales, il suffît de la présence de quelques Genévriers dans un certain nombre de jardins ou propriétés voisines, pour ramener le parasite.

Il en résulte que le seul moyen vraiment pratique consiste à enlever en été et brûler les feuilles de Poirier attaquées; mais remarquons encore que le Poirier n'est pas le seul arbre sur lequel cette maladie peut se développer ; elle se présente encore sur les Pirv» tommtosa et Michauxi^ que l'on devra

également visiter, pour en enlever les feuilles malades

Exoascus buUatus (Fuckel).

Syn. : Oïdium hullatum (Berk et Broome).

Taphrina hullata (Tulasne).

Ce champignon parasite attaque, comme le précédent, les feuilles du Poirier, qu'il déforme, en y déterminant la production de sortes de vésicules ou boursouflures, analogues à.celles que l'on rencontre communément sur les feuilles du Pêcher (voir Exoascus deformans)] cette maladie a reçu le nom de cloque, nom tiré de l'aspect que présentent les feuilles atteintes.

La cloque des feuilles du Poirier n'est pas très répandue; cette affection se rencontre beaucoup plus fréquemment sur le Cratœgus oxyacantha, ou vulgairement Aubépine.

Le mycélium se développe non seulement dans le tissu des feuilles, mais aussi dans celui des rameaux, où il hiverne à l'état latent pour repartir au printemps et infester les jeunes pousses.

, Sur les Aubépines, on rencontre parfois de singulières productions, nommées vulgairement balais de sorcière et dues à ce parasite : certaines branches présentent sur leurs tissus hypertrophiés un très grand nombre de bourgeons adventifs donnant autant de rameaux grêles et ramifiés, qui offrent par suite l'aspect d'un petit buisson, ou encore d'un balai.

Ce fait n'a pas encore été observé sur les Poiriers.

h' Exoascus iullatus est un Ascomycète dont l'appa^

reil reproducteur se présente sous une forme très simple; les âsques, qui sont, comme on le sait, des cellules cylindriques qui produisent généralement à leur intérieur huit petites cellules ou spores, s*échappant ordinairement à la maturité, par une ouverture située au sommet, ne sont pas ici groupées en une couche continue ou hymenium; par suite il n'y a pas àepèrithèce^ c'est-à-dire d'appareil reproducteur différencié.

Le thalle pousse çà et là. quelques branches entre Tépiderme et le cuticule ; les branches se cloisonnent en articles plus courts, qui s'arrondissent d'abord, et s'allongent ensuite perpendiculairement en soulevant, puis déchirant la cuticule; il apparaît ainsi au dehors une assise de cellules cylindriques, serrées les unes contre les autres, en forme de palissade ; chacune d'elles prend une cloison vers sa base, et se sépare en une cellule supérieure cylindrique, qui devient Vàsqm, et une cellule inférieure formant ainsi pédicelie, et présentant un renflement très marqué à la partie inférieure.

Ces asques renferment quelquefois à leur intérieur un très grand nombre de corps ovoïdes, de telle sorte que l'on pourrait croire qu'ils auraient donné naissance à plus de huit spores ; mais en réalité ce sont les huit spores, qui ont germé à l'intérieur en produisant de nombreux bourgeons, semblables à ceux de la levure.

Ces bourgeons se détachent et remplissent l'asque; ce sont des conidies qui, par leur forme ovale et allongée, diffèrent nettement des ascospores sphériques.

Les ascospores normales germent à la surface de la feuille non en poussant, comme cela a lieu ordi-

nairemcnt, un tube germinatif, mais en donnant naissance à une série de bourgeons qui deviennent libres, et germent en un tube traversant la cuticule ; ce développement montre bien que la présence dans Vasque d'un grand nombre de spores est due à la germination anticipée des huit ascopores.

Comme remède, il faudra, dès qu'on s'apercevra de la présence de ce parasite, enlever les jeunes branches les plus atteintes; l'ablation seule des feuilles ne serait pas suffisante, car, comme nous venons de le voir, le mycélium existe également dans les rameaux; on conseille également, pour compléter le traitement, de débrider la sève en incisant légèrement les jeunes écorces, et d'opérer des soufrages; enfin il faut développer la vigueur des arbres par des labours, des arrosages et de bonnes fumures.

