DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT
contre le pian, et vice versa. Les singes auxquels on inocule le pian ne sont pas immunisés contre la syphilis. Le pian peut disparaître d'une agglomération, comme dans la Guyane anglaise (Daniels), et la syphilis y demeurer ; le pian peut être très répandu dans une population, comme aux Fidji, et cependant la vraie syphiUs, soit acquise, soit congénitale, y être inconnue. Finalement, on n'a jamais pu démontrer que la syphihs ait engendré le pian, ni que le pian ait donné naissance à la syphiUs ; et, dans les régions où le pian est apparu soit à la suite de la syphiUs, soit d'une manière indépendante, on n'a jamais pu prouver avec certitude que ce pian ne provenait pas d'un centre où il était connu comme endémique.
L'argument thérapeutique en faveur de l'identité des deux maladies n'a de valeur qu'en apparence. Le soufre peut guérir la gale et le pityriasis versicolor ; cependant nous ne sommes pas autorisés à en conclure que ces deux affections sont identiques. On peut en dire autant au sujet de l'influence du mercure et de l'iodure sur la syphiUs et sur le pian.
Prophylaxie. — EUe consiste à prendre des mesures pour empêcher la contagion. Ces mesures sont : l'isolement des malades dans des locaux spéciaux ; le pansement et le traitement des plaies chez les personnes saines ; l'appUcation de topiques antiseptiques sur les lésions produites par le pian, pour obvier à la diffusion des germes ; la désinfection ou la destruction par le feu des maisons ou des cases notoirement infectées ; les précautions contre la pollution de l'eau de toilette par le virus.
Traitement. — Tous les auteurs sont d'accord sur l'opportunité de s'efforcer, par une bonne alimentation, par des toniques et par de légers purgatifs, d'améUorer la santé générale du malade. La plupart sont aussi d'avis qu'il faut favoriser l'éruption en stimulant les fonctions de la peau par des boissons chaudes prises en abondance ; par un bain chaud et un sérieux savonnage quotidien ; et, durant la disparition de l'éruption, par des diaphorétiqucs tels que l'acétate d'ammoniaque, le gaïac, etc. Les préparations de soufre sont aussi recommandées comme laxatives ; on peut en user fréquemment dans les premiers stades de la maladie, nousles auteurs sont aussi d'accord sur l'opportunité d'éviterles re-
o»2 PIAN.
froidissements et en général tout ce qui tend à réprimer l'éruption; les vêtements chauds sont donc indiqués. Beaucoup emploient le mercure ou l'iodure de potassium, ou les deux ensemble, lorsque l'éruption est pleinement développée. Ces médicaments ont sans aucun doute le pouvoir de faire disparaître l'éruption. Quelques praticiens les emploient rarement, ou ne les prescrivent que tardivement, considérant leur emploi trop hâtif comme pouvant produire des rechutes. Le mercure, vu sa tendance à produire de l'anémie, est moins fréquemment ordonné que l'iodure de potassium. Lorsque l'éruption reste squameuse ou papuleuse avec persistance, l'arsenic est souvent prescrit. Quelques médecins cautérisent les tumeurs avec du sulfate de cuivre; d'autres les pansent avec le nitrate de mercure ; d'autres avec l'iodoforme ; d'autres enfin les laissent guérir spontanément, bornant leurs soins locaux à un renforcement de propreté. Quand la plante des pieds est atteinte, on doit donner un pédiluve chaud afin de ramolhr l'épiderme qu'on incisera ensuite superficiellement pour libérer la tumeur sous-jacente. L'ulcération doit être traitée d'après les principes ordinaires. Durant la convalescence, le fer, l'arsenic et la quinine sont indiqués.