DU FOIE DANS LES PAYS CHAUDS
La question des maladies du foie est difficile et compliquée dans tous les pays. Elle l'est particulièrement sous les tropiques ; car non seulement l'on y rencontre toutes les formes d'affections du foie des climats tempérés, mais on s'y trouve soumis en outre à des causes prédisposantes et déterminantes qui n'existent pas, du moins à un degré aussi élevé, sous les latitudes moins chaudes. Ces causes additionnelles de maladies du foie, inséparables de la vie tropicale, sont la chaleur, la malaria et surtout la dysenterie. Il faut leur ajouter trop souvent le genre d'existence anti-hygiénique mené par les Européens, la tendance à se nourrir trop abondamment, à chercher dans l'alcool un stimulant, et le manque d'exercice musculaire.
Le jeune Européen qui se trouve pour la première fois sous les tropiques est très souvent entouré d'un grand luxe en ce qui concerne la nourriture, les vins, les voitures, les domestiques, luxe auquel il n'avait pas été accoutumé dans son pays. Tout d'abord ce changement, l'excitation de la nouveauté et la température élevée agissent comme stimulants de son appétit, et la perte énorme de liquide par la transpiration cutanée provoque une soif intense. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le jeune homme, possédant un bon appétit et les moyens de le satisfaire, se laisse aller à absorber des aliments et à boire au delà des hmites physiologiques. La chaleur le rend paresseux; il ne peut pas prendre d'exercice dans la journée, et le soir, au heu de marcher, d'aller à cheval ou de jouer en plein air, il préfère s'étendre sur la véranda ou s'asseoir au café. Il veillera probablement très tard, en buvant et en fumant, de sorte que le matin il aura trop sommeil pour se promener à cheval ou prendre quelque exercice. Alors, par suite de la surcharge d'aliments et d'alcool, par suite de la diminution d'activité dans les fonctions pulmonaires qui accompagne l'élé-
HYPERÈMIE ET CONGESTION. «9
vation de la température et l'inactivité physique, le foie se trouve obLrl fourni une somme inaccoutumée de travail phys.ol tue A e te somme plus grande de travail correspond une hvuerémie de l'organe. Ainsi se constitue le premier stade du Tor^pical « i hyperémie résultant de ^^J^ nelle ; à cette période il s'agit d'un état purement physiologique Tûn degré plus avancé, cette hyperémie physiologique devient de' la congestion, avec stase sanguine et diminution correspon dante d'activité fonctionnelle. L'hyperémie i^l^ysiologiqu se traduit par un accroissement d'activité ; le flux bihaire est abondant et pro luit une diarrhée bilieuse, le plus souvent —le. Mais^ lorsque la congestion prend un caractère pathologique 1 arrêt de Lctionnem'ent duSoie se traduit par la décoloration des selles, parfois par une diarrhée aqueuse, spumeuse et fermentee dans ce dernier cas, la diarrhée dépend, au moins en partie, d un processus fermentatif du contenu de l'intestin, conserve auparavant dans un état d'asepsie relative par apport suffisant d bile. Les autres symptômes de cet état sont la céphalalgie, 1 état saburral de la langue, la diminution de sécrétion de 1 urme, qui est très colorée et chargée de dépôt, une sensation de poids ou de réplétion dans la région hépatique, ou même une véritable douleur à ce niveau et le plus souvent l'agrandissement delà zone de matite et d'autres signes physiques d'hypertrophie de l'organe. Un degré de plus, et nous serons en présence d'une hépatite constituée, avec fièvre, douleur aiguë du foie, sensibilité à la percussion et agrandissement encore plus notable de la matité.
Un organe qui, par sa fonction, est très hyperémié, est prompt à s'enflammer, même pour une cause peu importante. Dans le cas du foie hyperémié, une cause fréquente d'inflammation est le refroidissement qui peut se produire après un bam froid, ou bien quand on a porté des vêtements mouillés ou qu'on a dormi la nuit, sans se couvrir, dans un courant d'air. Les résidents expérimentes connaissent très bien ce fait, et prennent leurs précautions contre de pareils accidents. Ils portent une ceinture de flanelle ; ils dorment la nuit, même par les temps les plus chauds, dans des pyjamas de flanelle et avec une mince couverture tirée sur l'abdomen ; pendant le jour, ils portent des vêtements de serge ou de léger (' tweed » (lainage anglais). Ils ne s'assoient pas avec des vêtements humides et évitent soigneusement les averses. Outre le