Fusicladium pirinum (Fuck).

Syn. : Fmisporium pirinum, Vulg. : Tavelure des poires.

Ce champignon du groupe des Hyphomycètes attaque les feuilles, les jeunes rameaux, ainsi que les jeunes fruits qu'il empêche souvent de nouer. Les poires malades, dont le développement a pu se poursuivre, sont contournées, irrégulières ; de plus, àleur surface, il se produit des craquements, des fentes plus ou moins profondes,qui rendent le fruit inconsommable.

Sur les feuilles, ainsi que sur les fruits, ce cryptogame détermine des taches noires, de 6 à 12 millimètres de diamètre, arrondies, isolées ou même confluentes, paraissant couvertes d'une poussière brune qui leur fait revêtir un aspect velouté ; ces

taches deviennent bientôt irrégulières, et s'entourent d'une étroite bordure blanche, en dehors de laquelle il en existe une deuxième de teinte noirâtre, due à la présence du mycélium, qui prend de plus en plus d'extension;

En examinant ces taches à un assez fort grossissement, on voit que la partie centrale en est occupée par un lacis de filaments mycéliens, d'où partent des rameaux dressés de forme irrégulière, donnant naissance à leur sommet et sur leurs flancs, à des conidies brunes, ovoïdes ou piriformes, fixées par leur partie renflée. Ces conidies sont uni ou bicellulaires.

Les filaments mycéliens pénètrent {peu profondément dans le fruit, et s'étendent à la surface ou entre les cellules épidermiques, et le parenchyme sous-jacent. Parfois cependant quelques ramifications s'insinuent plus loin ; il arrive souvent que ces taches se rejoignent, deviennent plus ou moins confluentes, et, sur les fruits fortement atteints, elles peuvent couvrir la plus grande partie de la surface.

Quelquefois, elles ne développent pas de conidies; mais, dans ce cas, ce sont des cellules du stroma qui sont chargées de les remplacer morphologiquement; car celles-ci germent et donnent naissance à des filaments mycéliens, qui reproduisent ainsi le champignon. Le Fusicladium continue à se développer sur les fruits cueillis et rentrés dans le fruitier, et en détermine ainsi souvent la pourriture. De toutes façons, il nuit à leur aspect extérieur et diminue beaucoup de leur valeur.

Certaines espèces de poires sont plus sujettes que les autres aux attaques de ce champignon, principalement la Louisebonne, le Bon-Chrétien d'été et le

LE POIftIER 31

Doyenné d'hiver : aussi, autant que possible, ces arbres ne doivent pas être plantés dans les endroits où ce parasite est abondant.

La propagation et le développement de ce champignon semblent être favorisés par l'humidité ; aussi il convient de planter en espalier les espèces qui sont sujettes à cette maladie, et de plus il est bon de les planter de préférence aux expositions du levant ou du midi.

A Técole nationale d'agriculture, où de nombreuses expériences ont été faites pour rechercher les meilleurs remèdes à employer pour combattre la maladie, on a obtenu des résultats satisfaisants avec la bouillie bordelaise, le saccharate de cuivre et le sulfate de cuivre en dissolution simple.

1® Bonillie bordelaise, — La manière la plus usitée de la préparer est la suivante :

D'une part on fait dissoudre 2 kilos de sulfate de Suivre, dans 3 litres d'eau ; et d'autre part 3 kilos de carbonate de soude, dans 5 litres d'eau, puis mélanger les deux solutions en versant la solution de carbonate de soude dans la solution de cuivre, et ne pas faire l'inverse, enfin compléter par 100 litres d'eau.

On peut également employer, au lieu de carbonate de soude, de la chaux grasse en pierre ; on en prendra un kilo que l'on fera éteindre dans 5 litres d'eau ; ce lait de chaux rendu homogène par malaxation sera versé dans la solution de sulfate de cuivre comme précédemment.

2* Saccharate de cuivre, — Mélanger à part 2 kilos de mélasse et 2 kilos de chaux, puis verser ce mélange dans une solution de 2 kilos de sulfate de cuivre dans 100 litres d'eau.

