‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 108 sur 213 · LE COM M A-BACILLE · texte numérisé non relu

LE COM M A-BACILLE

oelaine. Sur bouillon, quelques bacilles forment une écume à la surface ; les autres tombent en masse au tond du tube, et le hqmde

TGStG cl8.ll*

Quoique ces caractères des cultures, pris ensemble et ajoutes aux propriétés morphologiques, soient très distinctifs néanmoins certains autres bacilles, tels que le spirille de Fmkler, ressemblent beaucoup à celui du choléra, aussi bien par leurs cultures que par leur aspect microscopique, et peuvent donner heu à des erreurs. La production d'une teinte rouge ou « choloraroth » par l'addition d'acide sulfurique pur à une culture sur bouillon peptonisé (réaction indol-nitreuse) n'est pas non plus spéciale au vibrion cholérique, et peut être obtenue avec d autres

microbes. v u -j a

Entre des mains habiles, le diagnostic du choiera a 1 aide des caractères microscopiques et des caractères des cultures du vibrion peut être fait avec une certitude pratique.

Le comma-bacille est-il le germe du c/ioZéra.? — Bien qu'on pmsse affirmer avec sécurité que le choléra est intimement associé avec le comma-bacille, il ne s'ensuit pas nécessairement que cet organisme soit la cause de la maladie. De nombreuses tentatives ont été et sont encore faites pour étabhr cette relation. Mais la preuve absolue n'existe pas encore ; elle ne pourrait être fournie que par la production expérimentale, chez l'homme ou des animaux, d'une maladie ressemblant à tous égards au choléra, par l'administration de cultures pures du vibrion. Sauf l'absence d'un tel résultat, on peut dire que la preuve est presque complète ; en fait, la relation de cause à effet entre le bacille et la maladie est considérée comme étabhe par un grand nombre d'auteurs.

Depuis la découverte de Koch, plusieurs faits ont été avances comme arguments pour ou contre sa théorie.

lo II existe plusieurs bacilles dont les caractères morphologiques et dont les cultures ressemblent beaucoup à ceux du vibrion cholérique, entre autres le bacille du choléra nostras de Finkler- Prior, le bacille-virgule de la salive de Léwi, beaucoup de bacilles en virgule découverts par Cunningham et certaines espèces trouvées dans l'eau des rivières. Koch et ses partisans affirment que ces bacilles, quoique semblables morphologiquement au vibrion cholérique, se développent en cultures d'une manière

^^^^ CHOLÉRA

tollement différente qu'on peut les considérer au point de vue i)ioIogique comme spécifiquement distincts du vibrion

2° Des cultures pures de vibrion ont été souvent ingérées expérimentalement ; mais si, en quelques cas, il y a production de diarrhée avec bacilles-virgules dans les selles, il ne s'est peut-être jamais produit de vrai choléra, et encore moins de choiera mortel. Certains auteurs ont conclu de ce fait que le comma-bacille ne peut pas être regardé comme le germe du choiera. Mais à ceci on a répondu que d'autres facteurs doivent être présents pour assurer dans de telles expériences la production du choiera ;par exemple, un état particulier de l'organisme, ou peutêtre, comme le suggère Buchner, l'association d'un second microbe encore inconnu. Buchner regarde donc le choléra comme le résultat d'une infection mixte. Bien plus, le vibrion, comme le& autres bactéries pathogènes, peut, par la culture ou par d'autres moyens, perdre sa virulence, tout en conservant ses propriété» morphologiques et ses caractères de culture.

30 Dans certaines affections paraissant, au point de vue chmque, être du vrai choléra, l'examen bactériologique le plu& minutieux et le plus prolongé n'a pu faire découvrir le commabacille. Si donc, a-t-on dit, le choléra peut exister sans la présence du vibrion, celui-ci ne saurait être regardé comme la causo de la maladie. On a répondu que ces observations avaient été défectueuses ; que le résultat négatif des recherches ne prouvait pas l'absence du bacille pendant le cours de la maladie.

40 Le comma-bacille a été observé dans les selles d'individus qui n'ont pas été atteints de choléra à ce moment ni dans la suite. On répond à ceci que, si l'une des conditions nécessaires à la production du choléra se trouvait présente, d'autres conditions aussi nécessaires manqueraient chez ces individus. Peut-être, comme l'a remarqué Pettenkofer, trois conditions X, Y et Z sont nécessaires pour produire une attaque de choléra. Le commabacille étant représenté par X, il reste encore à fournir certainesconditions locales Y et certaines conditions personnelles Z.

50 On n'a pas réussi par l'administration de comma-bacilles à produire chez les animaux le vrai choléra, ni aucune affection ayant des symptômes cHniques complètement semblables. ■ Koch et d'autres expérimentateurs, supposant que l'acidité gastrique tuait le bacille, ont neutralisé le contenu stomacal par

Page 1