DYSENTERIE CHRONIQUE
des selles dures. Cette complication sera évitée, ou traitée si elle se produit, par des lavements d'eau chaude où l'on aura ajouté un peu de sel (une cuillerée à café par demi-litre) ou, si l'intestin est très irritable, avec du thé léger additionné de graine de lin, ou avec de l'eau de riz claire. Parfois une dose d'huile de ricin, 2 à 4 grammes, prescrite une fois ou deux par semaine ou plus souvent, et continuée jusqu'au retour à l'état normal, est une excellente pratique routinière ; on peut obtenir le même effet à l'aide d'un suppositoire à la glycérine. Une cure à l'eau ou au sel de Carlsbad donne souvent d'excellents résultats.
Nourriture et habillement. — Dans la dysenterie chronique, il faudra apporter un grand soin dans le choix de la nourriture et des vêtements. Les dysentériques devront toujours être habillés chaudement et ne jamais sentir le froid. Les bains froids sont très dangereux pour eux ; il en est de même des boissons alcoohques de toute espèce. La nourriture doit êtie simplifiée à l'extrême. Le bœuf, le mouton, le fromage, le pain, les fruits ou les légumes grossiers, les noix, les pickles et les aliments analogues sont en général mal tolérés. Les fruits et les légumes fins cuits avec soin €t pris avec modération sont nécessaires et souvent bienfaisants. Dans les cas de dysenterie chronique invétérée, il est parfois bon de changer de régime, de passer des ahments Kquides aux aliments solides, et d'un régime léger à une nourriture plus substantielle. On a obtenu parfois d'excellents resudtats à la suite d'un voyage en mer.
Hépatite. — Pendant toute la durée d'une poussée de dysenterie, et même ensuite pendant des mois, il faudra veiller avec le plus grand soin sur l'état du foie. Il ne nous eet pas toujours possible de prévenir un abcès de cet organe, mais, si le foie est douloureux et volumineux et qu'on ait quelque crainte de ce €ôté, on pourra essayer, à l'aide de purgatifs salins, d'ipéca, du repos, de la diète légère, de fomentations, de ventouses sèches et d'autres moyens analogues, d'éviter cette grave complication.
Prophylaxie. — La prophylaxie de la dysenterie consiste surtout à se procurer de l'eau pure, à éviter toute mauvaise nourriture et tout excès, à se vêtir chaudement et à ne pas s'exposer au froid, à combattre la constipation et à arrêter toute
DYSENTERIE
diarrhée, et, dans les établissements publics, tels que prisons et asiles, à regarder la dysenterie comme une maladie infectieuse et facilement transmissible et, par conséquent, à isoler tous les individus atteints de symptômes de colite ou même de simple diarrhée.