3* Pour le sulfate de cuivre à Tétat de solutio» simple,' il est nécessaire de faire trois traitements, successifs à quinze jours d'intervalle, aux doses de 2, 4 et 6 grammes de ce sel par litre d*eau.

Ces trois opérations devront être faites préventivement : après la troisième il est bien rare de voir apparaître des traces du champignon.

Toutes ces solutions seront appliquées à Taide de pulvérisateurs.

Ces instruments ont pour but de produire une division des liquides assez parfaite, pour que ceux-ci arrivent au contact des plantes en un fin nuage ou sous forme de brouillard.

Toutes ces machines comprennent : 1° un réservoir, 2'' un pulvérisateur, et 3° une pompe ou un appareil à compression quelconque destiné à transmettre au liquide, directement ou par l'intermédiaire de Tair, la pression nécessaire pour qu'il traverse le pulvérisateur en se divisant. Ces instruments sont généralement en cuivre, pour mieux résister à l'action corr rosive du sulfate de cuivre.

Il existe un très grand nombre de formes de pul^ vérisateurs, et il faudrait un volume pour décrire les différents modèles, qui ont été construits et usirtés.

Je me bornerai à citer ceux qui sont le plus géné-r ralement employés.

Un des plus répandus et des plus appréciés des viticulteurs est YÉclair construit par M. Vermorel, de Villefranche (Rhône).

Un autre également fort usité est le pulvérisateur P. Besnard, qui diffère essentiellement du précédent, en ce que l'appareil de compression est extérieur au réservoir.

Tous ces appareils sont fixés, à Taide de courroies, sur le dos de Topératéur qui, de la main droite, dirige le jet à sa convenance et, de la main gauche, agit sur un levier qui actionne le corps de pompe.

Pour les arbres fruitiers assez élevés, on adapte à ces pulvérisateurs une lance à coulisse de m. 80 à i m. 50.

On doit arriver à couvrir les feuilles, ainsi que les rameaux, d'une mince couche de la substance employée.

Remarquons encore, qu'il ne faut jamais procéder à cette opération par un grand soleil, ou une température élevée ; il faut choisir de préférence, pour appliquer ce traitement, un jour frais et couvert.

Pbyllactinia guttata (Lév.).

Syn. : PhyllacHnia suffvlta (Rebent).

Ce parasite de la famille des Erysiphées végète dans le midi de la France sur les feuilles de Poirier, ainsi que sur celles d'un grand nombre d'autres arbres tels que le Coudrier, Charme, Chêne, Bouleau, etc.

Le mycélium se développe sur les deux côtés de la feuille, mais principalement à la face inférieure qu'il recouvre, comme d'une fine toile d'araignée. Gomme chez tous les Erysiphés^ le thalle est blanc, superficiel, enfonçant des suçoirs dans les cellules épidermiques ; il donne naissance à des périthèces noirs, sphériques, assez gros, portant à leur surface 7 à 10 appendices : ce sont des filaments simples, rigides, avec un renflement marqué à la base.

Ces périthèces renferment 4 à 20 asques courte-

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ment pédicules, ne produisant à leur intérieur que deux ou trois spores ovoïdes, jaune d'or (fig. 12).

Pour combattre cette maladie, on emploie des soufrages.

Soufrage, — Quelle est Faction du soufre sur les Qlaments du champignon?

Les poussières de soufre, seules ou mélangées.

Fig. 12. — Appareil reproducteur (périthéce) du P/iyllaclinia guttata (suffulta), — A, périthéce. — B, asque renfermant deux SDores.

deux spores

paraissent, d'après M. H. Mares, agir par contact sur le champignon qu'elles désorganisent; il faut pour cela que la température atteigne au moins 25* centigrades.

On voit le mycélium et les filaments fructifères perdre leur turgescence et leur aspect nacré, com-^ mencer à se rider, puis se flétrir.

La désorganisation de tout ce qui est au contact des grains de soufre a lieu successivement et plus ou

moins rapidement, suivant que la température est plus ou moins élevée.

Lorsque la température atteint des maximum élevés, la destruction se produit rapidement.

