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LE PARASITE : CORPS FLAGELLÉ

rouge. Au début ils sont attachés à la périphérie du corps central pigmenté, plus ou moins sphérique, dont les dimensions sont la moitié de celles d'un globule rouge. Leurs mouvements sont si vigoureux qu'ils plient et déforment temporairement les globules rouges lorsqu'il leur arrive d'en rencontrer à leur portée. On peut observer parfois qu'un ou plusieurs de ces microgamètes se détachent de la sphère centrale et nagent librement dans le sang (fig. 4), en restant actifs pendant un temps considérable — quelquefois plusieurs heures — avant de disparaître. Lorsqu'ils nagent librement dans le plasma, et aussi lorsqu'ils sont encore attachés au corps central, les microgamètes sont animés de trois sortes de mouvements : — a) un mouvement ondulatoire, destiné évidemment à la locomotion ; h) un mouvement vibratoire, paraissant provoqué par le contact d'un corps résistant, d'un globule rouge par exemple ; dans de tels cas, en effet, on voit parfois le

petit filament se redresser et vibrer comme une mince baguette que l'on jette sur le sol ; c) un enroulement analogue à celui du serpent qui se love, observé d'ordinaire au moment où le microgamète va devenir immobile.

Il est important de se rappeler qu'on ne rencontre jamais la forme flagellée dans le sang fraîchement recueilli, et qu'elle apparaît seulement quelque temps après que la lame a été préparée, — dix à trente minutes ou même davantage, suivant les cas.

Origine du corps flagellé. — Une observation attentive montre que les corps flagellés se développent aux dépens d'une certaine phase du parasite, phase différant suivant les espèces, — c'est-à-dire, dans certains types de paludisme, aux dépens de ce qu'on nomme les « corps en croissant » ; dans d'autres cas, aux dépens de formes volumineuses de l'hématozoaire à l'état de

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Fig. 4. — Hématozoaire : corps à flagelles et raicrogamète libre nageant.

MALARIA

maturité (fig. 1, /), juste avant la concentration de l'hémo zoïne et la segmentation.

Le corps en croissant. — Ces corps, et par suite les corps flagellés, n'existent pas dans le sang au début de l'infection paludique, ni même au début d'une recrudescence d'infection latente, surtout si cet état latent s'est prolongé. On les rencontre dans le sang une semaine ou dix jours seulement après que les symptômes aigus ont éclaté. Peu nombreux tout d'abord, et assez

difficiles à déceler, ils se montrent bientôt en grand nombre et persistent plusieurs jours après que toute autre forme du parasite a disparu et que les symptômes aigus se sont apaisés ; puis ils disparaissent graduellement. Contrairement aux autres formes de l'hématozoaire, ils ne sont pas influencés par la quinine. Ils peuvent dispai^aître du sang au bout d'une semaine, ou persister six semaines et davantage. Ils peuvent être très nombreux, plusieurs à la fois dans chaque champ du microscope, ou si disséminés, au contraire, qu'il faut examiner plusieurs préparations pour -en trouver un seul. Il arrive assez souvent qu'on ne peut en découvrir aucun; c'est le cas, en particulier, pour les fièvres malignes (sub-tierces) dans les tropiques, bien que, chose étrange, lorsqu'un de ces malades a une rechute en Europe, on trouve facilement d'ordinaire le corps en croissant à l'examen de son sang.

La forme, les dimensions et la structure du corps en croissant «eront surtout comprises en examinant la figure ci-dessus (fig. 5) 11 ne présente pas de mouvements amiboïdes. Les principaux oaractères à noter sont : sa forme en croissant bien définie; l'existence probable d'une délicate membrane d'enveloppe ; la présence de particules d'hémozoïne en aiguilles, situées ordinairement au centre du parasite et parfois vers une extrémité ;

J'ig. 5. — Hématozoaire : corps en croissant; coloré (X 1 000).

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