‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 139 sur 213 · HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ

parasites. Il est vrai que l'ovule peut être infecté par un germe, comme dans le cas de la syphilis ; mais cette infection ne constitue pas l'hérédité. Que l'ovule puisse être infecté à quelque moment <le son existence par le bacille lépreux, cela est prouvé s'il est «xact que les enfants soient nés porteurs de lésions de lèpre. Mais, du fait que la lèpre est fréquente chez les descendants et les collatéraux consanguins des lépreux, il ne s'ensuit pas forcément qu'il y ait infection de l'ovule dans tous les cas ou même ■dans aucun cas. Car la sensibilité d'une famille vis-à-vis de la lèpre est tout aussi expHcable par l'hypothèse d'une contagion ou d'une infection venue du dehors que par l'hypothèse d'une infection atavique. Non seulement les individus d'une famille peuvent hériter d'une prédisposition famihale à contracter le bacille, mais, en tant que membres d'une même famille, ils sont généralement, à un moment ou à un autre, en relations étroites, exposés aux mêmes influences hygiéniques, pouvant acquérir par contact réciproque les parasites qui infectent certains d'entre eux, ou ceux qui vivent à l'état latent dans le voisinage. De ce que les membres d'une famille contractent simultanément ou l'un après l'autre la gale, l'herpès ou la fièvre typhoïde, personne ne songe à conclure que l'une ou l'autre de ces maladies est héréditaire.

Sans nier absolument la possibilité d'une infection de l'ovule, il est probable qu'un pareil fait est très rare. L'âge auquel la lèpre se déclare d'habitude ne confirme pas une pareille supposition. La possibilité, pour un germe, de rester latent pendant vingttrente, quarante ou même soixante-dix ans est chose très improbable et sans exemple en pathologie. L'atavisme ou plutôt l'apparence d'atavisme qu'on observe dans la lèpre plaide aussi contre une pareille supposition ; car, si nous pouvons comprendre l'infection d'un ovule lorsque l'un des ascendants directs est lépreux, il est difficile de s'exphquer la transmission d'un germe des grands-parents à leurs petits-enfants par l'intermédiaire d'un père ou d'une mère qui ne sont pas, n'ont jamais été et peuvent ne jamais devenir lépreux. Pareil fait imphquerait une proHfération du bacille chez l'hôte intermédiaire sans manifestation pathologique de sa présence.

^ En admettant même que la lèpre soit parfois transmise par une infection ovulaire, ce mode de transmission ne peut pas être le

LÈPRE

seul ni même le plus fréquent, car nombre de lépreux n'ont pas d'ancêtres lépreux ; et l'exemple est bien connu d'Européens en bonne santé venant d'un pays où la lèpre n'a pas été observée depuis plusieurs générations, et contractant la maladie en visitant des pays où elle est endémique.

Si la lèpre était transmise héréditairement d'ordinaire, ou .'même fréquemment, par les parents à leurs enfants, comment expliquer ce fait frappant, observé par Hansen, que, parmi les nombreux descendants de cent soixante lépreux norvégiens ayant émigré en Amérique, pas un ne soit devenu lépreux? Comment expliquer encore ce fait, bien établi, que des enfants contractent la lèpre avant leurs parents?

Un autre argument puissant contre la doctrine de l'héré- |dité est ce fait que les lépreuses deviennent stériles dès les débuts de la maladie. Il est, par suite, évident que la ma- Jladie disparaîtrait inévitablement au bout d'une ou deux générations au plus, si elle ne se transmettait pas d'une autre façon.

De ces diverses considérations, on peut conclure que l'opinion 'qui fait de la lèpre une maladie héréditaire n'a que peu de partisans parmi les esprits éclairés.

Contagion. — Les écrivains les plus autorisés estiment que la lèpre se propage par contagion. La même unanimité ne se retrouve pas lorsqu'il s'agit de savoir la voie particulière ou le milieu par lequel se fait cette contagion. Mais que le germe passe directement ou indirectement du lépreux à l'homme sain, c'est ce que la plupart regardent comme pratiquement prouvé. Les considérations et les principaux faits qui ont amené à cette importante conclusion sont les suivants.

La lèpre est une maladie infectieuse et, par suite, ne peut se produire de novo. Elle doit provenir d'un germe préexistant dont l'habitat peut être l'air, le sol, l'eau, une plante, un animal, un aliment ou l'homme. Il est très probable que l'habitat du germe infectieux est l'homme lui-même, étant donné que le germe n'a été rencontré jusqu'ici que dans le corps humain ; de plus, la lèpro' n'a jamais été observée, que l'on sache, sur un sol vierge, avant la première apparition d'un lépreux dans le pays.Lorsqu'un lépreux s'étabht dans un pays exempt de lèpre, au bout d'un certain temps des cas de la maladie se déclarent parmi ses compagnons et

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