Pour M. H. Mares, outre l'action de contact proprement dit, le soufre répandu sur le sol ou sur les feuilles se vaporise et agit par les fines molécules qui résultent de la pulvérisation. En effet, on a constaté que, quand on entre par exemple dans une vigne nouvellement soufrée, on perçoit une forte odeur de soufre, qui persiste même assez longtemps, à moins que des pluies ou des rosées ne viennent rabattre les vapeurs.

D'autres observateurs croient, d'autre part, que l'action du soufre sur ces filaments mycéliens est due à sa transformation sous l'influence de l'oxygène et de la chaleur en un oxyde fort analogue à l'acide sulfureux, ou même peut-être identique à ce dernier.

D'après de nombreuses expériences, il paraît résulter que le soufre agit surtout, en s'oxydant, par les gaz produits. Néanmoins, l'action de contact des poussières de soufre sur le mycélium est certaine.

Le traitemen , par le soufre ne peut pas être employé préventivement; il faut commencer à soufrer, quand on aperçoit Içs premières traces du parasite. Ordinairement, plusieurs soufrages sont nécessaires.

Les soufres, quelle que soit leur nature ou leur origine, agissent également sur ce parasite, ainsi que d'une façon générale, sur tous les mycéliums externes, tels que le sont ceux des Érysiphées.

On doit rechercher, avant tout, un état de division le plus grand possible : le soufre sublimé, le soufre

trituré, le soufre amorphe, ont, sHls sont également divisés, le même effet.

Le soufre sublimé offre l'inconvénient de s'agglomérer en mottes, qui ne se pulvérisent pas bien; il présente toutefois une plus grande finesse que le soufre trituré. On arrive à obtenir aujourd'hui, après plusieurs triturations et blutages, du soufre natif ou du soufre en canon, des soufres triturés dont Tétai de finesse, sans jamais atteindre celui du soufre sublimé, est très grand. D'un autre côté, on l'emploie presque exclusivement parce qu'il est meilleur marché, qu'il ne renferme pas d'acide sulfurique, et qu'il ne s'agglomère pas comme le soufre sublimé.

Appareils à soufrer. — Les instruments de soufrage les plus usités sont les boîtes et les soufflets.

1® Boîtes à soufrer. — La plus simple est la boîte à

Fig. 13. — A, boîte à sablier. — B, base de cette boîte. — C, boîte à houppe.

sablier, elle consiste dans un récipient en fer-blanc tronconique de 20 centimètres de hauteur pouvant contenir 400 à 500 grammes de soufre. La base en

est percée d'un grand nombre de trous; la petite base est fermée par un couvercle, c'est par là que se fait l'introduction du soufre. Quelquefois, dans l'intérieur, se trouve, soudée au tiers de la hauteur à partir de la base une grille à trous larges pour mieux diviser le soufre. Cet appareil produit un épandage irrégulier.

2° Boîtes à houppes, — Cette boîte présente la même

Fig. 14. — Soufflet à soufrer.

disposition que la précédente ; mais entre les trous sont disposées des houppes qui divisent ainsi le soufre, qui glisse entre les mèches en laine dont elles sont formées.

La diffusion du soufre est meilleure avec cet instrument.

L'inconvénient de cette boîte ainsi que de la boite à houppes Saint-Pierre, qui est basée sur le même principe, c'est de ne pouvoir fonctionnner si ces houppes sont mouillées soit par la rosée, soit par la pluie.

Soufflets. — Ces instruments constituent un progrès sensible sur les boîtes.

On utilise le courant d'air produit par le soufflet pour projeter le soufre à une certaine distance

de rinstrument. Le mélange de Tair au soufre aide à sa diffusion, et assure un épandage aussi régulier que possible de la matière (fig. 14).

En 1851, M. Goutier imagina, pour combattre roïdium qui attaque les vignes de Thomery, le soufflet qui porte son nom.

C'est un soufflet ordinaire, dont la base s'ouvre dans un boîte en fer-blanc.

Cette boîte est partagée horizontalement par deux cloisons. L'inférieure est formée d'une toile métallique dont les mailles ont un millimètre d'ouverture. La deuxième, extérieure, se compose d'une série de fils de fer disposés parallèlement à un centimètre les uns des autres. Le soufre est introduit dans le compartiment supérieur par une ouverture surmontée d'un entonnoir et fermée par un bouchon. L'entrée de l'air s'opère par une soupape disposée dans l'une des deux planches. Ce soufflet produit une bonne diffusion du soufre.

