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DYSENTERIE CHRONIQUE

spécifique sur lequel on doit insister comme on le ferait pour la quinine, l'iodure de potassium ou le mercure. En cas d'insuccès, j'ai recours à l'un des traitements suivants.

Injections de nitrate d'argent. — Le traitement le plus actif de certaines formes de dysenterie chronique consiste dans les injections massives de grandes quantités de solution de nitrate d'argent à 1 p. 1000. Il y a une bonne et une mauvaise manière d'administrer cemédicament. Si l'on emploie la mauvaise méthode, le nitrate d'argent ne sert à rien, peut même être plus nuisible qu'utile. On ne doit jamais donner ce remède tant que les symptômes aigus persistent. Il faudra d'abord traiter ces symptômes par l'ipéca, les sulfates, le calomel, l'huile de ricin, et par le repos et la diète. Le malade sera ainsi préparé pendant une semaine au moins. Alors on donnera une petite dose d'huile de ricin pour vider l'intestin, suivie d'un grand lavement de 1 litre à 1 litre 1/2 d'eau chaude à laquelle on aura ajouté trois cuillerées à café de carbonate de soude. Lorsque le lavement aura été complètement évacué et que l'intestin sera vide, on y injectera, à l'aide d'un long tube introduit doucement et avec soin aussi haut que possible sans blesser le malade, 1 litre à 1 litre 1/2 de la solution de nitrate d'argent. Il vaut mieux remplir l'intestin par l'action de la pesanteur, en employant un entonnoir et un tube en caoutchouc, que de se servir d'une seringue. On devra conseiller au malade de garder le lavement autant qu'il le pourra, de se coucher sur le ventre et de se pencher de côté et d'autre, de manière à permettre à l'injection de venir au contact de toutes les parties du gros intestin. Si cette méthode semble réussir, il faudra la continuer tous les jours et s'y tenir pendant un certain temps. L'amélioration, dans les cas favorables, est généralement marquée dès le début. On ne devra pas continuer le nitrate s'il produit une irritation prononcée ou une aggravation des symptômes.

Dans les cas de dysenterie chronique assez bénins que l'on rencontre en Angleterre et qui ont été contractés sous les tropiques, comme aussi dans les rechutes de dysenterie tropicale plus aiguë, il faudra toujours essayer d'administrer l'ipéca selon nos recommandations.

Les autres méthodes de traitement de la dysenterie chronique qui réussissent parfois sont : les lavages systématiques quotidiens

Manson. — Maladies des pays chauds, 28

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de l'intestin avec de l'eau boriquée, avec une infusion de graine de lin, avec du lait (un excellent remède), avec des décoctions d'écorce de mangoustan, avec des solutions faibles d'alun, de sulfate de cuivre, de tannin ; les purgations systématiques par de petites quantités d'huile de ricin, avec ou sans opium (huile de ricin 4 à 8 grammes, laudanum IV à X gouttes, trois fois par jour — Hillier) ; l'essence de térébenthine, X à XX gouttes trois fois par jour ; l'ingestion quotidienne d'une préparation de fruits de ha'èl frais ; une cure d'eau de Carlsbad, de Kissingen ou de Vichy ; des douches rectales comme celles que l'on pratique à Plombières ; une cure de raisins, ou de lait, ou de bœuf exclusivement ; des compresses d'eau froide sur l'abdomen.

Traitement chirurgical de la dysenterie chronique. — Lorsque les méthodes moins héroïques échouent et que le malade s'épuise lentement mais progressivement, la colotomie inguinale droite ou l'appendicostomie doivent être proposées comme offrant une chance raisonnable de guérison. Il y a quelque temps, j'ai obtenu un plein succès d'une colotomie pratiquée en de telles circonstances. Si une opération aussi sérieuse n'est pas acceptée, on pourra essayer l'appendicostomie. Celle-ci est aisément pratiquée et n'expose pas aux mêmes risques que la colotomie. Une petite incision oblique est faite dans la parai abdominale au lieu d'élection de l'appendicectomie. L'incision doit être suffisante pour le passage de deux doigts. L'appendice est saisi et érigné ; ceci n'est pas difficile en l'absence d'adhérences. On attire l'appendice en dehors de la plaie jusqu'à ce que sa base soit en contact avec le péritoine pariétal, et on le fixe alors dans cette position par une fine suture de soie ou de catgut passant à travers son méso et à travers les bords adjacents du péritoine. L'appendice sera ouvert immédiatement ou au bout de quelques jours. Le cœcum et le côlon peuvent alors être lavés aussi souvent qu'onle désire à travers l'ouverture de l'appendice. Pour ce faire, on emploiera un cathéter de caoutchouc n^ 8 avec un stylet de cuivre, et un tube rectal muni d'un tuyau anal pour le déversement.

Le malade sera couché sur le dos, mais, si le caecum se distend et que le Uquide ne passe pas, en faisant tourner le patient légèrement sur son côté gauche on rétabhra l'écoulement.

Constipation -post-dysentérique. — Après la guérison d'une dysenterie, il n'est pas rare d'observer de la constipation avec

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