‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 100 sur 213 · COUP DE SOLEIL · texte numérisé non relu

COUP DE SOLEIL

ni à la maladie probablement spécifique que nous venons de décrire. Les phénomènes morbides de cette classe do maladies dues à l'action solaire sont produits, apparemment, par un effet physique particulier des rayons directs du soleil sur les tissus. On peut ranger dans ce groupe, selon moi, ces morts subites qui se produisent pendant l'exposition au soleil et manifestement à cause de cette exposition. Tels sont les cas décrits par Parkes, Maclean, Fayrer, etc., dans lesquels des soldats, au miheu de l'excitation et de la fatigue du combat, sous un soleil brûlant, enfermés dans d'épais uniformes et gênés par de lourds équipements, tombaient tout d'un coup la face contre terre et mouraient après quelques convulsions. Dans ces cas, instantanément mortels, la paralysie cardiaque ou respiratoire semble être de la nature d'un shock, comme à la suite d'un coup ou d'une violente impression sur l'encéphale.

Il est hors de doute que les efforts physiologiques entrepris dans de telles circonstances peuvent, dans certains cas, amener une apoplexie ou une rupture quelconque dans des tissus préparés à un tel cataclysme par des dégénérescences morbides déjà anciennes.

Il existe un autre type de cas dans lequel, après une longue exposition au soleil, un état fébrile survient. Cette fièvre est parfois très violente, avec une céphalalgie intense, un pouls plein et rapide, une peau sèche et cuisante, de la photophobie, l'intolérance du bruit et du mouvement, et parfois des vomissements. Cet état fait penser à de la congestion et peut-être de l'inflammation des méninges. La période aiguë peut cesser rapidement, ou, au contraire, persister des jours et des semaines. Elle peut ne pas laisser de traces, ou être suivie par divers phénomènes nerveux morbides plus ou moins permanents. Parmi ces suites, les auteurs ont cité le tremblement, la perte de mémoire, l'amaurose, la surdité, des états parétiques variés, l'épilepsie, les troubles cérébraux, la céphalée continue ou récurrente, les troubles gastriques. Il n'est pas toujours aisé de distinguer dans quelle mesure ces suites sont attribuables à l'action du soleil, ni dans quelle mesure elles dépendent de maladies distinctes, comme par exemple la syphihs, dont les manifestations cérébrales peuvent avoir été provoquées, mais non directem^^nt causées par le coup de soleil.

TRAITEMENT. 335

L'anaiomie patbologme, aussi bien que les symptômes cliniques, montrent des signes de méningite dans ees cas repu tes coups de soleil. Les auteurs relatent des épaississements et des opacités dans les méninges, et même l'épaississement de la boite crânienne.

Beaucoup d'hypothèses ont été faites touchant la pathogénie. Manifestement la question du calorique, si elle intervient, n'est pas seule en cause, car on ne connaît pas d etiets semblables produits par la chaleur d'un foyer artificiel, si intense qu'il soit. Il parait y avoir dans le spectre solaire un élément spécial capable de léser les tissus, surtout s'ils n'ont pas ete graduellement habitués à subir l'action du soleil. L'existence d un élément de cette sorte est prouvée par le phénomène de 1 erythème solaire, ou par cette forme de pigmentation de la peau connue sous le nom de hâle, et peut-être aussi de leucodermie. La sensation pénible que provoque l'exposition à un soleil brûlant, et qui est tout à fait différente de celle produite par la chaleur d'un foyer artificiel, fournit encore un argument à cette hypothèse. Nous ne pouvons nous empêcher de rapprocher des phénomènes précédents les effets des rayons Rôntgen sur les tissus.

Traitement. — Les malades atteints de coup de soleil doivent être gardés aussi tranquilles que possible dans une chambre fraîche, aérée et assez obscure. Pendant un temps la tête doit être ■rasée et couverte de compresses froides.. Les intestins seront libérés, la nourriture devra être légère et non stimulante, et l'alcool sous toute forme sévèrement prohibé. Pendant un temps considérable le malade s'apercevra de la perte de sa mémoire, de l'affaiblissement de son pouvoir intellectuel et de sa faculté d'attention. Il peut être irritable, sujet aux maux de tête, et extrêmement sensible à la chaleur — plus particulièrement à la chaleur et à l'éclat du soleil. Dès qu'il pourra être transporté, on devra l'envoyer dans un chmat froid, et l'y laisser jusqu'à ce que toute trace de sa maladie ait complètement disparu. On peut en outre se demander si le sujet qui a subi une grave atteinte de coup de soleil doit jamais courir à nouveau les dangers des climats tropicaux ; il est certain qu'il ne doit pas retourner sous les tropiques tant qu'il reste le plus léger si^ne de troubles cérébraux-

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