COM M A- BACILLE
gcnF sains. Ces oDservations, en ce qui concerne la présence du comma-bacille dans les selles cholériques, ont été abondamment confirmées par d'autres auteurs ; de sorte que la présence ou l'absence do ce bacille est maintenant regardée comme un signe pathognomonique de la nature cholérique ou non cholérique d un cas donné de flux intestinal ; et ceci même par ceux qm contredisent l'opinion spéciale de Koch sur la nature de la relation entre le bacille en question et la maladie à laquelle il est si intimement associé. Le comma-bacille, au seul point de vue de sa valeur diagnostique, est donc un organisme très important ; mais, de plus, comme de nombreuses autorités le regardent comme accompagnant nécessairement le choléra asiatique, et même comme étant le germe actif et la vraie cause de cette maladie, le vibrion acquiert de ce fait une importance de premier rang.
Le comma-bacille ; description. — Le comma-bacille (fig. 60) est un organisme très petit, de 1,5 à 2 [j, de longueur sur 0,5 à 0,6 [>. de diamètre, à peu près moitié moins long et deux fois plus épais que le bacille de la tuberculose. Il est en général légèrement recourbé, comme une virgule {comma) : d'où son nom de comma-bacille ou de bacille-virgule. A l'aide de colorants appropriés, on peut distinguer aux deux extrémités, ou seulement à l'une d'elles, un flagelle ou plus rarement deux. Ces flagelles ont une longueur considérable, une à cinq fois celle du corps au microbe ; leur extrême ténuité les rend difliciles à apercevoir dans les préparations ordinaires. Les flagelles ne sont pas toujours présents durant la vie du parasite. En vertu de cet appendice, le bacille est animé de mouvements spirillaires* très actifs. Les bacilles individuels montrent, après coloration, des parties plus foncées aux extrémités ou au centre, suggérant la possibilité d'une sporulation ; ce point n'a pas été définitivement établi.
Fig. 60. — Bacille du choléra. Culture sur gélose au bout de 24 heures (X 1000),
(MUIR et RiTCHIE.)
CHOLÉRA
Quelquefois, dans les cultures, deux ou plusieurs Dacuies sont réunis et produisent l'apparence d'un corps en forme d'S ; ou encore plusieurs bacilles sont ainsi réunis bout à bout et offrent un aspect spirillaire.
Levibrio.i cholérique se colore aisément par la solution aqueuse de fuchsine ou par la méthode de Lôfïler, en employant des préparations séchées sur lamelle. Une solution faible de violet de méthyle, mélangée au contenu intestinal et placée sur une lame, BuiTit pour une coloration partielle.
Le vibrion se développe de préférence en milieu alcalin, à la température de 30° à 40o. Le développement est arrêté au-desFous de 15° ou au-dessus de 42°; une température supérieure à 50° tue le microbe. Le bouillon, le lait, le sérum sanguin, la gélatine peptonisée ou la pomme de terre sont des milieux de culture favorables. La gélatine et la pomme de terre sont préférables pour faire le diagnostic.
Dans les cultures sur plaques de gélatine, de petits points blancs apparaissent ; autour de ces points la gélatine se Hquéfie et les colonies s'enfoncent dans des dépressions en forme de bulles ou d'entonnoirs. Vers la fm du second ou du troisième jour, la culture est parsemée de semblables dépressions, et la liquéfaction s'étend en surface jusqu'à ce qu'elle recouvre toute la gélatine. Les colonies sont blanches ou jaunâtres, de formes très irrégulières, granuleuses, et brillent comme des particules de verre dépoh. Plus tard, elles prennent une teinte rosée qui passe pour absolument caractéristique.
Dans les cultures en piqûre sur gélatine, la croissance est d'abord plus active près de la surface ; puis, la colonie gagnant en profondeur, la liquéfaction s'étend aussi au-dessous de la surface de la gélatine, de sorte qu'un aspect huileux est ainsi produit. Plus tard, la colonie s'étendant le long du trajet de la piqûre, la liquéfaction prend la forme d'un doigt de gant et finit par gagner les parois du tube. Au fond de la zone liquéfiée il y a une accumulation de bacilles en masse blanchâtre ; au sommet existe une écume formée de bacilles à des degrés divers de dégénérescence. Ces cultures peilvent mourir après cinq ou six semaines.
La gélose n'est pas liquéfiée, et les cultures y conservent plus longtemps leur vitalité. Sur pomme de terre à 20° ou 30°, il se forme une pelhcule mince, brunâtre et semblable à de la por-