Remarquons toutefois que cet instrument présente l'inconvénient de fatiguer l'ouvrier; aussi ces soufflets ont-ils été modifiés.

Soufflet as la Vergue, — Dans ce soufflet il n'y a pas de soupape ; l'entrée et la sortie de l'air s'opère par la buse à laquelle s'adapte une tuyère courbe de 3 centimètres de diamètre. L'orifice antérieur est garni d'une toile métallique dont les mailles ont deux centimètres de côté. En dehors est soudé un pavillon-entonnoir.

Il existe un très grand nombre d'autres formes de soufflets sur lesquels je ne m'arrêterai pas; citons toutefois les soufflets à ventilateur qui ont été assez usités à un moment, et dont le plus répandu est le soufreur Trazy (fig. 15).

Oq doit soufrer autant que possible par un temps calme, de telle façon que le vent ne gêne pas Topérateur, et que l'épandage se fasse d'une façon plus régulière. D'autre part, il est préférable d'opérer par une belle matinée, alors que les feuilles sont encore un peu humectées par la rosée, car les fines particules de soufre sont retenues et fixées par ces gouttelettes et présentent, après l'évaporation, une adhérence beaucoup plus grande avec les filaments mycéliens du parasite, ou avec l'épiderme de la feuille.

Fig. 15. — Soufreur Trazy.

En général, un seul soufrage ne suffît pas; et, pour que ce traitement donne de bons résultats, il est nécessaire de renouveler deux ou trois fois l'opération, à 15 jours d'intervalle.

Le soufre rend de grands services pour le traitement d'un certain nombre de maladies cryptogamiques; il est également employé comme insecticide ; nous avons vu précédemment qu'on l'employait avec succès pour la destruction de certains acariens, tels que les Phytopttis,

Septoria piricola.

Les Septoria sont des champignons imparfaits, c'est-à-dire des champignons qui ne présentent que des formes conidiennes, et dont les périthèces à asco-

spores n'existent pas, ou ne sont pas encore connus.

Le mycélium du Septoria piricola végète dans les espaces intercellulaires de la feuille, et produit en certains points des conceptacles àconidies, qui s'ouvrent à la face supérieure. Ces périthèces sont sphériques, plongés dans les tissus, et proéminent très peu à la surface du limbe. Leur ostiole assez large est pourvue d'une couronne de cirrhes verticaux, organes qui caractérisent essentiellement le groupe des Sepioria,

Les parois de la cavité interne de ces conceptacles sonttapisséesd'un grandnombrede spores filiformes hyalines, dont les supérieures proéminent par l'orifice, sous forme de pinceaux.

Une espèce voisine, le Septoria nù/errima, a été constatée à Dreux (Eure-et-Loir), sur les feuilles de Poiriers d'Aremberg.

Fumagine.

Cette maladie est caractérisée par la présence sur les feuilles d'un enduit noir, que l'on peut détacher facilement ; la plupart de ces enduits sont formés par le mycélium de champignons appartenant aux genres Pleospora ou Fumago; l'espèce la plus commune est k Fumago vagans, forme conidiale d'une Férisporiacée^ le Gapnodtum salicinum.

Ce n'est pas un parasite à proprement parler, car il est absolument superficiel, et ne pénètre aucunement à l'intérieur de la feuille.

En général la présence de la Fumagine est accompagnée de celle de kermès et de pucerons. Les praticiens ont déduit de là qu'il y a probablement une connexion entre les pucerons et cette maladie ; en effet, ces petits hémiptères sécrètent par leur anus

un liquide sucré, sorte de miéllat^ qui, tombant sur les feuilles sous forme de fines gouttelettes, constitue un excellent substratum, pour le mycélium du champignon.

. Celui-ci, dans les premiers temps de son développement échappe ordinairement aux regards, parce qu*il ne forme qu'une très fine couche blanchâtre ; mais peu à peu cette couche s'épaissit, prend une teinte de plus en plus foncée, et en automne on peut observer sur ces feuilles une croûte noire et dense. V Ce champignon nuit à la plante en empêchant, ou du moins en gênant la respiration des feuilles, par l'obturation plus ou moins complète des stomates.

