DIARRHÉE DES HAUTEURS
constance favorisante. L'humidité semble jouer un rôle en ce sens que la maladie se produit pendant la saison des pluies. Le refroidissement après l'exposition aux hautes températures des plaines peut avoir une part importante dans l'étiologie de cette affection. Il y a manifestement une suspension des fonctions du foie et, très probablement, vu la dyspepsie et le flux intestinal, de celles da pancréas et des autres glandes digestives. La diarrhée des hauteurs est certainement quelque chose de plus qu'un catarrhe intestinal. Comme le fait remarquer Crombie, c'est plutôt une dyspepsie. Il n'y a pas de données suffisantes pour incriminer la nature de l'eau de boisson ou des aliments. La question des microorganismes ne paraît pas avoir été étudiée.
Symptômes. — Sans cause très apparente, un individu, qui à tous égards semble jouir d'une bonne santé, est atteint, peu après son arrivée au sanatorium d'altitude, d'une diarrhée quotidienne, revenant régulièrement chaque matin entre 3 et 5 heures. Le besoin d'aller à la selle est inopiné et impérieux. Les matières ainsi rejetées sont remarquablement copieuses, très aqueuses dans certains cas, pâteuses dans d'autres. Elles sont pâles, spumeuses, et ressemblent à de l'eau de savon récemment agitée, tellement elles sont dépourvues décolorants biliaires. Leur passage provoque peu ou point de douleur, souvent même une sensation de soulagement. Le nombre des selles évacuées dans la matinée jusque vers 11 heures varie de une seule à une demi-douzaine ou davantage. A partir de ce moment, tout au moins dans les cas ordinaires, la diarrhée est en suspens et le malade peut vaquer à ses affaires "sans préoccupation.
Les caractères distinctifs de cette forme de diarrhée sont donc la régularité de ses apparitions chaque matin et de sa cessation à une certaine heure de la matinée, l'absence de bile dans les selles, et la flatulence coexistante. L'abdomen est parfois tympanisé, le malade ayant la sensation de borborygmes désagréables accompagnés d'une sorte de bouillonnement, comme si quelque opération chimique se passait dans son intérieur. On rencontre parfois des cas dans lesquels les selles sont très pâles, mais ne présentent pas des caractères de diarrhée.
Sous l'influence du traitement, ou spontanément, ou encore, d'après Crombie, par l'acclimatement, après quelques jours ou
SYMPTÔMES. 'i'»!
quelques semaines la diarrhée peut s'arrêter. D'autres fois, elle persiste malgré le traitement jusqu'au retour du malade dans les plaines chaudes, et s'arrête alors spontanément. Crombie cite un cas dans lequel le malade était régulièrement pris de diarrhée des hauteurs chaque fois qu'il se rendait à Simla — à douze reprises différentes — et se trouvait invariablement guéri à chaque retour dans les plaines. Si la diarrhée est àla fois considérable et prolongée, il s'ensuit nécessairement de la faiblesse, de l'amaigrissement et de l'anémie, et la maladie peut aboutir à la diarrhée chronique des pays chauds ou « sprue » — avec laquelle elle parait avoir d'étroites affinités.
Traitement. — Le traitement recommandé par Crombie, et pratiqué par d'autres médecins expérimentés en Inde, consiste dans la diète lactée absolue, le repos, des vêtements chauds, une cuillerée à café de liqueur de Van Swieten un quart d'heure après l'ingestion du lait, et 75 centigrammes de pepsine, ou une quantité correspondante de lactopeptine ou d'ingluvine, deux heures après. Si, en dépit du traitement, la diarrhée persiste, le malade doit quitter les hauteurs pour la plaine.