On ne connaît pas de remède pour détruire ce champignon une fois développé, même des aspersions fréquentes à l'eau de chaux n'ont donné aucun résultat.

Mais on peut agir préventivement, car la destruction de la Fumagine est corrélative de celle des pucerons et kermès, qui sécrètent le liquide sucré où les spores de ce champignon trouvent un milieu propice à leur développement. Il est donc nécessaire de débarrasser les arbres de ces hémiptères.

Pour se débarrasser des pucerons on pourra employer un des traitements indiqués pour le Fmeron lanigère (p. 71).

Quant aux kermès^ leur destruction est très difficile, car ces insectes sont bien protégés par leur écusson contre les attaques extérieures, et les substances les plus diverses qu'on a employées n'ont pas donné de bons résultats ; toutefois on conseille de nettoyer les arbres, de les badigeonner à l'aide d'un pinceau et de les asperger de chaux ou de naphtaline, ou en-

core avec l'huile lourde de gaz; Tapplication de ce traitement doit surtout se faire au commencement du printemps, car à cette époque les œufs de kermès éclosent ; les jeunes ne sont pas encore protégés par une carapace, et sont mobiles sur les arbres. Remarquons enfin que la Fumagine vit sur la plupart des arbres, tant fruitiers que forestiers, et que par suite sa destruction en est d'autant plus difficile.

Nectria ditissima (lui.) ou Chancre du Poirier,

Le Nectria ditissima est un Pyrénomycète de la section des Nectriacèes^ la maladie qu'il occasionne sur les Poiriers et les Pommiers est caractérisée par la présence de chancres, qui ont leur siège sur les branches de tout âge.

A l'origine, on ne distingue aux points malades que de simples taches ovalaires, accompagnées d'une dépression et d'un dessèchemeni particulier de l'écorce, un peu plus tard se montrent des lignes disposées concentriquement autour de ces taches; à la longue, ces lignes font place à des fissures, puis peu à peu la partie centrale se dénude et s'ulcère, il se produit ainsi des chancres, qui peuvent revêtir des aspects assez différents : la forme en est plus ou moins allongée et irrégulière, avec les bords plus ou moins épaissis, fissurés et déchiquetés.

D'abord placé latéralement sur le rameau, il arrive la plupart du temps, par suite de son extension progressive dans tous les sens, à entourer complètement ce dernier. Tant qu'il n'est que latéral, il ne détermine qu'un dépérissement plus ou moins grand de la partie supérieure de la branche; mais dès qu'il

constitue un anneau complet, il entraîne rapidement la mort de toute la partie située au dessus; ces chancres peuvent exister sur des branches de tout âge, de toutes dimensions, et même sur la tige principale. Sur les rameaux de Tannée, ils peuvent les entourer et les tuer dans une saison ; sur les branches plus âgées, la maladie produit des effets moins violents, mais plus désastreux, le chancre prend de plus en plus d'extension, et semble ne pouvoir jamais guérir spontanément.

Ce parasite produit un mycélium, qui pénètre dans le bois entre les vaisseaux et les cellules du parenchyme ligneux qu'il désorganise, et tue rapidement à Vaide des diastases susceptibles, sinon de les détruire complètement, du moins d'en dissoudre certains principes, pour les rendre assimilables.

Les fructifications n'apparaissent souvent que lorsque le bois où il étend son mycélium est complètement mort; c'est là un fait général, pour un grand nombre d'espèces parasites, et particulièrement pour les Sphaeriacées.

Le thalle du champignon, ne trouvant plus dans la plante hospitalière une quantité suffisante de matière nutritive, donne naissance à des fructifications, pour assurer la conservation de l'espèce.

On rencontre fréquemment sur les parties malades, principalement dans les années pluvieuses, des petits tubercules qui percent Técorce et font une légère saillie à la surface; c'est la forme conidiale,qui avait été rangée dans les Tubercularia^ alors qu*on ignorait la relation qui existe entre cette forme et le Neciiia ditissima (fig. 16).

Ces petits tubercules prennent naissance sur un stroma, sorte de coussin, de couleur jaune rougeâtre

qui produit également des conidies libres, au sommet de pédicelles grêles; celles-ci disposées côté à côte revêtent l'aspect d'un fin gazon. Ces conidies sont cylindriques, souvent un peu arquées et pluricellu-

Fip:. 16. — a, 6, portions de branches attaquées par le Nectria ditissima, — c, coupe montrant l'écorce soulevée par le développement des corps reproducteurs. [Cliché du « Gardener*s Chronicle » de Londres?)

laires. •— Dimensions, 35 [x (i) de long et 9 de large.

Un peu plus tard apparaissent sur ce stroma de

petits corps ovoïdes, d'un rouge-brique, groupés au

(1) Le UL ou micron est l'unité de longueur employée en microscopie : sa valeur est de 1 millième de millimètre.

nombre d3 3 à 6, qui représentent les périthèces du même champignon.

Ils sont visibles à Tœil nu, leur épaisseur varie entre 1/5 et 1/6 de millimètre; leur hauteur est un peu supérieure.

Ces périthèces sont creusés d'une cavité, en forme de petite bouteille, dont le fond est tapissé d'une couche d'asques, entremêlés de paraphyses. Ces asques cylindriques, un peu rétrécis à la base, renferment huit spores bicellulaires, incolores, en forme d'ellipse allongée, et sans rétrécissement au niveau de la cloison ; ces spores sont situées obliquement dans l'asque, en une seule rangée.

Lesconidies ainsi que les spores, semées à l'air libre ou maintenuesdansune atmosphère artificielle humide pendant quelques jours, germent et opèrent l'infection de ces derniers; les tubes germinatifs pénètrent dans la tige, surtout par les lenticelles.

L'infection est encore plus facile, si ces spores et conidies ont été placées dans de petites blessures faites avec un couteau.

La germination des corps reproducteurs est favorisée par l'humidité de l'air et de l'écorce; il en résulte que le point de départ habituel de la maladie réside dans les dépressions qui se trouvent autour des bourgeons ou dans des fissures de l'écorce occasionnées soit par la gelée soit par des blessures.

Le traitement de cette maladie doit être préventif et curatif. Comme traitement préventif, il faudra procéder à un nettoyage sérieux des arbres, et' enlever toutes les jeunes branches envahies par le chancre ; en outre il sera bon de recouvrir toutes les sections qui sont le résultat de la taille, d'un bon mastic, afin de ne pas permettre la pénétration- du-

tube germinatif des spores dans les tissus ainsi mis t nu.

Pour les chancres, qui se trouvent sur la tige ou sur les grosses branches qu'il y a intérêt à conserver, le meilleur remède à appliquer est le suivant :

Il faut gratter et puginer les écorces malades ainsi que le bois atteint, et même pour plus de sécurité un peu de la partie saine, et brûler avec soin toutes les branches ou les portions enlevées.

Ensuite appliquer sur les places, et sur toutes les parties dénudées, la mixture suivante :

Sulfate de fer 50 kilogr.

Acide sulfuriquc à 53^ B. 1 litre.

Eau chaude 100 litres.

Il est nécessaire de mélanger le sulfate de fer et Tacide sulfurique, et d'ajouter l'eau peu à peu en agitant doucement et avec précaution, afin d'éviter les atteintes de ce liquide très corrosif. A l'aide de cette mixture, on badigeonne en se servant d'un gros pinceau ou d'un tampon de chiffons liés au bout d'un morceau de bois; les points badigeonnés doivent noircir. Cette opération doit être faite en hiver, mais toujours avant le départ de la végétation.

On peut également employer la bouillie bordelaise, qui produit de bons résultats.

Il est encore une dernière remarque très importante : c'est que le chancre déterminé par le Nectria ditissima se rencontre également sur le Hêtre, l'Érable faux sycomore, le Marronnier d'Inde, les Chênes, Frênes, Tilleuls, Noisetiers, etc., et il se pourrait très bien que la maladie soit provoquée sur les Poiriers et Pommiers par des spores venant de ces arbres.

Cependant on n'a pas encore, je le crois, vérifié ce fait.

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